La décision du gouvernement de ne pas abaisser le taux du Livret A ne fait pas que des heureux. Elle n’a « aucune justification économique » selon la FBF.

La Fédération bancaire française (FBF), qui représente les banques installées en France, n’a pas tardé à réagir, mardi, à l’annonce du maintien du taux du Livret A à 0,75%. Elle rappelle ainsi dans un communiqué que « la formule [de calcul] aurait conduit à le ramener à 0,50% », comme le soulignait la Banque de France dans son communiqué. Mais l’institution a privilégié un objectif de « stabilité », tout en recommandant à Bercy de baisser le taux du PEL. Ce que le gouvernement a accepté.

Egrenant les avantages du Livret A, de la défiscalisation totale du produit au « plafond qui ne s’applique pas par foyer fiscal », la FBF affirme que cette décision n’a « aucune justification économique ». La fédération juge par ailleurs que le « maintien du taux du Livret A à ce niveau est totalement atypique en Europe ». Avant d’ajouter que cette rémunération est « incohérent[e] avec les conditions de marché et la rémunération normale d'une épargne disponible à tout moment ».

Économisez sur les frais et gagnez jusqu'à 400 € grâce à notre comparatif des assurances vie

Les arbitrages des Français perturbés

La FBF pointe ainsi « une anomalie », qui perturbe par ailleurs la répartition de l’épargne des Français. Elle estime en effet que « la hiérarchie des taux de rémunération de l'épargne est (…) préjudiciable à sa bonne orientation dans l'économie ». Les banques regrettant notamment une entorse aux incitations à investir en actions : « Comment peut-on espérer que les Français investissent à plus long terme et dans l'économie productive - les entreprises - quand l'épargne à vue est ainsi favorisée ? » La FBF devra ronger son frein, puisque Bercy a d’ores et déjà annoncé un maintien du Livret A au taux de 0,75% en février 2017.