PEL : choix naturel, mais pertinent ?
Plan dépargne-logement. A limage du CEL (Compte dépargne-logement), le nom du PEL en fait le produit dédié à lachat immobilier. Mais le PEL a perdu tous les atouts qui en ont fait un « tube » lors des années 2014-2016. Le taux garanti de 2,50%, labsence dimpôt sur le revenu, léventualité dune prime dEtat : à oublier ! Ouvrir un PEL aujourdhui, cest un taux de rémunération brut de 1%, soumis à limpôt sur le revenu dès la première année soit 0,70% « net » avec la flat tax -, et sans possibilité dobtenir une prime dEtat, supprimée en 2018.
Malgré tout, le dernier rapport de lObservatoire de lépargne réglementée (OER) recense 700 000 ouvertures de PEL en France en 2018. Et 1,7 million en 2017, alors que le taux était déjà tombé à 1%. LOER constate certes que la tendance est aux fermetures de PEL - 1,1 million de PEL en moins en 2018 mais certains Français souscrivent toujours ce produit dépargne-projet.
A raison ? Actuellement, ouvrir un PEL en vue dun projet immobilier na quun très faible intérêt. Sa rémunération nette (0,70%) est inférieure à celle du Livret A (0,75%) alors quil est nécessaire de bloquer son épargne pendant 2 ans minimum pour bénéficier de ce taux. Quid des droits à prêt du PEL ? Le taux du prêt PEL est de 2,20% pour les nouveaux plans : un taux bien supérieur à ceux pratiqués pour le crédit immobilier ! Sauf rebond des taux, aujourdhui improbable, le prêt PEL nest donc pas à conseiller.
En revanche, si vous possédez un « vieux » PEL rémunéré à 2% voire 2,50%, non soumis à limpôt sur le revenu jusquà son 12e anniversaire, vous pouvez profiter de laubaine pour y placer une partie de votre épargne en vue de lachat. Tout dépend si vous avez besoin de cette épargne pour votre projet immobilier : si vous pouvez vous passer du pécule épargné sur votre PEL à 2,50%, vous avez probablement intérêt à conserver ce plan durablement. Car tout déblocage est définitif.
Verdict : ouvrir un PEL en vue dun achat immobilier est à déconseiller. Abonder un « vieux » PEL bien rémunéré peut être une bonne option, si vous prévoyez dans tous les cas de casser votre plan pour votre projet immobilier.
Assurance vie : latout souplesse
Lentrée en vigueur de la flat tax rompt limage dun produit de moyen voire de long terme : souscrire une assurance vie pour retirer son argent 2 ou 3 ans plus tard, au moment de lachat immobilier, nest pas pénalisant, fiscalement parlant. Cest le prélèvement forfaitaire unique (17,2% de cotisations sociales + 12,8% dimpôt sur le revenu, soit 30% au total) qui sapplique à vos gains, pour tout retrait avant 8 ans de détention. Comme pour la quasi totalité des produits dépargne.
Par ailleurs, lassurance vie permet deffectuer des retraits partiels, et les fonds sont disponibles en une semaine, ou une quinzaine de jours en cas de clôture du contrat, après la demande à lassureur. A défaut dêtre totalement « liquide », comme un livret, lassurance vie a lavantage de la souplesse.
Attention toutefois à bien choisir le contrat et les supports financiers : si votre objectif est de retirer votre mise dans 2 à 3 ans, mieux vaut parier à 100% sur le fonds en euros (support sans risque, avec une garantie en capital). Et mieux vaut éviter les contrats prévoyant des frais dentrée ou de versement, qui rogneraient le peu de gains envisageables sur cette courte période.
Verdict : un placement adéquat pour un projet dachat immobilier, à condition toutefois de choisir son assurance vie en conséquence. Deux critères : un fonds en euros rémunérateur et un contrat à frais réduit.
Compte à terme : lalternative oubliée
Lorsquil sagit dégrainer les placements disponibles, les comptes à terme (CAT) napparaissent pas comme une évidence. Pourtant, pour un projet dacquisition de résidence principale, sur un horizon de 2 ou 3 ans, le compte à terme répond aux critères : une somme immobilisée jusquà lachat, placée sur un support sans risque, dont la rémunération est connue à l'avance.
