Le gouvernement multiplie les déclarations sur la revalorisation du salaire minimum ces derniers jours. Samedi, le ministre de l'Économie Roland Lescure a déclaré sur France Info qu'une hausse anticipée du Smic, avant la revalorisation automatique du 1ᵉʳ janvier, « fait partie des débats ». Ce jeudi 29 octobre, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a aussi souligné que cette mesure était toujours en discussion.
Comment le Smic évolue-t-il ?
Pour bien comprendre, il faut connaître les mécanismes d'évolution du Smic. Le Code du travail prévoit une « fixation annuelle du salaire minimum de croissance » au 1ᵉʳ janvier. Il est revalorisé tous les ans en fonction de deux indicateurs : l'inflation subie par les 20% de ménages les plus modestes et la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.
Le salaire minimum peut aussi augmenter en cours d'année, dès que l'inflation dépasse 2% par rapport à la dernière revalorisation. C'est ce qui s'est passé en juin dernier. D'après les calculs de MoneyVox établis à partir des dernières prévisions de l'Insee sur l'inflation, la prochaine hausse de janvier sera probablement inférieure à 1%, puisqu'elle prendra en compte les + 2,41% de juin.
S'il opte pour la revalorisation anticipée, le gouvernement choisira donc d'avancer cette hausse d'un mois ou deux, avec une application en novembre ou décembre. Il s'élève actuellement à 1 443 euros net par mois. Cette mesure entraînerait donc un gain de 14 euros ou 28 euros pour les salariés qui touchent le salaire minimum (selon que l'hypothétique hausse de 1% soit avancée en novembre ou en décembre).
Un coup de pouce possible ?
Le gouvernement a toutefois davantage de marge de manuvre pour augmenter le Smic. Il peut décider d'un coup de pouce, c'est-à-dire une hausse du salaire minimum plus importante que celle qui est mécaniquement prévue.
Mais cette mesure n'a pas été utilisée depuis 2012, au lendemain de l'élection de François Hollande. Le taux horaire du Smic avait alors été revalorisé de 2% : 1,4% au titre de l'inflation et 0,6% au titre d'un « coup de pouce » supplémentaire décidé par le gouvernement alors dirigé par Jean-Marc Ayrault.
Il est peu probable qu'un coup de pouce soit acté : le gouvernement ne l'a pas évoqué. Par ailleurs la revalorisation anticipée fait déjà débat et se heurte à l'opposition du patronat. Une hausse du Smic pour « acheter la paix sociale », ajoutée au renchérissement du coût du travail prévu dans le budget de la Sécu risque de « créer la pagaille dans les entreprises », estimait vendredi 23 octobre Patrick Martin, le président du Medef. Les syndicats réclament pour leur part une hausse plus importante : la CGT demande par exemple une hausse de 10% du salaire minimum.



















