Les marchés : La cavalerie n'est pas là

Cette dernière séance de la semaine a été plutôt calme en Bourse : Wall Street est fermée en raison d'un jour férié et les actualités des entreprises ont été très peu nombreuses. Le CAC 40 cède au fixing 0,55% à 8 421 points (+0,84% sur la semaine). Les investisseurs ont préféré jouer la prudence dans un marché dépourvu des volumes américains et face aux nouvelles tensions au Moyen-Orient. Des négociations prévues en Suisse entre l'Iran et les États-Unis ont été reportées, tandis qu'Israël a repris des frappes contre des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'accord temporaire signé mercredi entre les présidents américain et iranien avait d'abord rassuré les marchés, mais cet optimisme s'est vite calmé. Comme bien souvent ces trois derniers moi ! Le texte reste provisoire et ne constitue pas un véritable accord de paix, ce qui entretient les inquiétudes, notamment pour les pays du Golfe voisins de l'Iran. Du côté des entreprises françaises, l'action Maisons du Monde a été suspendue après l'annonce d'un accord destiné à redresser la situation financière du groupe, mais qui risque de fortement pénaliser les actionnaires actuels. On vous explique tout dans cette édition et on revient également sur l'explosion de la Bourse japonaise. Bonne lecture à tous.

Les valeurs

Nexans a officiellement reçu son nouveau navire câblier, le Nexans Electra. Ce bateau doit permettre au groupe de renforcer ses capacités pour installer des câbles sous-marins, notamment dans le cadre du développement des parcs éoliens en mer et des grands réseaux électriques à haute tension. Ce nouveau navire représente une étape importante dans la stratégie de long terme de Nexans. Il doit en effet aider l'entreprise à répondre à une demande mondiale en hausse pour connecter les installations d'énergie renouvelable en mer et relier les réseaux électriques entre eux.

Le groupe souligne aussi l'importance de sa flotte de navires spécialisés, considérée comme essentielle pour réussir les projets sous-marins les plus complexes. Nexans estime que l'Electra renforcera sa capacité à mener ces chantiers de manière sûre, efficace et plus durable, dans un contexte d'accélération de la transition énergétique. Ce soir, l'action gagne 2,85% à 158,80 euos (+27% en 2026).

Le partenariat entre TF1 et Netflix entre en vigueur ce vendredi 19 juin en France. Les abonnés Netflix peuvent désormais regarder TF1+ et les chaînes du groupe directement depuis l'application américaine. C'est une première en France pour Netflix, qui intègre des programmes diffusés en direct. Les utilisateurs peuvent ainsi accéder aux chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI, soit 5 chaînes en direct. Ils pourront aussi retrouver des journaux télévisés, des émissions populaires comme Star Academy et Koh-Lanta, des fictions, ainsi que de grands événements sportifs, notamment en rugby et avec l'équipe de France de football.

L'objectif pour TF1 est de toucher un public plus large grâce à la visibilité de Netflix et à ses recommandations de contenus. Une partie des programmes TF1+ sera mise en avant dans un espace dédié, avec un accès au catalogue complet depuis la page d'accueil de Netflix. Après l'annonce, l'action TF1 progresse de 1,19% ce vendredi, à 6,82 euros, mais cède toujours 18% en 2026 (hors dividendes).

Le coin des smalls : Maisons du Monde

Maisons du Monde est dans une situation financière très difficile. L'entreprise a perdu 406 millions d'euros en 2025 et ses ventes ont baissé de 5%. Elle souffre de la baisse du pouvoir d'achat, de l'inflation et du ralentissement du marché immobilier, qui pèse sur les achats de meubles. Pour éviter une procédure judiciaire, Maisons du Monde veut faire entrer deux nouveaux investisseurs à son capital.

Ceux-ci pourraient détenir jusqu'à 95% de l'entreprise. Les actionnaires actuels seraient donc très fortement pénalisés : leur part tomberait à 4,78% maximum du capital. Si ce plan échoue, l'entreprise pourrait être placée en redressement judiciaire, avec un risque de perte totale pour les actionnaires. En Bourse, la chute est déjà massive : l'action éligible au PEA-PME a perdu 77% depuis le début de l'année et plus de 95% en trois ans.

La recommandation du jour : 72 000 points !

Cela fait plusieurs années que nous vous parlons régulièrement de l'explosion haussière de la Bourse japonaise. Le principal indice boursier de Tokyo, le Nikkei, a franchi pour la première fois le seuil des 70 000 points mercredi, et a même frôlé les 72 000 points cette nuit. Cette progression est spectaculaire : +42% en 2026, +26% en 2025 et +113% en cumulé sur trois ans. Les investisseurs sont plus confiants que jamais, notamment grâce à l'apaisement des tensions entre les États-Unis et l'Iran, ainsi qu'à la forte hausse des actions liées à l'intelligence artificielle et aux technologies.

Cette explosion haussière marque un contraste fort avec la situation économique du Japon. Et elle nous rappelle l'historique du célèbre indice japonais. En 1989, au sommet de la bulle financière japonaise, le Nikkei avait atteint 38 915 points avant de s'effondrer pendant de longues années. En mars 2009, après la crise financière mondiale, il était tombé à seulement 7 055 points. Le redressement a vraiment commencé après 2012, avec des politiques de soutien à l'économie. Depuis, la hausse s'est accélérée : l'indice a dépassé 40 000 points en mars 2024, 50 000 en octobre 2025, 60 000 en avril 2026, puis 70 000 moins de deux mois plus tard. Alors, stop ou encore ?

