« Environ une prestation de retraite nouvellement attribuée sur neuf a été affectée d'au moins une erreur de portée financière en 2025, contre près d'une sur dix en 2024. » Voici l'un des constats réalisés par la Cour des comptes dans un rapport concernant la certification des comptes du régime général de la Sécurité sociale.

D'après ce rapport repéré par Les Echos, en 2025, 956 280 prestations ont été attribuées, avec 167,3 milliards d'euros de charges de prestations légales vieillesse cette même année. « La branche vieillesse a faiblement réduit le nombre d'erreurs de liquidation et l'incidence financière de celles-ci. Cette dernière peut ainsi être estimée à 1% du montant des prestations liquidées, comme en 2024 », est-il précisé.

Ce montant pourrait toutefois être sous-estimé : « Les erreurs portant sur les prestations au titre des droits propres des travailleurs indépendants ne peuvent être que partiellement identifiées (...) En outre, la mesure exclut de son périmètre les prestations liquidées par les caisses d'outre-mer en raison de la taille insuffisante de leur échantillon. »

Majorations en attente

La Cour des comptes constate que la majorité de ces erreurs (...) augmente lors de la liquidation provisoire des droits propres (mécanisme qui permet de calculer une prestation de retraite sans détenir l'ensemble des pièces justificatives).

Le taux d'erreur est également important lors des révisions de droit dérivé (pension de réversion) : 11,5%, de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) : 9,9% ou des droits propres : 7,1%. Par ailleurs, près d'une révision de droit personnel sur sept effectuée dans l'Outil retraite « comporterait une erreur de portée financière en faveur ou au détriment des assurés (...) dans 14,8% des cas en 2025, contre 13,3% en 2024 ».

La Cour des comptes précise aussi que « le nombre de majorations en attente de calcul, pour les travailleurs salariés et les travailleurs indépendants, au titre de la pension de réversion (1,5 million à fin novembre 2025) et au titre du minimum contributif (0,7 million à la même date) est stable mais demeure élevé ».

Données de carrière erronées

Le rapport relève également « des risques d'erreurs » sur « les données de carrière à l'origine des droits à retraite des assurés », que ce soit lors de l'alimentation par les employeurs, les travailleurs indépendants ou les organismes sociaux, ou lors de la régularisation de carrière.

« Plus de la moitié des erreurs définitives après contrôle interne affectant les prestations mises en paiement continue de provenir de données de carrière absentes ou erronées. »

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