La gauche a vivement réagi à l’annonce faite ce jeudi par François Fillon de baisser de rémunération du Livret A à 2,5%. Une « sanction » de l’épargne populaire pour le Parti Socialiste, des épargnants « grugés », selon Ségolène Royal. Mais aussi une menace pour le financement du logement social, d’après les sénateurs du Parti Communiste et la CGT de la Caisse des dépôts.

Parti Socialiste

Le PS « dénonce cette sanction infligée à l’épargne populaire » et « demande de renoncer à cette baisse afin de soutenir le pouvoir d’achat des français ».

Le gouvernement « n’est pas obligé de procéder à une telle réduction du taux de rémunération.(…) La baisse du taux d’inflation conduit logiquement à réduire le taux de rémunération, indexé sur cette dernière. Cependant la brutalité de cette baisse n’est en rien un alignement sur l’inflation mais constitue une véritable remise en cause de l’épargne populaire dans une période de crise où elle est particulièrement utile à de très nombreux français. »

Ségolène Royal (PS)

« Une fois de plus, la confiance des millions de français est trompée. Tous ont été inondés de publicité en faveur du Livret A, et voilà que la petite épargne est brutalement frappée. On nous a grugés. »

« Les banques ont été renflouées sans contreparties, la rémunération des banquiers et des traders n’est toujours pas réglementée, mais l’épargne populaire, elle, est sacrifiée. Protéger la petite épargne, c’est le devoir de l’Etat. Je demande donc au gouvernement de ne pas toucher à sa rémunération. »

Sénateurs du Parti Communiste français

Ils « condamnent » la baisse de la rémunération, « une incitation aux ménages à aller placer leur épargne dans une Bourse de plus en plus mal en point. »

« L’épargne populaire doit être préservée, parce que la relance de l’activité passe notamment par la réalisation de logements sociaux. » or cette épargne est « essentielle pour le financement du logement social. »

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« Après avoir cédé aux pressions des banques privées pour leur permettre de distribuer le Livret A, voici que l’Etat décide de réduire sensiblement la rémunération d’un produit d’épargne populaire, utilisé par 46 millions de foyers. (…) Faut-il croire que l’opération d’ouverture à la concurrence du Livret A n’avait comme objectif que d’inciter les épargnants à placer leur épargne dans d’autres produits ? »

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF

« Au départ ce Livret A avait un sens. (…) C’était une épargne populaire. (…) D’un seul coup on découvre que 30% de l’argent déposé dans les banques sur le Livret A n’ira plus au logement social mais ira de nouveau à la spéculation alors qu’on vient de dire que la crise est issue justement de la bulle spéculative trop importante. Et puis maintenant on dit : on va passer de 4% à 2 ou 2,5% de taux. C’est vraiment l’arnaque du siècle au niveau du Livret A. »

CGT de la Caisse des dépôts et consignations (CDC)

Cette réduction, « ajoutée à l‘effet de siphonage lié à la généralisation de la distribution du Livret A, risque fort de se traduire par une baisse de la collecte d’épargne populaire centralisée par la CDC et donc des ressources disponibles pour le financement des logements sociaux. »

« Les circonstances exceptionnelles générées par la crise économique et financière actuelle auraient justifié une baisse beaucoup moins forte, à 3,25% par exemple. » Cette baisse du Livret A est une « ressource moins chère pour les banquiers et un mauvais coup porté à l’épargne populaire des ménages. »