Les revenus tirés de locations meublées de courte durée, notamment via Airbnb, continuent d'être imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Mais pour la déclaration 2026 des revenus 2025, leur traitement devient plus lisible et surtout plus segmenté.
Une nouvelle case dédiée aux meublés non classés
Premier changement concret : la mise en avant d'une case spécifique pour les meublés de tourisme non classés. Dans la déclaration complémentaire 2042 C PRO, ces revenus doivent désormais être reportés en case 5NH (ou 5OH/5PH selon le déclarant).
La brochure fiscale distingue désormais clairement trois catégories : les meublés de tourisme classés (case 5NG), les meublés de tourisme non classés (case 5NH) et les autres locations meublées (case 5NI).
Cette ventilation n'est pas qu'une précision technique. Elle traduit une différence de traitement fiscal, en particulier pour l'accès au régime micro-BIC et le niveau d'abattement applicable.
Micro-BIC : un régime moins favorable pour les Airbnb non classés
Pour les locations Airbnb non classées relevant du micro-BIC, le principe reste inchangé : le contribuable déclare ses recettes brutes, l'administration se chargeant d'appliquer un abattement forfaitaire.
Mais cet abattement varie désormais selon la nature du bien. Il est maintenu à 50% pour les meublés classés et les locations meublées classiques, tandis qu'il est abaissé à 30% pour les meublés de tourisme non classés, avec un minimum de 305 euros.
Dans le même temps, les conditions d'accès au micro-BIC sont également différenciées. Le régime ne s'applique que si les recettes n'excèdent pas 15 000 euros pour les meublés non classés, contre 77 700 euros pour les meublés classés ou les locations meublées de longue durée.
Autrement dit, les loueurs Airbnb non classés cumulent un double effet défavorable : un seuil plus bas et un abattement réduit.
Un basculement rapide vers le régime réel
Le micro-BIC reste accessible tant que ces seuils sont respectés. Mais la règle est stricte : en cas de dépassement sur deux années consécutives, le contribuable relève automatiquement du régime réel.
Ce basculement implique un changement de logique fiscale. Il ne s'agit plus d'un abattement forfaitaire, mais d'une imposition sur le bénéfice réel, après déduction des charges. Si ce régime peut s'avérer plus avantageux dans certains cas, il suppose aussi une comptabilité plus rigoureuse et des obligations déclaratives plus lourdes.
Sur le plan juridique, les revenus Airbnb restent des bénéfices industriels et commerciaux, même lorsqu'ils sont perçus à titre occasionnel. Ils doivent donc être déclarés via la 2042 C PRO, qui regroupe les revenus des activités non salariées.
Comme le rappelle la brochure, ces revenus sont en outre automatiquement soumis aux prélèvements sociaux par l'administration fiscale, sans démarche spécifique du contribuable.



















