Cest le credo de Bercy depuis le déclenchement de la pandémie : non, il nest pas question daugmenter les impôts pour financer la sortie de crise ! Officiellement, le gouvernement espère toujours que lamélioration progressive de la situation sanitaire encourage les Français à reporter tout ou partie de la « surépargne » liée à la crise, estimée actuellement à 120 milliards deuros, sur la consommation. Difficile toutefois danticiper les choix financiers des ménages français dans les mois à venir : une fois le spectre du coronavirus moins menaçant, vont-ils flamber ou choisir la sécurité ?
Face à cette incertitude, des voix sélèvent pour demander à lexécutif de reconsidérer sa position sur limpôt. Dernière en date : Louis Gallois. Le haut fonctionnaire, ancien patron dEADS et de la SNCF, a appelé, ce matin lundi 22 février sur Europe 1, à « un accroissement des taux de l'impôt payé sur les tranches les plus élevées de l'impôt sur le revenu ». Une sorte d'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) donc, temporaire - « pendant 2 ans par exemple » - et destiné non pas à financer la dette, mais à soutenir directement « les jeunes, [ ] ceux qui ont des difficultés, [ ] ceux qui ont vraiment souffert de la crise ».
Plusieurs parlementaires, de gauche et de droite, estiment également dans Les Echos que lintervention de lÉtat est nécessaire pour mobiliser cette épargne disponible et atténuer les effets de la crise sur les plus modestes.
Lire aussi : Coronavirus : qui va payer la facture de la crise ?
La crise du covid a en effet entraîné une aggravation, inédite par sa vitesse et son ampleur, des inégalités. Dans une étude datant doctobre 2020 et sappuyant sur des données bancaires anonymisées, le Conseil danalyse économique (CAE) estimait que 70% de la surépargne a été accumulée par 20% des ménages les plus aisés, alors que les 20% les plus pauvres ont dû au contraire puiser dans leur épargne, voire sendetter, pour affronter la crise. Face à cette réalité, linstitution estimait déjà, il y a 4 mois, quun « soutien beaucoup plus franc aux ménages les plus modestes, plus exposés aux conséquences économiques des mesures sanitaires, [allait] très rapidement s'avérer nécessaire ».

















