Chèque énergie, prime d'activité, allocation adulte handicapé... Il existe actuellement plus de 200 aides sociales en France. Et la liste pourrait bien s'allonger d'ici quelques semaines, puisqu'en plus de revisiter les prestations sociales existantes, plusieurs candidats envisagent de créer de nouvelles aides.

Championne de la fiscalité, la France est aussi le pays qui distribue le plus d'aides sociales. Les dépenses sociales publiques y représentent près d'un tiers du PIB (31%), loin devant la moyenne des autres pays développés (20%), estime l'OCDE dans son dernier rapport.

Pourtant, de nombreux Français peinent à joindre les deux bouts en fin de mois. Et selon l'Insee, 9,2 millions de personnes vivaient encore sous le seuil de pauvreté en 2019. Une situation à laquelle les candidats à l'élection présidentielle 2022 entendent bien remédier, notamment avec la création de nouvelles aides sociales.

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A gauche, le retour du revenu universel

Pour commencer, plusieurs candidats défendent l'idée d'un revenu universel, soutenue en 2017 par le candidat PS Benoît Hamon, ou, à défaut, d'un bouclier contre la grande pauvreté. L'écologiste Yannick Jadot propose ainsi un « revenu citoyen », qui serait « garanti automatiquement » et « versé dès 18 ans ». Son montant : 918 euros par mois, « grâce à un revenu de base relevé à 740 euros, cumulé avec les allocations logements et la prime d'activité », explique le candidat Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Philippe Poutou, à la tête du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), promet quant à lui de créer un « présalaire d'autonomie » pour « se loger, s'émanciper de ses parents, choisir et apprendre un véritable métier, ne pas être obligé d'accepter n'importe quel job ». Les ayants-droit, dont la tranche d'âge n'est pas précisée dans le programme de Philippe Poutou, toucheraient 75% du SMIC, que le candidat promet de revaloriser à 1 800 euros, soit 1 350 euros par mois. Le coût de la mesure est estimé à 110 milliards d'euros par an, d'après le NPA. « Ce nouveau revenu viendra en remplacement des bourses et allocations actuelles » complète Philippe Poutou.

Mais c'est Nathalie Arthaud qui se montre la plus généreuse. La candidate trotskiste indique qu'à son sens « aucun salaire, aucune allocation, aucune pension ne doit être inférieur à 2 000 euros par mois », sans toutefois donner plus de précisions.

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Carton plein pour les jeunes

En 2022, l'Insee recense plus de 7,6 millions de jeunes âgés de 20 à 29 ans. Un enjeu électoral fort pour les candidats, d'autant que les jeunes sont également l'un des classes d'âge les plus durement touchées par la pauvreté. Toujours selon l'Insee, 12,5% des 18-29 ans vivaient sous le seuil de pauvreté en 2019.

Ce n'est donc pas un hasard si Jean-Luc Mélenchon leur dédie un livret entier de son programme « L'Avenir en commun ». Parmi les propositions que défend le candidat de La France Insoumise (LFI), la création d'une « garantie d'autonomie » dont le montant serait indexé sur le seuil de pauvreté, soit 1 102 euros par mois. Cette aide s'adresserait aux jeunes de 18 à 25 ans, à condition qu'ils soient détachés du foyer fiscal de leurs parents, et qu'ils suivent une formation.

Dans la même veine, Fabien Roussel propose un « revenu minimum étudiant » de 850 euros par mois, et jusqu'à 1 000 euros « pour les jeunes des milieux les plus modestes ». Le candidat du Parti Communiste Français (PCF) se dit également favorable à la création d'un « RSA jeunes », aujourd'hui réservé aux 18-25 ans justifiant d'une certaine durée d'activité professionnelle, mais n'y voit cependant qu'une réponse temporaire. « Mon ambition pour le pays, ce n'est pas de proposer le RSA comme horizon aux jeunes », nuance-t-il.

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Toujours à gauche, Anne Hidalgo soutient la mise en place d'un « minimum jeunesse » sous conditions de ressources. Le programme de la candidate PS ne précise toutefois pas le montant de cette nouvelle prestation. « Ce droit sera assorti d'un accompagnement garanti vers l'emploi, la qualification et l'autonomie », indique Anne Hidalgo, qui promet en outre « une dotation en capital » de 5 000 euros à tous les jeunes atteignant 18 ans, afin de financer leurs « projets professionnels et personnels ».

A droite de l'échiquier politique, Valérie Pécresse, actuellement en cinquième position dans les sondages, souhaite créer un « revenu jeune actif » de 670 euros par mois pour les 18-25 ans qui acceptent de s'engager « dans une formation dans les métiers en tension ». Marine Le Pen envisage quant à elle de créer un chèque-formation mensuel de 200 à 300 euros pour les apprentis et les alternants. La candidate d'extrême-droite promet par ailleurs d'exonérer d'impôt sur le revenu les jeunes actifs de moins de 30 ans.

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Aides parentales

Si les candidats sont nombreux à partager l'idée d'un revenu universel ou de nouvelles aides pour les jeunes, d'autres se singularisent par des propositions qui sortent davantage des sentiers battus. C'est notamment le cas d'Éric Zemmour. Le polémiste s'engage ainsi à verser « une bourse de naissance de 10 000 euros » pour « chaque nouvel enfant né dans une famille de la France rurale ». Coût de la mesure : 2 milliards d'euros, selon le candidat du parti Reconquête.

Toujours sur le volet des aides parentales, Anne Hidalgo promet que « toute famille aura droit à une place en accueil collectif et, à défaut, recevra une aide financière pour compenser le coût d'une garde à domicile ou par un assistant maternel ». Sur un tout autre registre, Fabien Roussel annonce pour sa part la gratuité des protections hygiéniques, avec la mise en place de distributeurs financés par l'Etat « dans tous les lieux et établissements publics » afin de lutter contre la précarité menstruelle.

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