Malheureusement, le taux de rémunération moyen des CAT décolle rarement au-delà de 1% sur la durée globale du placement. Et une contrainte subsiste : il faut décider dès la souscription de la durée du CAT, alors quun projet immobilier peut prendre du temps ou subitement se concrétiser. Deux exceptions, dans le paysage des comptes à terme : les CAT des banques filiales des constructeurs automobile, accessibles en complément de leurs livrets d'épargne. Le CAT Distingo, de PSA Banque, et Pepito, de RCI Bank and Services, affichent tous deux une rémunération progressive, qui augmente chaque trimestre. Jusqu'à 1,50% brut garanti sur 3 ans pour Pepito, le plus rentable des deux sur cette durée. Les gains sont là encore soumis à la flat tax.
Verdict : une alternative parfois intéressante au fonds en euros de lassurance vie.
Livrets dépargne : en cas de projet à très court terme
Un Livret A et un LDDS, par exemple, peuvent vous permettre daccumuler jusquà 34 950 euros de dépôts, rémunérés à 0,75% net de toute fiscalité. De quoi présenter un petit apport personnel, en sachant toutefois que la banque tiendra à ce que vous conserviez un matelas dépargne de précaution.
Verdict : à utiliser en complément dun compte à terme ou dune assurance vie, en cas de projet dacquisition pouvant se concrétiser rapidement.
Placements risqués : en cas de projet à long terme
Investir en actions ou sur des fonds dinvestissement pour sacheter sa résidence principale ? Pourquoi pas, mais à condition de prendre des risques mesurés, et si votre projet immobilier sinscrit plutôt sur le long terme, sur un horizon supérieur à 5 ans par exemple. Car lépargne placée sur un PEA, un compte-titres ou même sur les unités de compte de lassurance vie (sans garantie en capital) peut vous générer des plus-values comme perdre une partie de sa valeur. Risqué !
A noter : lépargne salariale placée sur un Plan dépargne entreprise (PEE) peut être débloquée en cas dacquisition de la résidence principale. Si vous possédez un PEE, veillez éventuellement à sécuriser votre allocation à lapproche de lachat immobilier, afin de vous assurer du montant disponible.
Verdict : à éviter, sauf pour un projet à long terme. Ou pour une petite partie de votre épargne.
Lapport personnel est-il vraiment nécessaire pour emprunter ?
Est-ce nécessaire de séchiner à se constituer un important apport personnel, ou faut-il uniquement veiller à maintenir son compte courant à flot pendant plusieurs mois afin de présenter un profil de « bon client » à la banque ? En cette période de baisse des taux demprunt, et dallongement des durées de prêt, jusquà 25 ans ou plus, le taux dapport personnel est clairement en baisse. Selon le régulateur bancaire (ACPR), les emprunteurs financent actuellement plus de 87% de leur acquisition via un prêt bancaire. Autrement dit, lapport représente moins de 13% de la valeur du bien immobilier. Contre 21% en 2012 ! Toujours selon lACPR, en 2018, les ménages qui deviennent propriétaires pour la première fois - « primo-accédants » - affichent un « taux dapport » inférieur à 10% !
« Les taux dapport personnel descendent à des niveaux jamais observés »
Lobservatoire Crédit Logement-CSA, référence du secteur, confirme : « Les taux dapport personnel des emprunteurs descendent en effet à des niveaux jamais observés par le passé : les établissements bancaires peuvent ainsi répondre à la demande de ménages jeunes et/ou modestes, faiblement dotés en apport personnel, et qui nauraient pu sans cela réaliser leurs projets immobiliers, même aux conditions de crédit exceptionnelles qui leur sont proposées. »
Nul besoin, donc, de présenter un apport personnel conséquent avant de vous lancer dans votre projet immobilier. Mais attention ! « Les écarts de taux entre les profils se creusent à nouveau », prévient Sandrine Allonier porte-parole de Vousfinancer. « Une banque vient même de décider de ne plus prendre les dossiers sans apport dans certaines régions, jusqu'à mi-septembre, avec prolongation possible Les banques ciblent toutes les clients haut-de-gamme. » Bref, un apport conséquent nest pas nécessaire mais il reste important de prévoir un pécule suffisant pour couvrir les frais dacquisition (ou « frais de notaire ») et pour conserver un matelas dépargne de précaution (3 à 6 mois de revenus). Surtout si vous présentez un dossier prévoyant un taux dendettement proche du fameux « seuil des 33% ».



















