Que vient donc faire lassureur sur ce terrain ? Pascal Demurger a fourni une partie de la réponse le 9 juin dernier, à loccasion dune communication sur la stratégie numérique de la MAIF. Le directeur général a affirmé sa volonté de faire du groupe mutualiste une « nouvelle plate-forme digitale de confiance » pour ses clients, avec un investissement de 200 millions deuros à la clé.
Un pan de cette nouvelle stratégie concerne ce que la MAIF appelle le « Self Data », cest-à-dire la possibilité offerte à ses clients de reprendre le contrôle de leurs données personnelles, notamment bancaires, lassureur se posant en garant de la protection de ces données. MAIF Avenir, son fonds dinvestissement, vient dailleurs dinvestir dans Cozy Cloud, une start-up française spécialisée sur le sujet.
La MAIF se pense en « néo-banque »
Mais encore faut-il, pour la MAIF, accéder à ces données. Cest tout lintérêt de Nestor, testée depuis hier par des salariées de lenseigne, et qui sera disponible pour le grand public début novembre. Lapplication web et mobile est en fait un service dagrégation de comptes, comme en proposent déjà deux fintechs, Bankin et Linxo. Cest dailleurs la seconde qui fournit, en marque blanche, la technologie permettant dimporter et de consolider dans une même interface les données issues de différents comptes courants et dépargne, détenus dans plusieurs enseignes.
Plus que le service en lui-même, cest le fait que la MAIF le propose qui fait son originalité. Hors fintechs, seule la banque en ligne Boursorama Banque avait jusquici osé proposer une telle fonctionnalité à ses clients. Le pari de la MAIF est toutefois différent : elle ne compte pas proposer de compte courant, mais table sur son image de « marque reconnue et inspirant confiance » pour devenir « linterlocutrice privilégiée de la relation bancaire et financière » de ses clients.
Une « néo-banque », pour reprendre la terminologie utilisée par lassureur convaincu que ce type de service « va progressivement simposer comme une nouvelle alternative face aux banques traditionnelles et aux banques en ligne ». La MAIF, d'ailleurs, ne semble pas vouloir se contenter dun simple agrégateur, mais promet que Nestor va « senrichir très rapidement et progressivement de services et de fonctionnalités spécifiques ». A suivre.
















