L’ancien patron de la SNCF Louis Gallois a proposé ce lundi matin sur Europe 1 la création d’un « impôt temporaire de solidarité » sur les plus hauts revenus, afin de financer l’aide aux Français les plus touchés par la crise, notamment les jeunes. Et il n'est pas le seul.

C’est le credo de Bercy depuis le déclenchement de la pandémie : non, il n’est pas question d’augmenter les impôts pour financer la sortie de crise ! Officiellement, le gouvernement espère toujours que l’amélioration progressive de la situation sanitaire encourage les Français à reporter tout ou partie de la « surépargne » liée à la crise, estimée actuellement à 120 milliards d’euros, sur la consommation. Difficile toutefois d’anticiper les choix financiers des ménages français dans les mois à venir : une fois le spectre du coronavirus moins menaçant, vont-ils flamber ou choisir la sécurité ?

Face à cette incertitude, des voix s’élèvent pour demander à l’exécutif de reconsidérer sa position sur l’impôt. Dernière en date : Louis Gallois. Le haut fonctionnaire, ancien patron d’EADS et de la SNCF, a appelé, ce matin lundi 22 février sur Europe 1, à « un accroissement des taux de l'impôt payé sur les tranches les plus élevées de l'impôt sur le revenu ». Une sorte d'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) donc, temporaire - « pendant 2 ans par exemple » - et destiné non pas à financer la dette, mais à soutenir directement « les jeunes, […] ceux qui ont des difficultés, […] ceux qui ont vraiment souffert de la crise ».

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Plusieurs parlementaires, de gauche et de droite, estiment également dans Les Echos que l’intervention de l’État est nécessaire pour mobiliser cette épargne disponible et atténuer les effets de la crise sur les plus modestes.

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La crise du covid a en effet entraîné une aggravation, inédite par sa vitesse et son ampleur, des inégalités. Dans une étude datant d’octobre 2020 et s’appuyant sur des données bancaires anonymisées, le Conseil d’analyse économique (CAE) estimait que 70% de la surépargne a été accumulée par 20% des ménages les plus aisés, alors que les 20% les plus pauvres ont dû au contraire puiser dans leur épargne, voire s’endetter, pour affronter la crise. Face à cette réalité, l’institution estimait déjà, il y a 4 mois, qu’un « soutien beaucoup plus franc aux ménages les plus modestes, plus exposés aux conséquences économiques des mesures sanitaires, [allait] très rapidement s'avérer nécessaire ».