Les marchés : Le grand soulagement !
Un vent d'optimisme souffle à nouveau sur les marchés. Le CAC 40 gagne 0,4% à 8 384 points, après avoir brièvement franchi le seuil des 8 500 points en séance, son plus haut niveau depuis le début du conflit fin février. À l'origine de ce rebond, l'annonce de Donald Trump affirmant qu'un accord avec l'Iran est désormais finalisé. Bien sûr, rien n'est encore totalement acquis. Le texte n'a pas été signé, le détroit d'Ormuz reste fermé et les discussions les plus sensibles doivent encore commencer. Mais pour les investisseurs, le signal est fort. Pour la première fois depuis plus de trois mois, une sortie de crise crédible semble enfin se dessiner.
La réaction des marchés est immédiate. Le pétrole chute de près de 6% et revient vers les 80$ le baril, effaçant une grande partie de la prime de risque accumulée depuis le début de la guerre. Les secteurs les plus pénalisés par la flambée des prix de l'énergie reprennent des couleurs, à commencer par les compagnies aériennes et les valeurs cycliques. À l'inverse, les groupes pétroliers souffrent logiquement de cette détente, à l'image de Total qui recule nettement. À Wall Street, l'enthousiasme est tout aussi visible, avec un Nasdaq en hausse de plus de 2,8% et un S&P 500 qui gagne plus de 1,8%.
Au-delà de la géopolitique, cet accord change aussi la donne pour les banques centrales. Avec un pétrole en baisse, le risque d'un nouveau choc inflationniste s'atténue sensiblement. Les investisseurs ont ainsi réduit leurs anticipations de hausse de taux de la Réserve fédérale dans les prochains mois. Reste désormais l'étape la plus importante : la signature officielle du protocole vendredi en Suisse. Si elle se concrétise, les marchés pourraient enfin tourner la page d'un conflit qui aura dominé l'actualité économique et financière pendant plus de cent jours !
Les valeurs
L'apaisement au Moyen-Orient profite aux valeurs cycliques. Après l'annonce d'un accord entre Washington et Téhéran, les investisseurs reviennent sur les secteurs qui avaient le plus souffert de la guerre, de la hausse du pétrole et des craintes de ralentissement économique. Les matériaux de construction repartent en tête, avec Saint-Gobain en hausse de 3,1% et Vicat de 5,4%. Le secteur avait été pénalisé par la flambée de l'énergie, très coûteuse pour produire du ciment et des matériaux.
Même mouvement du côté de l'automobile et de l'aéronautique. Renault gagne 4,5%, Stellantis 3,2% et Forvia 3,4%, portés par l'espoir d'une baisse des prix du pétrole et d'un retour de la confiance des consommateurs. Du côté du secteur aéronautique, Airbus progresse de 2,4% et Safran de 3,4%. Une détente au Moyen-Orient réduirait le risque d'annulations de vols, de hausse du kérosène et de perturbations dans le trafic aérien. En clair, le marché anticipe aujourd'hui un retour progressif à la normale, marqué par une baisse des prix du pétrole, un apaisement du risque géopolitique et un environnement plus favorable aux secteurs cycliques.
Total
Total signe la plus forte baisse du CAC 40 ce soir. Alors que la Bourse de Paris profite de l'espoir d'un accord de paix entre Washington et Téhéran, après 107 jours de conflit, le géant pétrolier recule de 4,43%, à 73,00 euros. La raison est simple. Si le détroit d'Ormuz rouvre et que les tensions retombent au Moyen-Orient, le risque de pénurie de pétrole diminue fortement. Le marché l'intègre immédiatement, le baril de Brent perd lui aussi 6%, autour de 83$.
Pour Total, c'est un retour de bâton logique. Depuis le début du conflit, la flambée du pétrole soutenait les perspectives de bénéfices du groupe. Au premier trimestre, le groupe avait d'ailleurs publié un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars, en hausse de 51%. Mais avec l'espoir d'un apaisement géopolitique, les investisseurs anticipent désormais des prix du pétrole moins favorables. Le titre corrige donc, même si le Brent reste encore nettement au-dessus de son niveau d'avant-guerre, autour de 73$.
