Comment inciter les Français, ou plutôt les Français qui ont fait des économies depuis le premier confinement, à dépenser l'épargne accumulée en un an ? Dans les couloirs de Bercy, sur cette question repose une partie de la réponse à l'équation de la « dette Covid », le fameux « quoi qu'il en coûte ». Selon Les Echos, Bruno Le Maire a choisi : il aurait validé l'option « petites donations fiscalement allégées ».

Dans la palette des solutions pour orienter la « sur-épargne » de Français - potentiellement 200 milliards d'euros fin 2021 selon la Banque de France - c'est l'une des pistes posées sur la table du gouvernement depuis quelques semaines : favoriser les « petites donations », afin que les parents sou grands-parents accumulant de l'épargne la transmette plus rapidement à leurs enfants ou petits-enfants. Plus concrètement : une fiscalité allégée sur les donations « proches de 10 000 euros » selon Les Echos. Une donation sans aucune imposition qui s'ajouterait aux seuils déjà existants. Pour rappel, un parent peut déjà donner 100 000 euros par enfant (sur 15 ans) en bénéficiant d'un abattement, qui s'ajoute à l'exonération pour toute donation familiale, de 31 865 euros sur 15 ans.

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Evoquée dès le début du mois de mars, la piste des petites donations est critiquée dans le sens où elle favoriserait, de fait, des ménages concernées par des successions imposantes. « Bénéficier d’un gros héritage est le plus souvent réservé aux catégories favorisées », rappelle en effet l’Observatoire des inégalités dans une étude récente (1). « C'est un cadeau fait à quelques-uns », ajoute Boris Vallaud, député PS, toujours dans Les Echos.

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Il n'empêche. Face à la nécessité de trouver des solutions pour faire circuler cette sur-épargne, et face à l'absolue opposition de la majorité présidentielle à toute hausse des impôts, cette piste séduit le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire. Le ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt y serait moins favorable, toujours selon le quotidien économique. Une source interne à Bercy précise tout de même aux Echos : « Nous travaillons sur ce dossier, mais ce n'est pas une urgence compte tenu de la situation sanitaire. »

(1) « Les catégories sociales favorisées ont plus de chances de toucher un gros héritage », Observatoire des inégalités, juillet 2020.