On ne le rappellera jamais assez : lorsque vous achetez un bien électronique ou électroménager, le vendeur a lobligation de garantir son adéquation avec les caractéristiques affichées, ainsi que son bon fonctionnement (sa « conformité » en langage juridique). Ce pendant deux ans à compter de la date de réception si le produit est neuf et six mois sil est doccasion. Il doit également vous informer, en amont de lachat, de lexistence de cette « garantie légale de conformité » gratuite.
Ces obligations ne sont pas nouvelles. Pourtant, elles sont encore loin dêtre appliquées dans les règles de lart par les vendeurs, dénonce la Direction générale de la consommation, de la concurrence et la répression des fraudes. En 2019 et en 2020, la DGCCRF a contrôlé plus de 550 points de vente (1), en utilisant la technique du client mystère : les enquêteurs de linstitution ont effectué des achats en se faisant passer pour des consommateurs lambda. Bilan : plus dun tiers (36% précisément) étaient hors des clous. Parmi eux, certains avaient pourtant déjà été avertis par le passé et ont fait lobjet de mesures répressives. Cest le cas notamment denseignes comme Boulanger, Darty, SFR ou encore Orange, qui ont dû rendre public leurs manquements.
Défauts dinformation
Les entorses à la réglementation repérées par la DGCCRF sont légion. Elles concernent en premier lieu des défauts dinformation des consommateurs sur les garanties légales : « De nombreux points de vente ne délivraient aucune information précontractuelle relative aux garanties légales. Lorsque linformation était délivrée au consommateur, elle savérait incomplète et /ou peu ou pas visible », note la Répression des fraudes. La situation devrait toutefois saméliorer : depuis le 1er juillet 2021, linformation sur lexistence et la durée de la garantie légale de conformité doit impérativement figurer sur le ticket de caisse et/ou la facture du bien.
Un flou entretenu
Ces manquements trouvent sans doute en partie leur origine dans lincompétence des enseignes et de leurs vendeurs sur le sujet. La DGCCRF les soupçonne aussi dentretenir, à dessein, une confusion entre les garanties légales, gratuites, et les extensions de garanties et assurances payantes quelles commercialisent pour couvrir ces biens.
Elle pointe ainsi des pratiques choquantes. « Les enquêteurs ont notamment relevé la mise en avant de garanties commerciales payantes alors quaucune information précontractuelle sur la garantie légale de conformité nétait délivrée » explique la Direction. Des garanties commerciales qui, parfois, ont « une portée plus réduite que celle de la garantie légale de conformité », ce qui sapparente à une pratique commerciale trompeuse. Autre entourloupe : certaines enseignes présentent, dans leur communication, les « garanties légales comme une prestation spécifique inclue dans [leur] offre commerciale ». Cest le cas, notamment, dOrange, qui a récemment dû afficher sur son site web une injonction à cesser cette pratique.
Des ventes forcées également dénoncées
Le business des assurances affinitaires, dont la souscription est facultative et complémentaire à la vente d'un bien, a déjà fait parler de lui en début de semaine. Dans son rapport annuel, le médiateur de lassurance, Arnaud Chneiweiss, a dénoncé des « ventes forcées » dans le domaine de la téléphonie et le flou entourant certaines clauses dexclusion présentes dans des contrats dassurance de téléphones mobiles.
Lire : Clauses illégales, vente forcée... les contrats d'assurance dénoncés par le médiateur
(1) Grands magasins spécialisés, grandes surfaces alimentaires, fabricants, commerces de détail spécialisés, sites internet vendant exclusivement en ligne, commerces doccasion




















