Les marchés : Un rebond fragile

Le CAC 40 poursuit son rebond avec une hausse de 0,44% à 8 468 points, mais sans véritable emballement. Les investisseurs accueillent favorablement la signature du protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, qui prolonge de 60 jours le cessez-le-feu et ouvre la voie à de nouvelles négociations. Cette avancée contribue à faire reculer le Brent sous les 77$ le baril, son plus bas niveau depuis plus de trois mois. Pourtant, le soulagement reste mesuré. Le marché doit désormais composer avec un autre sujet de préoccupation : le ton plus ferme adopté par Kevin Warsh lors de sa première réunion à la tête de la Réserve fédérale.

Sans surprise, la Fed a laissé ses taux inchangés. Mais le vrai signal est venu du ton adopté par Kevin Warsh. Le nouveau président de la banque centrale s'est montré clairement hawkish, autrement dit favorable à une politique monétaire stricte tant que l'inflation ne sera pas maîtrisée. Il a réaffirmé que la stabilité des prix restait la priorité, tandis que plusieurs membres de la Fed envisagent désormais une nouvelle hausse de taux d'ici la fin de l'année. Les marchés estiment désormais à près d'une chance sur deux la probabilité d'un relèvement dès le mois de septembre. Autrement dit, la baisse du pétrole améliore les perspectives sur les prix, mais pas encore suffisamment pour convaincre la Fed d'assouplir rapidement sa politique monétaire.

À Wall Street, les investisseurs choisissent malgré tout de retenir les bonnes nouvelles. Les principaux indices progressent jusqu'à 1,2%, portés par les valeurs technologiques et les semi-conducteurs. Intel s'envole de 8% après l'annonce d'un partenariat avec Apple pour fabriquer des puces aux États-Unis. Une nouvelle illustration que, malgré les incertitudes sur les taux, l'intelligence artificielle et la souveraineté technologique continuent d'alimenter l'appétit des investisseurs. Le marché semble ainsi trouver un nouvel équilibre entre un contexte géopolitique plus apaisé et une politique monétaire qui restera probablement restrictive encore plusieurs mois.

Les valeurs : Edenred

Edenred retrouve brusquement l'attention du marché. Le spécialiste des titres-restaurant et des solutions de paiement bondit de 17,17% à 24,23 euros après avoir confirmé avoir été approché par des fonds d'investissement en vue d'un possible rachat. Rien n'est encore acté, mais cette simple approche suffit à réveiller un titre très malmené depuis deux ans. Depuis ses plus hauts de 2023, l'action a perdu plus de 60%, pénalisée par les inquiétudes sur la réglementation des titres-restaurant en Italie et au Brésil.

Cette envolée montre surtout à quel point la valorisation était devenue basse. Pour certains investisseurs, Edenred reste une entreprise rentable, bien installée sur ses marchés, mais sanctionnée comme si ses difficultés étaient durables. L'intérêt de fonds d'investissement laisse penser qu'un scénario de rachat pourrait offrir une porte de sortie aux actionnaires, avec une prime par rapport au cours actuel. Le dossier reste spéculatif, car aucune opération n'est garantie, mais le rebond du jour rappelle qu'une valeur trop délaissée peut rapidement redevenir attractive dès qu'un acheteur potentiel apparaît. Porté par la hausse du jour, le titre progresse désormais de 28% depuis le début de l'année.

Capgemini signe la plus forte baisse du CAC 40 ce soir, avec un recul de 8,87% à 89,00 euros, entraîné dans le sillage de son grand concurrent américain Accenture. Ce dernier a publié des résultats jugés décevants et, surtout, a revu légèrement à la baisse ses prévisions de croissance. Pour les investisseurs, ce ralentissement pourrait aussi concerner l'ensemble du secteur des services informatiques. Capgemini est particulièrement touché car il réalise une part importante de son activité aux États-Unis, où la demande montre des premiers signes de faiblesse.

Cette publication ravive également les interrogations sur l'impact réel de l'intelligence artificielle sur ces entreprises. Les marchés attendent toujours une accélération de la croissance grâce à cette technologie, mais celle-ci tarde à se matérialiser. Les investisseurs préfèrent donc alléger leurs positions en attendant des signes plus convaincants. Depuis le début de l'année, le titre cède 37%.

Le coin des smalls : 2CRSI

Après une envolée de près de 121% depuis le début de l'année, le retour sur terre est brutal pour 2CRSi. Le fabricant alsacien de serveurs informatiques éligible au PEA-PME chute de 43,05% à 25,40 euros après la publication d'un rapport très critique du fonds Grizzly Research, un investisseur qui parie sur la baisse des actions. Ce dernier accuse l'entreprise d'avoir largement exagéré son activité aux États-Unis, allant jusqu'à évoquer une possible fraude. À ce stade, ces accusations n'ont pas été prouvées et 2CRSi n'a pas encore réagi officiellement.

