Candidat à sa réélection, Emmanuel Macron vient de dévoiler les grands axes de son programme pour l'élection présidentielle. Voici les mesures qui pourraient toucher directement vos finances.

Retraites : le recul progressif à 65 ans confirmé

Sans surprise, Emmanuel Macron relancera, en cas de victoire le 24 avril prochain, la réforme des retraites stoppée par la pandémie de Covid. Avec, en vitrine, un recul progressif de l'âge légal à 65 ans, contre 62 ans actuellement. « La population française vieillit, il est normal de travailler plus » a justifié le candidat. Les carrières longues et les métiers pénibles seront pris en compte, a-t-il précisé.

Faisant du « travailler plus » un des axes de sa campagne, Emmanuel Macron a également annoncé vouloir « faire évoluer les dernières parties de carrière » en développant la possibilité de cumul emploi-retraite. Les « mécanismes de départ progressif vers la retraite » seraient simplifiés, tandis les retraités seraient incités à poursuivre une activité professionnelle, en leur permettant de continuer « à cotiser et à gagner des droits à cotisation, qui est une des faiblesses du système de cumul actuel (...) ».

Impôts : un allègement des frais de succession

C'est un des rares sujets qui a vraiment décollé depuis le début de la campagne : les frais de succession. Tous les candidats ou presque ont proposé de revoir le régime actuel.

Comme attendu, Emmanuel Macron ne fait pas exception. « Pour tenir compte de l'évolution des prix de l'immobilier », a-t-il justifié, le montant de l'abattement fiscal pour les successions en ligne directe passerait de 100 000 euros actuellement à 150 000 euros.

Le candidat a également annoncé vouloir favoriser les héritages en ligne indirecte, en prévoyant un abattement de 100 000 euros sur les successions aux neveux ou nièces, petits-enfants ou, dans le cas d'une famille recomposée, aux enfants des conjoints. « Je défends la réforme que je viens de vous présenter comme une réforme qui permet de transmettre les fruits de son travail », a expliqué Emmanuel Macron.

C'est confirmé : s'il est réélu, Emmanuel Macron modifiera le mode de financement de l'audiovisuel public en supprimant la redevance de 138 euros actuellement réglés chaque année par les ménages. Qu'est-ce qui la remplacera ? Le candidat est resté assez flou sur le sujet.

Au total, le programme d'Emmanuel Macron prévoit des baisses d'impôts de l'ordre de 15 milliards d'euros par an, bénéficiant pour moitié aux ménages et pour moitié aux entreprises.

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Le plafond de la « prime Macron » relevé à 3 000 euros

La « prime exceptionnelle de pouvoir d'achat », créée en réponse à la crise des Gilets Jaunes, permet aux employeurs de verser un bonus exonéré d'impôt et de cotisations sociales aux salariés gagnant jusqu'à trois Smic. A l'heure actuelle, cette prime peut atteindre 1 000 euros, voire 2 000 euros par salarié en cas d'accord d'intéressement signé au sein des entreprises ou si la structure a moins de 50 salariés. Le candidat Macron promet de porter ce plafond à 3 000 euros s'il est réélu.

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En 2019, près de 5 millions de salariés ont reçu cette « prime Macron ». Ils étaient plus de 6 millions en 2020 et 4 millions en 2021.

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Des minima sociaux « à la source », sur le modèle de l'impôt

Le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu fait partie des réformes saluées par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse. C'est aussi l'inspiration d'une autre réforme annoncée, consistant cette fois à simplifier l'accès aux aides sociales. Le candidat propose en effet de verser ces aides « à la source », de manière automatique, au bénéfice de « 20 millions de Français » qui touchent le RSA, la prime d'activité, des aides au logement ou des allocations familiales. Il veut également augmenter de 50% l'allocation de soutien familial pour les mères célibataires, en la passant de 116 euros à 174 euros.

Cette « solidarité à la source » aurait deux objectifs. Le premier : limiter les cas de non-recours. Selon une récente étude, ce sont près de 10 milliards d'euros d'aides sociales qui ne sont pas réclamés chaque année par leur potentiel bénéficiaire, notamment en raison de la complexité des démarches d'accès. Le système actuel est « ubuesque » et « injuste », a sanctionné Emmanuel Macron.

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Mais cette réforme annoncée a un autre pendant : la lutte contre la fraude. Emmanuel Macron compte en effet sur cette réforme pour faire baisser le montant de la fraude aux prestations sociales. Un montant que la Cour des Comptes n'est pas parvenu à évaluer en 2020. Un ordre d'idées tout de même : en 2019, les organismes sociaux ont détecté un milliard d'euros de préjudices subis ou évités.

L'accès au RSA sous condition d'activités

Parmi les points communs entre le programme d'Emmanuel Macron et celui de la candidate de la droite républicaine, Valérie Pécresse, figure le durcissement de l'accès au revenu de solidarité active. En cas de victoire à l'élection du 24 avril, Emmanuel Macron conditionnera l'ouverture de ce droit à « l'obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine pour une activité permettant d'aller vers l'insertion professionnelle ». « Oui, il faut des prestations monétaires mais il faut, en plus de ça, reconnaître la dignité de chacun, demander une part d'effort pour toutes celles et ceux qui le peuvent », a développé le candidat.