Le député Les Républicains Guillaume Peltier veut créer un nouveau livret d'épargne orienté « vers la relance économique des petites et moyennes entreprises locales et régionales » et mieux rémunéré que le Livret A, passé cinq ans.

Le député Les Républicains (LR) Guillaume Peltier a de la suite dans les idées. Candidat aux régionales en Centre-Val-de-Loire, membre du bureau politique de son parti et élu à l'Assemblée nationale depuis 2017, il défend le « patriotisme économique populaire ».

Concrètement, dans une proposition de loi déposée début mai, Guillaume Peltier veut créer des « Fonds souverains régionaux » pilotés par les acteurs locaux pour utiliser les 5 000 milliards d'euros d'épargne des Français. Il promet une meilleure rémunération que les 0,5% du livret A contre une orientation « vers la relance économique des petites et moyennes entreprises locales et régionales ».

Dans l'article 2 de cette proposition de loi signée par 20 députés de son parti, il est expliqué que « les Français peuvent placer et retirer leur épargne librement » de ce livret d'un nouveau genre. Surtout, « la rémunération de ce livret devient plus intéressante à mesure que le temps passe. Le taux de rémunération du livret A est majoré de 25% au terme de cinq années et de 50% au bout de neuf ans. » La rémunération du livret porté par Gauillaume Peltier, par ailleurs favorable à une hausse de 20% des salaires en 2022 en supprimant les cotisations sociales, serait donc de 0,62% au bout de cinq ans et de 0,75% au terme des neuf ans.

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Le livret patriotique économique entrerait en vigueur au 1er janvier 2022 et « afin de ne pas pénaliser les Français qui placeraient leur épargne (...) les versements qui afflueraient, durant l’année 2022, connaitraient des conditions particulières ‑ plus souples ‑ de fiscalisation. »

Un texte similaire abandonné au Sénat

Cette proposition n'est pas sans rappeler celle poussée par la sénatrice du groupe Les Indépendants, Vanina Paoli-Gagin. Mi-avril son projet de Livret de développement des territoires avait finalement été retiré mais il proposait de financer la réindustrialisation de la France avec la sur-épargne des ménages. Ce livret voulait garantir un taux de rémunération similaire à celui du Livret A, soit 0,5% net de fiscalité, jusqu'à la cinquième année de détention révolue. A compter de la sixième année, une majoration de 25% devait s'appliquer. Un bonus de rendement de 50% était prévu à compter de la dixième année de détention.

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L'épargne accumulée par une partie des Français depuis un an, 110 milliards d'euros en 2020, inspire les pouvoirs publics depuis le début de l'année. Ainsi, l'ancien patron de la SNCF Louis Gallois défend un impôt exceptionnel pour les plus fortunés quand le ministère de l’Economie réfléchit de son côté à inciter les épargnants à donner à leurs enfants, voire petits-enfants, avec un avantage fiscal à la clef. Pour rappel, un parent peut déjà donner 100 000 euros par enfant (sur 15 ans) en bénéficiant d'un abattement, qui s'ajoute à l'exonération pour toute donation familiale de 31 865 euros sur 15 ans.