Cette affaire rappelle qu'une forte hausse en Bourse s'accompagne souvent d'une volatilité importante. Les accusations de vendeurs à découvert ont parfois permis de révéler de véritables fraudes, mais elles se sont aussi révélées infondées dans d'autres dossiers. Les investisseurs devront désormais attendre les réponses de 2CRSi avant de pouvoir se faire une opinion.

Le top / flop des valeurs

À retenir cette semaine. Un accord de paix, et une introduction en bourse historique aux USA : cette semaine, les indices boursiers ont le vent en poupe. Le CAC 40 gagne +3,4%, le S&P +3,4% et le Nasdaq +5,2%. Ce dernier approche des +20% depuis le début de l'année, en seulement six mois !

Le monde d'après : L'IA pèse sur Apple ?

Apple pourrait bientôt revoir à la hausse les prix de plusieurs de ses produits. Le groupe américain subit de plein fouet l'envolée du coût des puces de mémoire et de stockage, devenues indispensables aux smartphones, ordinateurs et tablettes. Cette hausse est largement liée à l'explosion des investissements dans l'intelligence artificielle, qui pousse les grands groupes technologiques à réserver une grande partie de la production mondiale pour leurs centres de données. Les Mac et les iPad pourraient être concernés en premier, avant les prochains iPhone attendus à l'automne.

La hausse pourrait être sensible sur les modèles haut de gamme. Selon Le prix du prochain iPhone Pro pourrait augmenter de 270$, soit environ 234 ?, si Apple choisissait de préserver ses marges. Le prix d'entrée d'un iPhone haut de gamme approcherait alors 1 500 ?, tandis qu'une version Pro Max avec une capacité de stockage élevée pourrait dépasser 2 700 ?. Les prix de certaines puces mémoire auraient déjà progressé de 90% à 95% au premier trimestre, et de nouvelles hausses sont attendues dans les prochains mois.

Apple se retrouve dans une situation délicate. Le groupe dispose de 67 milliards de dollars de trésorerie pour absorber une partie du choc, mais les grands acteurs de l'intelligence artificielle sécurisent leurs approvisionnements sur plusieurs années, souvent en versant des avances importantes. Le groupe devra donc arbitrer entre une baisse de ses marges et une hausse des prix pour ses clients. Apple sait vendre du rêve, mais cette fois, l'intelligence artificielle devra surtout aider à faire passer la facture !

L'agenda : Le calme plat

La séance s'annonce particulièrement calme sur les marchés. Wall Street restera fermée à l'occasion de Juneteenth, tandis que les Bourses de Chine, Hong Kong et Taïwan seront également closes en raison du Festival des bateaux-dragons. Les investisseurs auront donc peu de statistiques économiques à se mettre sous la dent, ce qui pourrait limiter les volumes d'échanges.

L'attention se portera surtout sur la géopolitique. Une cérémonie organisée en Suisse doit officialiser l'entrée en vigueur de l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran. Le texte prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz, un passage stratégique par lequel transite une grande partie du pétrole mondial. Une étape importante qui sera suivie de près par les marchés, tant elle pourrait influencer les prix du pétrole et, plus largement, le climat boursier.

Demain à la une : Le calme plat

La séance s'annonce particulièrement calme sur les marchés. Wall Street restera fermée à l'occasion de Juneteenth, tandis que les Bourses de Chine, Hong Kong et Taïwan seront également closes en raison du Festival des bateaux-dragons. Les investisseurs auront donc peu de statistiques économiques à se mettre sous la dent, ce qui pourrait limiter les volumes d'échanges.

L'attention se portera surtout sur la géopolitique. Une cérémonie organisée en Suisse doit officialiser l'entrée en vigueur de l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran. Le texte prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz, un passage stratégique par lequel transite une grande partie du pétrole mondial. Une étape importante qui sera suivie de près par les marchés, tant elle pourrait influencer les prix du pétrole et, plus largement, le climat boursier.

Le lexique : Hawkish

L'adjectif « hawkish » est emprunté à l'anglais « hawk », qui signifie « faucon ». Dans le contexte économique, cela fait référence à une posture stricte et souvent agressive vis-à-vis de l'inflation. Une banque centrale hawkish est donc encline à augmenter les taux d'intérêt pour tempérer l'inflation et éviter que l'économie ne surchauffe. Cela peut ralentir l'investissement et la consommation en rendant les prêts plus coûteux pour les entreprises et les particuliers. Même si cette position peut être perçue comme moins favorable à la croissance à court terme, les décideurs « hawkish » sont généralement plus préoccupés par la stabilité des prix à long terme et la prévention des bulles économiques.

À l'inverse, « dovish » dérive de « dove », qui signifie « colombe ». Une banque centrale dovish privilégie la croissance économique et est plus tolérante envers l'inflation, souvent disposée à maintenir des taux d'intérêt bas pour encourager l'emprunt et stimuler l'investissement et la consommation. Cette approche est adoptée dans l'espoir de réduire le chômage et de soutenir l'économie pendant les périodes de ralentissement ou de récession. Les critiques des politiques dovish mettent en garde contre les risques d'une inflation élevée et prolongée qui peut éroder le pouvoir d'achat et déséquilibrer l'économie sur le long terme.