Les versements programmés sont particulièrement utiles lorsque les marchés sont proches de leurs records, comme au Japon ou aux États-Unis, car ils évitent d'investir tout son capital au mauvais moment. En plaçant régulièrement la même somme, par exemple tous les mois, l'épargnant achète parfois plus cher, mais aussi parfois moins cher si les marchés corrigent. Cette méthode permet donc de lisser le prix d'achat dans le temps, de réduire le stress lié au choix du « bon moment » pour investir et de rester exposé à la croissance des marchés sur le long terme, même lorsque les niveaux actuels semblent extrêmement élevés ?

Le monde d'après : 50 milliards de dollars

C'est désormais la valorisation estimée de DeepSeek, la start-up chinoise d'intelligence artificielle qui avait secoué les marchés mondiaux en janvier 2025. Le laboratoire chinois vient de boucler une levée de fonds géante de 50 milliards de yuans, soit environ 6,4 milliards d'euros, la plus importante jamais réalisée par une start-up chinoise. Une opération qui confirme la montée en puissance de DeepSeek, mais aussi la volonté de Pékin de construire ses propres champions dans l'IA face aux géants américains.

Cette levée de fonds est très encadrée. Le fondateur Liang Wenfeng conserve le contrôle de son entreprise, tandis que plusieurs grands noms chinois, comme Tencent, CATL, JD.com ou NetEase, participent au financement. L'État chinois est également présent via un fonds national dédié à l'intelligence artificielle, signe que DeepSeek n'est plus seulement une pépite technologique, mais un actif stratégique pour Pékin. Dans un contexte de rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis, cette opération montre par ailleurs que la bataille de l'IA se joue autant sur le terrain technologique que politique.

Le souvenir de janvier 2025 reste dans toutes les mémoires. À l'époque, DeepSeek avait provoqué une violente onde de choc en Bourse en affirmant avoir développé un modèle très performant avec beaucoup moins de moyens que ses concurrents américains. Les marchés avaient alors brutalement réévalué le coût réel de la course à l'IA, avec plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation partis en fumée en quelques heures. Un an et demi plus tard, DeepSeek change de dimension. La start-up mise désormais sur les modèles open source, l'IA agentique et la recherche avancée, avec l'ambition de prouver que la Chine peut rivaliser avec les États-Unis dans la nouvelle grande révolution technologique.

L'IA maquille L'Oréal

L'Oréal accélère dans l'intelligence artificielle avec un nouveau partenariat signé avec OpenAI, la société derrière ChatGPT. Le géant français des cosmétiques veut intégrer davantage l'IA dans ses produits et services, avec une première application très concrète : l'essai virtuel de maquillage directement dans ChatGPT. L'utilisateur pourra se prendre en photo ou en vidéo, tester un nouveau look et échanger avec l'outil pour obtenir des conseils sur les produits. Cette fonctionnalité sera d'abord lancée aux États-Unis à la fin de l'été, avant un déploiement progressif dans le reste du monde.

Pour L'Oréal, l'enjeu dépasse largement le simple gadget. Les outils d'intelligence artificielle deviennent de plus en plus importants dans les décisions d'achat. Selon une étude citée, 55% des Français déclarent déjà avoir effectué un achat après avoir utilisé une IA pour se renseigner, un chiffre en hausse de 8 points sur un an. Le groupe veut donc être mieux présent dans ces nouveaux parcours de consommation, où les recommandations ne passent plus seulement par les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux, mais aussi par les assistants conversationnels. Certaines marques du groupe, dont Garnier, participent même à un programme pilote de publicité chez OpenAI.

Le partenariat concerne aussi la recherche. L'Oréal aura accès à un modèle d'OpenAI spécialisé dans les sciences de la vie, afin d'accélérer ses travaux sur la peau, les cheveux et le microbiome cutané. Le groupe affirme avoir testé 10 000 molécules en 2025, contre seulement 50 à 100 en moyenne avant l'IA. Cette technologie pourrait donc permettre de développer plus vite de nouveaux actifs et de nouvelles formules. Pour L'Oréal, l'intelligence artificielle devient donc à la fois un outil de vente, de personnalisation et d'innovation. Affaire à suivre !

Le lexique : Impact du taux de change

Pour un investisseur français, une action japonaise est achetée en yens, mais sa performance finale se regarde en euros. Le change joue donc en votre faveur quand le yen se renforce face à l'euro : chaque yen vaut alors plus d'euros, ce qui augmente la valeur du placement une fois converti.

À l'inverse, le change joue contre l'investisseur français quand le yen baisse face à l'euro : même si l'action japonaise ne bouge pas, sa valeur en euros diminue. En résumé, pour nous, un yen fort est favorable et un yen faible est défavorable. Enfin, les fonds couverts contre le risque de change permettent de profiter du potentiel des actions japonaises tout en limitant l'impact défavorable d'une baisse du yen face à l'euro.