Mauvaise nouvelle pour les copropriétaires. Les charges ont encore augmenté de 4,7% en 2025 par rapport à l'année précédente, d'après le dernier baromètre de Matera.
Le coût de l'assurance est le principal moteur de la hausse avec une augmentation de 16%. Une augmentation expliquée par « la multiplication des sinistres liés aux aléas climatiques : inondations, sécheresse, incendies... Ces risques se répercutent directement sur les primes d'assurance payées par les copropriétés », détaille le baromètre.
Et impossible de faire l'impasse : en copropriété, l'assurance est obligatoire pour la responsabilité civile. La mulririsque immeuble (aussi appelée MRI) est quant à elle seulement recommandée... en théorie.
Car dans les faits, les assureurs ne proposent pas uniquement la responsabilité civile. « La MRI comprend la RC mais aussi d'autres garanties, comme les dégâts des eaux qui affectent les parties communes, les incendies, les catastrophes naturelles, le vandalisme... La responsabilité civile couvrira le sinistre si une partie commune endommage une partie privative ou, par exemple, si un morceau de tuile blesse quelqu'un ou si le gros uvre d'un balcon tombe sur une voiture », explique David Rodrigues, responsable juridique droit de la copropriété et droit des baux à la CLCV.
Quel prix ?
Concernant le prix de l'assurance MRI, « pour les copropriétés que j'ai analysées, on est à environ 120 euros par lot et par an. Cependant, le prix dépend du territoire et de l'historique de sinistres de l'immeuble », détaille Amandine Peyre, porte-parole de Matera. Plusieurs sites proposant des assurances de ce type évoquent un coût moyen allant de 150 euros à 400 euros par an et par lot.
La sinistralité du territoire et les coûts de réparation exercent une grande influence sur le montant des cotisations. Les courtiers Pierre Plasse et Alexandre Cohen évoquaient par exemple auprès de l'Argus de l'assurance des prix moyens de l'assurance d'un immeuble à 2 euros le mètre carré en moyenne dans la capitale contre 0,55 euro à Brest.
Les garanties souscrites font aussi varier le prix. « Par ailleurs, plus une copropriété est grande, plus le montant par lot est faible d'après les données observées sur nos copropriétés clientes. Pour une copropriété de plus de 50 lots par exemple, on pourra atteindre des montants à moins de 100 euros par lot, là où les petites et moyennes copropriétés (sur-représentées dans nos données) vont avoir de plus gros montants », complète Amandyne Peyre.
Renégocier le contrat
Comment faire baisser le coût ? « Renégocier tous les contrats de la copropriété tous les ans. Pour mettre en concurrence l'assurance multirisque immeuble, il est conseillé de demander trois devis et de prendre celui le plus adapté à la copropriété. Il faut regarder le prix mais aussi les garanties, comparer les devis ligne par ligne », recommande Amandine Peyre
David Rodrigues conseille de prêter une attention particulière « aux niveaux des franchises et aux plafonds d'indemnisation, car les sinistres peuvent coûter cher en copropriété. S'il y a des espaces verts ou des arbres, vérifier s'ils sont couverts, par exemple... Il faut aussi bien déterminer la superficie de l'immeuble, sinon cela peut être considéré comme une fausse déclaration et en cas de sinistre, il peut y avoir une réduction ou un refus d'indemnisation. »
Le conseil syndical peut se charger de cette démarche ou il peut demander au syndic de mettre en concurrence les contrats. Avec un point d'attention : certains syndics ont des liens capitalistiques avec des assureurs ou des courtiers ou sont eux-mêmes courtiers en assurance ou sont commissionnés pour la souscription d'assurances chez leurs partenaires. Résultat, ils freinent parfois la mise en concurrence du contrat, comme le relève l'ARC nationale, association qui représente les syndicats des copropriétaires.
« C'est à déconseiller pour éviter les conflits d'intérêt et parce que ce ne sont pas forcément les moins chers, indique David Rodrigues. Pour sécuriser ce point, il n'est pas inintéressant de faire porter une résolution à l'assemblée générale, imposant au syndic de saisir le conseil syndical avant toute modification du contrat d'assurance de l'immeuble et / ou une résolution indiquant que tout contrat supérieur à tel montant doit être présenté. »
Que faire si une copropriété ne trouve pas d'assureur ?
Trouver une assurance peut être très compliqué pour certaines copropriétés : « les copropriétés dégradées, celles qui ont été en situation d'impayés ou qui ont une sursinistralité », liste David Rodrigues.
Il existe toutefois une solution puisque la responsabilité civile est obligatoire pour les copropriétés, saisir le Bureau central de tarification (BCT), l'autorité administrative en charge de garantir l'obligation d'assurance. Pour cela, il faut pouvoir justifier d'un refus d'assurance, en ayant envoyé une lettre recommandée au siège de l'assureur souhaité et reçu un refus en retour, ou une absence de réponse 15 jours après l'accusé de réception.
Le BCT se chargera de fixer « la prime moyennant laquelle l'entreprise d'assurance désignée par l'assujetti est tenue de garantir le risque qui lui a été proposé ». « Il y a de plus en plus de saisines pour les copropriétés. En 2015, nous avions trois dossiers par séance, maintenant, c'est une trentaine, sachant qu'il y a une dizaine de séances par an », constate David Rodrigues qui y siège.

















