Les marchés : Le bilan et une surprise

Le CAC 40 termine la semaine sur une note positive. L'indice français gagne 0,28% ce vendredi, à 8 510 points, portant sa progression hebdomadaire à 1,6%. Les investisseurs retrouvent un peu d'optimisme grâce à une série de résultats d'entreprises solides, des deux côtés de l'Atlantique. Le retour en grâce des valeurs liées à l'intelligence artificielle redonne de l'élan aux marchés après plusieurs semaines de doute. Mais attention, la prudence doit rester de mise ?

Le véritable catalyseur vient des géants américains. Microsoft (+15,5% hier) et Amazon (+14% aujourd'hui) ont largement dépassé les attentes grâce à l'excellente performance de leurs activités de cloud, directement soutenues par les besoins croissants en intelligence artificielle. Ces résultats rassurent temporairement les investisseurs : les milliards investis dans l'IA commencent à produire des effets concrets sur la croissance et les bénéfices de certains mastodontes (mais pas tous !). Les principaux indices américains cèdent toutefois un peu de terrain dans les premières heures d'échanges.

La saison des résultats continue également de soutenir la cote parisienne. Saint-Gobain bondit de 6,9% après avoir publié une croissance de ses volumes supérieure aux attentes, un signal encourageant dans un contexte économique encore très incertain. Après les prises de bénéfices observées tout au long du mois de juillet, les investisseurs semblent retrouver confiance mais ce propos reste très fragile... La semaine prochaine sera en effet dense, et décisive pour la tendance du mois d'août.

Les valeurs :

Apple a publié de solides résultats. Mais cet après-midi, le géant à la pomme chute de 9% à Wall Street ! Son chiffre d'affaires trimestriel a pourtant atteint un niveau record de 109,42 milliards de dollars, en hausse de 16,4% sur un an. Les ventes d'iPhone ont bondi de 21,7%, à 54,25 milliards de dollars, portées par le succès de l'iPhone 17. Le bénéfice par action, à 2,02$, a également dépassé les attentes. Quel est le problème alors ? L'activité des services, essentiels en raison de leurs revenus récurrents et de leur forte rentabilité, ont généré 30,7 milliards de dollars, contre 31,4 milliards attendus.

Les revenus en Chine ont également déçu, à 18,82 milliards de dollars. Surtout, Apple prévoit une croissance de seulement 9% à 11% au troisième trimestre, alors que le marché espérait environ 12%. Le groupe évoque des effets de change défavorables, la hausse du coût des puces mémoire et des difficultés d'approvisionnement en processeurs, qui pourraient affecter les ventes de Mac, d'iPhone et d'iPad. Malgré la vigueur actuelle des ventes d'iPhone, Wall Street s'inquiète donc d'un ralentissement de la croissance et de la capacité des services à soutenir durablement la valorisation du groupe. Clairement, plus aucun faux pas n'est pardonné aux géants de la tech ! Depuis le début de l'année, Apple progresse malgré tout de 11% à Wall Street.

Engie a publié des résultats semestriels supérieurs aux attentes et relevé ses objectifs pour 2026. Le groupe bénéficie notamment de l'acquisition du distributeur britannique UK Power Networks pour environ 18 milliards d'euros. Cette opération renforce sa présence dans les réseaux électriques réglementés, dont les revenus sont plus stables et prévisibles. Au premier semestre, son chiffre d'affaires a augmenté de 2,9% à 36,7 milliards d'euros. Le résultat opérationnel hors nucléaire belge a progressé de 1,2% à 5,3 milliards d'euros, dépassant les attentes du marché.

Les infrastructures ont été le principal moteur, avec un résultat en hausse de 13,3% à 2,22 milliards d'euros, grâce à UK Power Networks et aux bonnes performances des réseaux réglementés. Engie prévoit désormais un bénéfice net récurrent compris entre 4,9 et 5,5 milliards d'euros en 2026, contre 4,6 à 5,2 milliards auparavant. Le géant français confirme ainsi sa transformation vers les infrastructures électriques et les énergies renouvelables, des activités jugées plus solides et plus prévisibles par le marché. Son action signe l'une des meilleures performances du CAC ce soir : +3,99% à 27,11 euros. Désormais, elle progresse de 22% cette année et de plus de 80% sur trois ans !

