Ce nest pas la polémique « flat tax » qui est dans le viseur de lassociation Finansol, regroupant la majeure partie des acteurs de lépargne solidaire, mais la réforme de lISF. Pour rappel, à compter de 2018, lISF doit être remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), recentré comme son nom lindique sur le seul patrimoine immobilier.
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Conséquence de ce recentrage : les dispositifs de défiscalisation ISF deviennent caducs. Le projet de loi pour 2018 prévoit tout de même une exception pour les dons aux uvres dintérêt général, qui ouvriront toujours droit à une réduction dIFI de 75%. En revanche, lISF-PME, qui permet dimputer 50% des investissements réalisés en direct dans les PME, disparaît. Problème pour la finance solidaire : les entreprises agrées solidaires dutilité sociales (ESUS) peuvent faire profiter leurs actionnaires de ce même dispositif.
« Larrêt de mort des entreprises solidaires »
Dans un communiqué daté du 23 octobre, Finansol cite 27 de ses membres potentiellement touchés par cette mesure, parmi lesquels La Nef, Habitat et Humanisme, ou la Fondation Abbé Pierre et le Secours catholique via leurs foncières : « Pour eux, ce mode de financement est indispensable pour renforcer leurs fonds propres, ressources dont le secteur manque cruellement, afin dacheter des logements et de les proposer à des personnes en très grande précarité. En ne maintenant pas les incitations fiscales à lactionnariat solidaire à loccasion de la transformation de lISF en IFI - alors quelle les a maintenues pour le don -, lAssemblée nationale signe larrêt de mort des entreprises solidaires qui ont besoin de lever beaucoup de fonds propres. » Finansol appelle donc le Parlement à maintenir « les mesures en vigueur en faveur de lactionnariat solidaire ».
La suppression de lISF-PME fait déjà polémique en elle-même, au-delà du cercle de lactionnariat solidaire. En compensation, une augmentation de la réduction dimpôt sur le revenu pour linvestissement en direct dans les PME, appelé dispositif IR-PME ou « Madelin », actuellement limité à 18% et soumis au plafond des niches fiscales de 10 000 euros, est en discussion à lAssemblée.


















