Le projet de loi pour la croissance et lactivité, dite loi Macron, ne comprenait selon le dossier de presse que les « premières mesures » de « la réforme de lépargne salariale » : alignement de modalités relatives à lintéressement et à la participation, reconduction facilitée des accords dintéressement et simplification de la mise en place du Perco (Plan dépargne pour la retraite collectif). Ce volet du projet de loi Macron a vocation à être très largement « enrichi » par voie damendements au cours des débats parlementaires.
« Certaines de nos propositions ont déjà reçu laccord du gouvernement, dautres le gênent, certaines réclament une expertise », soulignait début décembre sur cBanque Christophe Castaner le député PS ayant mené la réflexion au sein du Copiesas, le comité chargé délaborer des propositions de réforme. Les premiers arbitrages ont donc été pris. Sur les 14 amendements adoptés en commission spéciale croissance et activité, 12 sont portés par le rapporteur général du projet de loi, Richard Ferrand (PS) et Christophe Castaner, devenu rapporteur thématique sur linvestissement pour ce projet de loi. Tous seront discutés en séance à lAssemblée la semaine prochaine.
Des taxes réduites pour le Perco
Premier axe de réforme : inciter à la création et à labondement du Perco. Trois amendements portent sur ce produit de préparation à la retraite. Le n°SPE1658 propose de supprimer, à compter de 2016, une contribution (à la charge des employeurs) de 8,2% spécifique au Perco et venant sajouter au forfait social (20%). Toujours sur le Perco, lamendement n°SPE1657 vise à abaisser le forfait social de 20% à 16%, avec une condition principale : que le plan respecte un minimum dinvestissement en PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI).
Objectif de ces deux mesures : rendre le Perco plus attractif pour les employeurs afin quils le proposent à leurs salariés. Un troisième amendement, n°SPE1853, vise à promouvoir la gestion pilotée sur le Perco, afin que la gestion du portefeuille se fasse de moins en moins risquée à lapproche de la date de départ en retraite du salarié ou bénéficiaire.
Lintéressement versé par défaut sur le PEE
La modulation du forfait social ne concerne pas que le Perco. Un amendement gouvernemental (SPE1807) prévoit que cette contribution à la charge de lemployeur soit réduite à 8%, au lieu de 20%, pendant 3 ans pour les entreprises de moins de 50 salariés qui mettent en place un accord de participation ou dintéressement pour la première fois. Une mesure qui ne sappliquerait que pour les sommes versées à compter du 1er janvier 2016.
Un amendement (SPE1855) présenté par les députés Ferrand et Castaner vise pour sa part à aiguiller en priorité les sommes versées dans le cadre de lintéressement vers un Plan dépargne entreprise (PEE). A ce jour, si le salarié ou bénéficiaire nindique pas ce quil compte effectuer de son intéressement, les sommes concernées lui sont versées par défaut. Si la mesure est adoptée, en labsence de choix du bénéficiaire, les sommes seront versées sur le PEE par défaut à partir de 2016. A noter : en 2016 et en 2017, les particuliers nayant pas livré leur préférence pourront tout de même débloquer les fonds en faisant valoir leur « droit de rétractation » dans les trois mois suivant le blocage des avoirs.
Une information simplifiée à lentrée et à la sortie
Deux autres amendements adoptés en commission ont pour vocation de simplifier linformation pour les salariés épargnants. Le n°SPE1655 sintéresse à linformation fournie via le livret dépargne salariale, fascicule devant être remis au salarié lors de son entrée dans lentreprise. Si la mesure est adoptée, ce livret ne devra recenser que « les dispositifs mis en place au sein de lentreprise ». Et ce livret devra être remis aux représentants du personnel.
Lamendement SPE1654 vise quant à lui à imposer la remise au salarié épargnant dune « information sur la gestion de ses avoirs, et les éventuels frais de tenue de compte y afférant, lorsque celui-ci quitte lentreprise » comme le souligne lexposé sommaire de lamendement. Objectif : éviter que l'épargnant découvre plusieurs années après son départ que les frais de tenue de compte rognent son épargne à son insu.















