L'essentiel

  • La suspension de la réforme des retraites en France est prévue pour septembre 2026.
  • Un décret propose de nouvelles adaptations pour les carrières longues, incluant l'ajustement de l'âge minimal de départ à la retraite.
  • L'Assurance retraite estime que la suspension bénéficiera à 2,2 millions de personnes, avec une pension légèrement supérieure pour environ 1 million d'entre eux.

Les conséquences de la suspension de la réforme des retraites continuent de se préciser. Pour rappel, afin de laisser un délai d'adaptation aux caisses de retraite, l'entrée en vigueur de cette suspension est programmée au 1er septembre 2026. Voici l'impact pour les départs à l'âge légal [simulateur ci-dessous].

Suite à la suspension de la réforme, à quel âge pourrai-je partir à la retraite ? *

Age légal de départ à la retraite **
Nombre de trimestres requis ** --
Âge du taux plein automatique ** 67 ans

* A compter du 1er septembre 2026, la suspension temporaire de l'application de la réforme des retraites modifiera âge légal et trimestres à justifier pour les générations 1964 et suivantes.
** Source : projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Sous réserve de l'adoption du texte par le Parlement.

NB : Il s’agit d’un simulateur simplifié qui présente les cas généraux avec prise en compte de la suspension temporaire de la réforme. Pour une simulation personnalisée, mais sans prise en compte du décalage dû à la suspension, rendez-vous sur le simulateur du site info-retraite.

Retraites : ce simulateur officiel prend déjà en compte la suspension de la réforme

C'est pour les carrières longues qu'une nouveauté vient d'apparaître. Un projet de décret consulté par Ouest-France dévoile les changements prévus pour les départs anticipés pour carrières longues, concernant les âges minimaux de départ ainsi que la durée de cotisation.

Ce qui change pour l'âge minimum de départ en carrière longue

Pour rappel, le départ anticipé en carrière longue concerne en grande majorité les personnes ayant cotisé suffisamment de trimestres l'année de leurs 20 ans (4 ou 5 trimestres, selon leur date de naissance, avant la fin de l'année) et prévoit du changement par rapport aux précédentes annonces du gouvernement, notamment pour l'âge minimum de départ.

« Certains étaient même déjà partis à la retraite »

Les générations 1964 et 1965 ne gagnent plus un trimestre : leurs âges minimaux de départ restent à 60 ans et six mois pour les premiers et à 60 ans et neuf mois pour les seconds. Dans les faits, l'entrée en vigueur de la suspension repoussée à septembre 2026 privait déjà certaines carrières longues de ces départs avancés. C'est ce qu'explique Claude Wagner, de la CFDT-Retraités, dans Ouest-France : « L'abaissement de l'âge d'un trimestre ne leur apportait pas de gain, vu la date, tardive d'entrée en vigueur de la loi. Certains étaient même déjà partis à la retraite. »

Il y a une exception pour ceux qui sont nés en décembre 1965. Leur âge minimal de départ est fixé à 60 ans et huit mois. Objectif, leur permettre un départ à la retraite dès le 1er septembre. Les générations 1966 à 1970 gagnent quant à elles un trimestre d'âge minimum.

Carrière longue : « La suspension décalée au 1er septembre me pénalise. Je serai indemnisé ? »

Quelle durée cotisée ?

Pour la durée cotisée, c'est-à-dire le nombre de trimestres à travailler pour pouvoir partir en anticipé, en revanche, pas de changement par rapport aux annonces. Ceux qui sont nés entre 1964 et 1965 gagnent un trimestre par rapport à la réforme de 2023. Sauf ceux qui sont nés au premier trimestre 1965 : ils gagnent deux trimestres.

Combien de trimestres pour un départ anticipé, ou pour une retraite à taux plein ?
Année de naissanceTrimestres requis
1963170 trimestres
42 ans, 6 mois
1964
170 trimestres
42 ans, 6 mois
1965 (janvier - mars)
170 trimestres
42 ans, 6 mois
1965 (avril - décembre)
171 trimestres
42 ans, 9 mois
1966 et suivantes172 trimestres
43 ans

Source : amendement gouvernemental au PLFSS 2026. Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

L'Assurance retraite estimait en février que la suspension bénéficierait à 2,2 millions de personnes. « Près de 1,2 million d'assurés anticiperaient leur départ, d'environ trois mois en moyenne ». Et « environ 1 million de personnes percevraient une pension légèrement supérieure, notamment grâce à une amélioration de la proratisation, à une diminution de la décote ou à une augmentation de la surcote ».