Créé en 2003, le Plan dépargne retraite populaire (Perp) a connu son heure de gloire au milieu des années 2000. Les banques, très volontaristes, ont ainsi ouvert, entre 2004 et 2006, près de 2 millions de Perp (1) à des épargnants appâtés par la perspective dun complément de retraite constitué grâce à un avantage fiscal non négligeable, bien que surtout intéressant pour les personnes significativement imposées (2).
Résultat : « De nombreux Perp ont été souscrits par des personnes qui nauraient pas dû [le faire], au regard de leur situation personnelle et de la composition de leur patrimoine et de leurs revenus », peut-on lire dans létude dimpact de la loi Sapin II. « Ils se sont contentés de modestes versements lors de la souscription de leur Perp (entre 1.500 et 2.000 euros), ensuite interrompus pendant plusieurs années. »
Un Perp très contraignant
De nombreux détenteurs de ces « mini-Perp », certains confrontés à des difficultés financières, ont depuis tenté de récupérer les sommes placées. Leurs demandes, explique létude dimpact, représentent même « environ 50% des lettres de particuliers concernant des produits dassurance sur la vie reçues par le bureau des marchés et produits dassurance » de la Direction générale des Finances publiques en 2014.
Mais le Perp est un produit très contraignant, qui bloque largent placé jusquà la retraite, sauf en cas d'accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, etc.). Et après le départ en retraite, la sortie se fait nécessairement en rente, si le montant annuel de la rente atteint un minimum de 480 euros et à deux autres exceptions près : la sortie en capital est autorisée à hauteur de 20% des sommes épargnées au moment du départ en retraite, et à hauteur de 100% en cas dacquisition de sa résidence principale.
Une ordonnance attendue
Le gouvernement, avec l'accord du Parlement, devrait faire un pas vers ces petits épargnants « piégés » en créant un nouveau cas de déblocage anticipé des Perp peu alimentés. Objectif affiché : offrir un « supplément de pouvoir dachat aux personnes en difficulté financière souhaitant récupérer les sommes versées sur leur Perp ». On nen sait pas beaucoup plus dans limmédiat. Le projet de loi Sapin II se contente en effet dhabiliter le gouvernement à agir par ordonnance, dans les six mois suivant la date de publication de la loi, et ne dévoile pas les contours précis du futur dispositif. Quel sera le seuil de montant autorisant le déblocage ? Les épargnants devront-ils justifier de difficultés financières ? Que vont devenir les avantages fiscaux déjà obtenus ? Ces questions n'ont pas encore eu de réponse. Affaire à suivre.
(1) Source : FFSA
(2) Les montants versés sur un PERP sont déductibles du revenu imposable. Lire à ce sujet : fonctionnement des contrats PERP.















