Le candidat En Marche et la candidate du Rassemblement national s'opposeront à nouveau dimanche 24 avril lors du second tour de l'élection présidentielle. MoneyVox a comparé les propositions d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen pour réformer les retraites.

Les urnes ont rendu leur verdict. Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'affronteront le 24 avril lors du second tour de la présidentielle. Et s'il y a une réforme d'ampleur qui oppose les candidats En Marche et Rassemblement national (RN), c'est celle des retraites. Dès son entrée en campagne, le président-candidat en a fait son principal cheval de bataille et annoncé quel serait son premier chantier : un report progressif de l'âge légal, quarante années exactement après le vote du départ à 60 ans sous la présidence de François Mitterrand. « Nous allongerons de manière progressive l'âge légal, environ 4 mois par an, détaille-t-il dans Le Télégramme le 4 avril. D'après l'UFC-Que Choisir, la première génération impactée par cette réforme serait celle de 1961.

Macron : départ à 64 ou 65 ans, pension minimum à 1 100 euros

Alors qu'il a renoncé à modifier le système de retraite (principe à points), jouer sur l'âge de départ est une évolution importante du projet porté, puis enterré en raison de la crise sanitaire, par Emmanuel Macron entre 2018 et 2019. « La population française vieillit, il est normal de travailler plus », s'est-il justifié. Selon les données de l'Insee, l'espérance de vie des femmes est passée de 84,3 ans en 2008 à 85,4 ans en 2021. Pour les hommes, l'augmentation a été un peu plus importante en passant de 77,6 ans en 2008 à 79,3 ans en 2021. Les carrières longues et les métiers pénibles seront pris en compte.

Mais alors qu'il s'était montré affirmatif sur la nouvelle barrière - 65 ans - avant le premier tour, Emmanuel Macron a ouvert la porte à une négociation lundi 11 avril. « Je suis prêt à bouger le rapport au temps si je ressens trop d'angoisse (...) Les 65 ans ne sont pas un dogme. » Un message qui ressemble à une main tendue vers les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo dans la dernière ligne droite. Le président a également ouvert la porte à un référendum sur le sujet.

« Entretenir un tel flou à dix jours du second tour, c'est une nouvelle fois faire preuve de mépris à l'égard des Français », a rétorqué Marine Le Pen mardi sur TF1.

Présidentielle : qui veut augmenter les retraites ?

Cette réforme Macron mettra également en place une retraite minimale de 1 100 euros après une carrière pleine et la suppression de certains régimes spéciaux (EDF, SNCF) pour les nouveaux entrants mais pas celui des fonctionnaires dont la retraite se calcule sur les six derniers mois travaillés.

Plus largement, il n'est plus question de créer un régime universel de retraite. Emmanuel Macron a également annoncé vouloir « faire évoluer les dernières parties de carrière » en développant la possibilité de cumul emploi-retraite.

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Et surprise de dernière minutes, sur TF1 mercredi, le chef de l'Etat a annoncé un geste envers les retraités dont les pensions seraient indexées dès cet été, et non le 1er janvier prochain.

Le Pen : départ à partir de 60 ans et jusqu'à 67 ans

Selon Marine Le Pen, avec « Emmanuel Macron c'est toujours au peuple de se sacrifier » et de travailler plus pour financer le régime déficitaire des retraites. La candidate du RN défend la liberté de « pouvoir partir à la retraite à 60 ans lorsque l'on a quarante annuités et que l'on a commencé à travailler entre 17 et 20 ans. » Un changement de ligne majeur chez Marine Le Pen qui défendait en 2012 et 2017 la retraite pour tous, à taux plein, dès 60 ans.

Avec son nouveau projet de réforme, plus on entre tard dans la vie active, plus on travaille longtemps car des trimestres supplémentaires seront attendus de manière progressive entre 2022 et 2026. En commençant à travailler à partir de 25 ans, la retraite à taux plein sera possible après 42 annuités, soit un départ à 67 ans. En cas d'élection, elle s'est engagée à ne pas aller au-delà et ne s'est pas prononcée sur les régimes spéciaux. A l'heure actuelle, il est possible de partir avec une retraite à taux plein après 43 années de cotisations pour les personnes nées à compter de 1973.

Minimum vieillesse revu à la hausse

Pour les personnes âgés qui ne peuvent pas bénéficier d'une pension de retraite complète, la candidate RN Marine Le Pen défend également la mise en place d'un minimum vieillesse de 1 000 euros.

Au 1er janvier 2022, l'allocation de solidarité aux personnes âgées est de 916,78 euros pour une personne seule et 1 423,31 euros pour un couple. Le versement de cette somme fait l'objet d'un encadrement strict. Toutes les ressources du foyer, à l'exception de certaines allocations et prestations sociales, sont prises en compte pour déterminer l'éligibilité, comprenant à la fois celle du retraité, de son conjoint et éventuellement celles des personnes à charge.

Même s'il s'agit d'un pas de côté avec la retraite, Marine Le Pen se distingue de son adversaire en militant pour le rétablissement de la demi-part fiscale des veufs et veuves. Une abrogation qui date de la loi de Finances 2009 lorsque Nicolas Sarkozy était à l'Elysée et François Fillon à Matignon. La possiblité de bénéficier d'une pension de retraite de réversion avec effet immédiat sur les impôts, joue donc sur les revenus annuels des retraités.