Ces ménages très modestes sont moins souvent couverts « malgré l'existence de la complémentaire santé solidaire (C2S) », dispositif gratuit ou à frais réduits destiné aux personnes à faibles ressources, qu'une partie des ménages éligibles ne demandent pas, observe dans cette étude la Drees, le service statistique des ministères sociaux.
Parmi les 20% de Français les plus modestes, le taux de non-couverture atteint aussi 7%. Ce taux atteint 11% chez les chômeurs et 10% chez les étrangers, ou encore 5% chez les ménages monoparentaux, contre 3% de l'ensemble des 16 ans ou plus en France (hors Mayotte), souligne l'étude. Les personnes reconnues en affection de longue durée (ALD) en revanche « ne renoncent pas davantage à la complémentaire santé que les autres, malgré un meilleur remboursement par l'Assurance maladie obligatoire des dépenses liées à leur maladie », ajoutent-ils.
Des contrats individuels plus chers
Concernant la population générale, la part de Français non-couverts « s'est considérablement réduite depuis 25 ans », passant de 13% en moyenne en 1996 à 3,4% en aujourd'hui (hors Mayotte) et elle est depuis 2010 « relativement stable voire en légère baisse ». Cette évolution s'explique par la mise en place de différents dispositifs, dont la CMU-C et l'ACS dans les années 2000, remplacées depuis par la C2S, puis à partir de 2016 la généralisation de la complémentaire santé d'entreprise, qui a réduit les inégalités parmi les salariés du privé, analyse l'étude.
En 2023, 44% de la population est couverte par un contrat d'entreprise ou de la fonction publique (74% parmi les salariés), 42% par un contrat individuel (91% parmi les retraités), 11% par la C2S (40% parmi les chômeurs). Les contrats individuels sont les plus chers, et concernent souvent les plus âgés, les chômeurs et jeunes en insertion.
L'absence de couverture « s'explique d'abord par des raisons financières », précise l'étude : une personne non-couverte sur trois déclare ainsi ne pas avoir les moyens de souscrire à une complémentaire santé. Par ailleurs, 15% des personnes non couvertes déclarent ne pas en avoir besoin, 12% être en cours d'adhésion, et 10% ne pas penser ou avoir le temps de souscrire. La « satisfaction vis-à-vis des remboursements varie fortement »: « Les souscripteurs de la C2S sont les plus satisfaits, tandis que les souscripteurs d'une complémentaire individuelle sont les moins satisfaits ».















