Avec « une inflation qui a tendance à remonter », la CDC, qui gère près de 60% de l'encours du Livret A, « s'attend quand même plutôt à ce que le taux du Livret A remonte » d'ici la fin de l'année, a expliqué M. Saintoyant.

La prochaine révision du taux, dont le calcul est en partie basé sur l'évolution des prix, sera décidée par la Banque de France et Bercy à la mi-juillet, pour une application à partir du 1er août.

Dans une première estimation publiée le 31 mars, l'Insee a déjà annoncé une hausse des prix à la consommation de 1,7% en mars sur un an, après 0,9% en février.

Cette accélération de l'inflation est notamment due à un important rebond des prix de l'énergie, particulièrement des produits pétroliers (+7,3% sur un an en mars, contre -2,9% en février), depuis les premières attaques israélo-américaines contre l'Iran fin février.

Avec le retour de l'inflation, le taux du Livret A devrait augmenter plus que prévu en août 2026

Mauvaise nouvelle pour les bailleurs sociaux ?

Si elle est bénéfique pour les épargnants, une hausse du taux de Livret A n'est pas une bonne nouvelle pour les acteurs du logement social, qui voient le coût de leurs crédits évoluer en parallèle du taux du Livret A.

« En dessous de 2%, les conditions de financement restent intéressantes » pour les bailleurs sociaux, a estimé M. Saintoyant à l'occasion d'une présentation du bilan d'activité 2025 de la Banque des territoires. « Si on dépasse les 2%, cela pourrait avoir des conséquences », a-t-il prévenu.

Interrogé sur le financement de six nouveaux réacteurs nucléaires, le dirigeant a évoqué une enveloppe de près de 50 milliards d'euros, à raison d'environ 4 milliards par an pendant une douzaine d'années. « On a largement la place dans le bilan du Fonds d'épargne (...) pour injecter ces 50 milliards d'euros » à partir de la fin d'année 2026 ou tout début 2027, a-t-il indiqué.

L'Elysée avait annoncé le mois dernier que l'argent placé sur le Livret A contribuerait à la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, dont le coût est estimé à 72,8 milliards d'euros.

Livret A : un épargnant sur 4 retirerait son argent en cas de financement du nucléaire