Selon les prévisions des cabinets Fact & Figures et Addactis, les prix des complémentaires santé vont grimper de 4% à 10% en 2027. Plusieurs paramètres expliquent ces hausses de primes anticipées. Le projet de loi de finances a reconduit la contribution exceptionnelle de 2,05% sur les cotisations déjà appliquées l'année dernière.
Par ailleurs, plusieurs soins seront moins remboursés par l'Assurance maladie et davantage par les complémentaires santé à partir du 1ᵉʳ janvier. Or, l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (UNOCAM) a rappelé « que ces dépenses transférées ne disparaîtront pas mais se répercuteront mécaniquement sur les cotisations acquittées par les assurés et les entreprises ».
À cela s'ajoute la récente décision du Conseil constitutionnel de censurer le gel des tarifs prévu par le Budget 2027, ce qui ferme la porte à un remboursement des hausses appliquées cette année.
Appel à limiter les hausses
« Pour de nombreux ménages, l'accès à une complémentaire santé devient de plus en plus difficile, avec un risque accru de renoncement aux soins », alerte la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie). L'association de défense des consommateurs demande dans une pétition « que les nouvelles taxes et les transferts de charges décidés par les pouvoirs publics ne puissent pas être répercutés automatiquement sur les cotisations des assurés ».
Elle plaide également pour « davantage de transparence dans la fixation des tarifs et une protection renforcée des retraités et des titulaires de contrats individuels, particulièrement exposés aux augmentations » et la création d'un contrat de complémentaire santé à tarif plafonné et accessible à tous.
La CLCV appelle aussi les mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance (les 3 organismes qui proposent des complémentaires santé) « à mobiliser tous les leviers permettant de limiter les hausses ».
Elle leur suggère d'utiliser des réserves « lorsque cela est possible », de réduire les frais commerciaux et de gestion et d'en renforcer la transparence, de recourir aux fonds d'action sociale pour soutenir les assurés les plus fragiles et de publier des informations claires sur les réserves, les frais de gestion et la part des cotisations réellement consacrée aux remboursements.
Une baisse des taxes demandée
De son côté, la Mutualité française a demandé une révision de la fiscalité des contrats responsables et solidaires et appelle à diminuer la taxe de solidarité additionnelle (TSA) « afin de limiter les répercussions sur les cotisations des adhérents ». Aujourd'hui, les contrats sont taxés à hauteur de 13,27% au titre de la TSA, de 0,8% au titre du forfait médecin traitant et de 2,05% au titre de la taxe exceptionnelle reconduite en 2027.



















