Quelques jours avant un comité d'alerte sur les finances publiques, et aux prémices de la discussion pour adopter un budget en 2027, les Sages de la rue Cambon se sont penchés sur les modalités de communication du gouvernement concernant les finances publiques de l'Etat.

Ils notent qu'elle repose essentiellement sur les projets de loi de finances. Le PLF 2026 est ainsi accompagné d'une centaine de documents obligatoires qui totalisent 15.700 pages.

Les auteurs déplorent notamment que « l'intelligibilité de cette communication reste faible pour les citoyens », notamment en raison de « la dispersion de l'information sur de multiples canaux (qui) rend son accès difficile et compromet la vision d'ensemble », peut-on lire.

Dressant le constat d'une information budgétaire dispersée, ils recommandent notamment la création d'un portail unique pour accéder à l'ensemble des informations et données relatives aux finances publiques.

En outre, la Cour des comptes estime que « la communication financière grand public de l'État souffre également d'une faible coordination et de la discontinuité des messages portés et des indicateurs utilisés au cours des dernières années », et exhorte à davantage de coordination entre ministères.

En ce qui concerne l'accès des experts à l'information budgétaire, la Cour des comptes note qu'un « plan d'action » est en cours pour « améliorer l'information transmise à la communauté des experts ». Elle juge nécessaire d'enrichir l'information pluriannuelle, sur le temps long, ainsi qu'en cours d'exercice, avec « le renforcement de la robustesse des comptes nationaux trimestriels des administrations publiques ».

La Cour, qui est chargée de contrôler les comptes de l'Etat, relève également des dysfonctionnements sur ce point, évoquant dans « certains cas des anomalies qualifiées de significatives et dans d'autres cas des insuffisances d'éléments probants », ce qui conduit « à la formulation d'une opinion avec réserve sur les comptes de l'État ».

Le coût de la communication financière de l'Etat est « difficile » à estimer, selon la Cour des comptes.

Pour 2026, les administrations et organismes concernés se sont vu fixer un objectif de « réduction substantielle » de leurs dépenses de communication (-300 millions d'euros) par rapport à 2024, sur un total évalué à environ 1 milliard d'euros.