Le comité d'alerte, instance associant le Parlement créée l'an dernier pour améliorer le pilotage des finances publiques, est prévu à 11H00 à Bercy autour du Premier ministre, avec les ministres de l'Economie Roland Lescure, des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l'Aménagement du territoire Françoise Gatel, ainsi que des parlementaires, représentants des élus locaux, de la Sécurité sociale ou des syndicats.
Ce comité « a pour objectif de dresser un état des lieux précis sur la situation des comptes publics et d'alerter sur les risques de dérapage », a précisé le ministère de l'Économie.
La France affiche l'un des plus importants déficits de la zone euro, à 5,1% du Produit intérieur brut (PIB) en 2025, le deuxième derrière la Belgique. Sa dette colossale s'élevait à 3.536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre, soit 117,5% du PIB.
Le gouvernement s'est fixé comme objectif un déficit de 5% en 2026, mais la tâche s'annonce ardue, alors que la guerre au Moyen-Orient a pesé sur l'économie française.
Lors d'une précédente réunion du comité d'alerte en avril, le gouvernement avait annoncé six milliards d'euros d'économies supplémentaires sur les dépenses en 2026 pour compenser le coût du conflit : quatre milliards d'euros sur l'État et deux milliards d'euros dans « la sphère sociale ».
Prévisions actualisées
Il avait ensuite détaillé ces mesures : 3,2 milliards d'euros de gels de crédits et 847 millions d'euros d'annulations pour l'État, et la décision de ne pas accompagner la hausse du Smic au 1er juin par des allègements de charges supplémentaires pour les entreprises (soit l'équivalent de 2 milliards d'euros).
David Amiel a cependant prévenu à plusieurs reprises que d'autres coupes budgétaires seraient nécessaires.
« On ne va pas annoncer des mesures (mardi). On va annoncer un cap », a-t-il prévenu sur RTL lundi. « Où en sommes-nous sur la croissance ? Parce qu'évidemment, la guerre dans le détroit d'Ormuz a eu un impact ces premiers mois sur l'activité », a-t-il ajouté.
« On actualisera évidemment nos prévisions », a-t-il souligné, ajoutant que le gouvernement devrait aussi faire le point sur les dépenses de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivités.
Le gouvernement de Sébastien Lecornu vise jusque-là une croissance de 0,9% pour 2026, mais devrait revoir à la baisse ces projections, qui datent d'avril.
La Banque de France a déjà abaissé les siennes en juin, à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant), sous l'effet de la guerre. L'Insee et le Fonds monétaire international (FMI) tablent sur 0,7%.
Plusieurs mauvaises nouvelles se sont succédé au printemps, dont un recul du PIB de 0,1% au premier trimestre. L'inflation, elle, est montée à 2,4% en mai, avant de redescendre à 1,8% en juin, après l'accord conclu entre l'Iran et les États-Unis pour cesser les hostilités.
« La fin de la guerre dans le détroit d'Ormuz va permettre de faire baisser les prix », s'est réjoui David Amiel.

