Le coin des smalls : Worldline

Le spécialiste des paiements électroniques décolle de 22,25% à 12,18 ?, signant de loin la plus forte hausse du SBF 120, après une publication semestrielle meilleure que prévu. Le groupe éligible au PEA-PME a réalisé un chiffre d'affaires de 1,74 milliard d'euros, quasiment stable sur un an (-0,2%). Surtout, sa rentabilité ressort nettement supérieure aux attentes grâce à une bonne maîtrise de ses coûts. Worldline réduit également sa perte nette à seulement 97 millions d'euros, contre plus de 4 milliards d'euros un an plus tôt, et brûle moins de trésorerie que prévu. Impressionnant.

Ces résultats montrent que le plan de transformation « North Star » commence à produire ses effets. En parallèle, Worldline poursuit le renforcement de sa situation financière en réduisant sa dette à 1,17 milliard d'euros et prévoit d'encaisser entre 590 et 640 millions d'euros grâce à plusieurs cessions d'activités en 2026. Le groupe a toutefois revu à la baisse l'objectif de croissance de son chiffre d'affaires, en raison d'un redémarrage plus lent que prévu de son activité dédiée aux banques. Malgré le rebond spectaculaire du jour, le titre accuse encore un recul de près de 23% depuis le début de l'année, signe que le marché attend désormais un véritable retour de la croissance.

Le monde d'après : Amazon explose les compteurs

Son action bondit de 14% cet après-midi (+17% en 2026), après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Amazon a généré 200,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires entre avril et juin, en hausse de 20% sur un an. Son bénéfice net a été multiplié par plus de trois, à 62,65 milliards de dollars. Cette excellente performance a été largement portée par la revalorisation de sa participation dans Anthropic, la start-up d'intelligence artificielle derrière Claude.

Le point le plus surveillé était surtout Amazon Web Services, plus connu sous le nom d'AWS. Cette branche regroupe les activités de cloud d'Amazon : elle loue aux entreprises de la puissance de calcul, du stockage de données, des serveurs et des outils d'intelligence artificielle, plutôt que de les obliger à gérer leurs propres infrastructures informatiques. Et cette fois, AWS a frappé fort. La division a enregistré une croissance de 36,7%, son rythme le plus élevé depuis plus de quatre ans, alors que les bureaux d'études attendaient environ 33%.

C'est un signal important pour les investisseurs : les dépenses massives engagées dans l'IA commencent à soutenir la croissance du cloud, qui reste le principal moteur de rentabilité du groupe. Amazon a pourtant relevé ses prévisions de dépenses d'investissement pour 2026, à 220 milliards de dollars, contre 200 milliards auparavant. Mais contrairement à Meta ou Alphabet (Google), récemment sanctionnés pour leurs investissements massifs, le marché a mieux accueilli cette annonce. La différence vient de la dynamique d'AWS : tant que la croissance du cloud accélère, Wall Street semble prêt à accepter une facture plus lourde pour financer la course à l'intelligence artificielle. Affaire à suivre de près dans les mois à venir.

Demain à la une : Emploi US et résultats d'entreprises

La semaine prochaine sera à nouveau dense pour les marchés. Aux États-Unis, les investisseurs suivront dès lundi un indice important sur l'activité industrielle, puis mercredi une nouvelle estimation de l'activité dans les services. Le point culminant interviendra vendredi avec le rapport officiel sur l'emploi américain : créations de postes, chômage et salaires seront scrutés pour évaluer la solidité de l'économie et les prochaines décisions de la Réserve fédérale.

En parallèle, la saison des résultats battra son plein. Plus d'un quart des sociétés du S&P 500 publieront leurs comptes, parmi lesquelles Palantir, AMD, Eli Lilly, Caterpillar et Merck. En Europe, BP, HSBC et Novo Nordisk sont notamment attendus. Les ventes au détail de la zone euro, publiées jeudi, donneront enfin une indication sur la résistance de la consommation. Ce sera donc une semaine potentiellement mouvementée, alors que les marchés restent sensibles aux taux, au pétrole et aux tensions géopolitiques ?

Le lexique : Russell 2000

Le Russell 2000 est un indice boursier américain qui regroupe environ 2 000 petites entreprises cotées aux États-Unis. Il est souvent utilisé pour mesurer la santé des petites capitalisations américaines, plus sensibles à l'économie locale que les grands groupes comme Apple, Microsoft ou Nvidia.