"Un budget imparfait opérationnel avant les élections est préférable cette fois à une loi spéciale", a déclaré la candidate du Rassemblement national, devant les parlementaires de son parti réunis au Touquet.
Elle a avant tout argué d'une difficulté calendaire : en cas d'arrivée au pouvoir, un nouveau chef de l'Etat pourrait modifier plus rapidement un budget déjà existant, alors qu'il lui faudrait de nombreux mois de navette parlementaire pour partir d'une page blanche.
Une équation déjà dessinée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui dans une lettre aux parlementaires en août avait déjà mis sur la table l'idée d'un budget réversible par le vainqueur de la prochaine présidentielle.
Marine Le Pen, cheffe du groupe d'extrême droite, dont la position pourrait décider de l'adoption ou non d'un budget à l'Assemblée, a toutefois rejeté tout "blanc-seing" au gouvernement sur sa copie budgétaire.
"Nous n'accepterons aucune hausse d'impôt et aucune injustice sociale contre la France du travail", a-t-elle d'abord lancé à l'adresse du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui doit dévoiler sa copie budgétaire le 30 septembre.
"Nous exigerons des économies, des économies, des économies", a-t-elle martelé.
Mais la cheffe de file du RN est allée un cran plus loin, estimant que "Sébastien Lecornu doit aussi s'engager à ne plus soutenir des politiques qui engagent l'avenir de la France bien au-delà de 2027".
Ainsi, parmi ses "conditions politiques" elle demande au gouvernement de ne pas conclure d'accord avec Bruxelles sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l'Union européenne pour 2028-2034, en cours d'élaboration. Mais aussi de "suspendre la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), et de "geler au moins l'imigration jusqu'à l'élection présidentielle".
En l'absence de majorité à l'Assemblée, le gouvernement n'a que peu de marges de manuvre. Il peut rechercher un accord politique, avec le Parti socialiste ou le Rassemblement national, qui peuvent s'engager à ne pas le censurer en cas de recours à l'article 49 alinéa 3.
Si les débats dépassent des délais constitutionnels il peut aussi faire adopter le budget par ordonnances, sans vote du parlement, une arme qui n'a encore jamais été employée dans l'histoire. Les deux dernières années, une loi spéciale avait reconduit les crédits de l'année précédente pour quelques semaines.




















