Après les dommages tous accidents, c'est le sinistre le plus fréquemment couvert par les assurances automobiles : le bris de glace. France Assureurs dénombrait, en 2024, 62 sinistres de ce type pour 1 000 véhicules (contre 80 dommages tous accidents).

« C'est une garantie qui a le vent en poupe, avec un coût moyen en augmentation. Elle est présente dans toutes les formules, hors tiers simple : les formules tous risques et les formules intermédiaires », constate Jérémy Steinberg, cofondateur de la société Flitter. La garantie bris de glace était en effet présente sur 91,6% des 42,3 millions de contrats de véhicules assurés analysés par France Assureurs en 2024.

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Elle intervient généralement en cas de sinistre sur le pare-brise et la lunette arrière du véhicule, et parfois sur les phares, la fenêtre de toit ou encore les rétroviseurs.

Attention aux limites

Olivier Moustacakis, cofondateur d'Assurland, remarque ainsi « un grand écart selon les assureurs sur la définition du bris de glace. Chez certains, seul le pare-brise est couvert. Il faut regarder le périmètre dans le contrat, car on peut avoir des surprises ».

Par exemple, l'analyse des conditions générales de trois contrats proposés par la Macif, Axa et la Caisse d'Épargne montre des différences entre les éléments couverts. Un bris de glace sur les rétroviseurs ou sur les feux arrière n'est pas systématiquement pris en charge.

Bris de glace, quelle couverture ?
Éléments couvertsElements exclus

Macif auto

Pare-brise, glaces latérales, lunette arrière, projecteurs avant (phares, antibrouillards), feux diurnes avant, lunette du toit ouvrant.

Les pavillons panoramiques ouvrants ou fixes, les éléments transparents en matière souple.

Axa Mon auto

Pare-brise, vitre arrière, vitres latérales, toit ouvrant ou non, ensemble des feux avant.

L'ensemble des feux arrière, les miroirs des rétroviseurs extérieurs, tout autre élément en verre, glace ou verre organique.

Caisse d'Epargne assurance auto

Garantie bris de glace : le pare-brise, la vitre du toit ouvrant ou du toit panoramique, les vitres latérales, la lunette arrière, les blocs optiques avant, les vitres de protection des phares avant, les antibrouillards avant de série, les clignotants avant.

Garantie bris de glace renforcée : les rétroviseurs extérieurs complets (miroir et bloc), les blocs optiques arrière et les vitres de protection des feux arrière, les antibrouillards arrière de série.

Sauf en cas de garantie bris de glace renforcée : les rétroviseurs, les feux arrière, les clignotants arrière.

Toujours exclus : les dommages causés aux rétroviseurs intérieurs ; les dommages causés aux caravanes, aux remorques et aux appareils terrestres attelés.

Source : conditions générales des contrats, Macif auto janvier 2026 ; Axa Mon auto avril 2026 ; Caisse d'Epargne assurance auto janvier 2026

Une franchise, c'est-à-dire une somme qui reste à la charge de l'assuré, peut également s'appliquer en cas de sinistre. « Généralement, il n'y en a pas si une réparation suffit », renseigne Jérémy Steinberg.

Quel coût ?

Difficile de donner le coût de cette garantie, car elle est systématiquement intégrée à une formule d'assurance plus large. Selon les données de France Assureurs, en 2024, la prime moyenne hors taxe d'une assurance tous risques était de 563 euros, dont 56 euros pour le bris de glace (10,8%).

715 euros en moyenne pour un sinistre

Cette protection peut être bien utile. En 2024, le coût moyen d'un sinistre bris de glace s'établissait à 715 euros, selon les données de France Assureurs, soit 5,4% de plus que l'année précédente.

Une tendance à la hausse qui s'explique par l'inflation des pièces et de la main-d'œuvre, mais aussi par « les cadeaux fournis par certains réparateurs, qui sont un cas de dérive fréquent », note Jérémy Steinberg.

De nombreuses publicités mettent en avant des consoles, trottinettes électriques ou encore des places pour des parcs d'attractions, offertes pour tout remplacement de pare-brise. Or, ces cadeaux viennent souvent gonfler la facture de réparation et les assureurs répercutent cette hausse des coûts d'indemnisation sur les cotisations.

Un phénomène qui en pousse même certains à durcir les conditions de prise en charge. « À cause de ces offres promotionnelles des réparateurs, les assureurs obligent de plus en plus à une demande de prise en charge préalable pour analyser le devis, quand, auparavant, il suffisait d'aller chez le réparateur », analyse le cofondateur d'Assurland.

Autre conséquence : les rapprochements entre les assureurs et les réparateurs. La Macif a par exemple racheté Mondial Pare-Brise en 2023. Les assureurs incitent les assurés à se rendre dans des réseaux agréés, avec l'avantage d'interventions parfois plus rapides et sans avance de frais (sauf l'éventuelle franchise).

« Ils ont ainsi un contrôle sur la maîtrise des tarifs. Ils ne peuvent cependant pas les obliger puisque la loi prévoit le libre choix du réparateur », explique Olivier Moustacakis.

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