Le monde d'après : SpaceX poursuit son envol
L'euphorie autour de SpaceX ne retombe pas. Après une introduction en Bourse historique vendredi 12 juin, le titre progressait encore d'environ 8% ce lundi 15 juin dans les premiers échanges, autour de 170$. Lors de sa première séance, l'action avait déjà bondi de 19,22%, à 160,95$, contre un prix d'introduction fixé à 135$. Cette envolée avait porté la valorisation du groupe spatial, satellitaire et d'intelligence artificielle au-dessus de 2 000 milliards de dollars, faisant de SpaceX la 7e plus grande entreprise cotée au monde dès son arrivée en Bourse.
Ce démarrage spectaculaire s'explique par un fort soutien du marché. De grandes banques ont accompagné l'opération, tandis que certains fonds pourraient être poussés à acheter le titre si SpaceX intègre rapidement de grands indices boursiers, comme le Nasdaq 100. Mais l'histoire montre que les méga-introductions en Bourse peuvent aussi connaître des lendemains difficiles. Saudi Aramco, Facebook ou encore Tesla avaient fortement reculé dans les mois suivant leur arrivée en Bourse, avant parfois de se reprendre beaucoup plus tard. Autre risque à surveiller : l'arrivée possible de nouvelles actions sur le marché cet été, qui pourrait créer une pression vendeuse.
Le principal débat reste celui de la valorisation. SpaceX a réalisé 18,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2025, mais le marché valorise désormais l'entreprise à plus de 100 fois ses revenus annuels. C'est un niveau extrêmement élevé, même pour une société technologique très prometteuse. Les investisseurs misent sur la réussite des fusées réutilisables, des satellites, de l'intelligence artificielle et peut-être demain des centres de données dans l'espace. Les prochains résultats financiers, attendus fin juillet ou début août, seront donc un premier test important. Après le rêve boursier, SpaceX devra maintenant prouver qu'il peut tenir ses promesses. Affaire à suivre !
L'agenda du lundi : Fed, BOJ et Ormuz au menu
Cette semaine, les marchés n'auront pas vraiment le temps de souffler. Même avec une semaine écourée sur plusieurs grandes places boursières, l'agenda est chargé. Au programme : banques centrales, taux d'intérêt et consommation américaine. Dès demain, la Banque du Japon pourrait relever une nouvelle fois ses taux. Jeudi, la Banque d'Angleterre devrait temporiser, mais le débat interne devient plus animé. Et surtout, mercredi soir, tous les regards seront tournés vers la Fed, qui publiera sa décision sur les taux, ses nouvelles prévisions économiques et laissera Kevin Warsh faire ses premiers pas en conférence de presse.
Un moment important pour les marchés, car chaque mot sera analysé pour savoir si la banque centrale américaine prépare une pause, une baisse ou un nouveau tour de vis. En parallèle, les ventes au détail aux États-Unis permettront de vérifier si le consommateur américain, véritable moteur de l'économie, tient encore le choc face à la hausse des prix.
La semaine sera également marquée par un rendez-vous géopolitique majeur. Vendredi, les marchés suivront de près la signature attendue de l'accord entre Washington et Téhéran, qui doit notamment permettre la réouverture du détroit d'Ormuz, un point stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Enfin, la saison des résultats se poursuit avec les publications de Medincell et Accenture. Une semaine riche en événements qui pourrait donner le ton pour la suite de l'été boursier !
Demain à la une : Cap sur la Chine et le Japon !
Demain, la journée commencera fort pour les marchés. Avant même l'ouverture de la Bourse de Paris, l'Asie donnera le ton avec les chiffres d'activité en Chine, puis les décisions de politique monétaire au Japon et en Australie. En Chine, les ventes au détail seront particulièrement suivies pour voir si la consommation repart enfin. Au Japon, une hausse des taux est attendue, mais c'est surtout le ton de la Banque du Japon qui comptera.
Ensuite, cap sur l'Europe avec l'indice ZEW en Allemagne et en zone euro, qui donnera une indication sur le moral des investisseurs. Côté entreprises, la saison des résultats se poursuivra avec Medincell.
Le lexique : Valeurs cycliques
Les actions cycliques sont des actions d'entreprises dont l'activité dépend fortement de la conjoncture économique. Elles ont tendance à bien se comporter lorsque l'économie est en croissance, car les ménages et les entreprises consomment et investissent davantage. À l'inverse, elles peuvent souffrir lors des ralentissements économiques. On les retrouve souvent dans des secteurs comme l'automobile, le tourisme, l'industrie, la construction ou les matières premières.









