« Le chèque énergie s'est avéré nécessaire, mais insuffisant pour répondre à l'augmentation des difficultés rencontrées par les ménages les plus fragiles. Des évolutions récentes, dictées par des impératifs administratifs, ont contribué à mettre en danger l'ensemble du dispositif. »
C'est ce qu'indique, dans sa synthèse, un rapport sur l'évaluation du chèque énergie présenté récemment par les députés Maxime Amblard (Rassemblement national) et Vincent Rolland (Droite républicaine). Cette aide, d'un montant compris entre 48 euros et 277 euros, est attribuée depuis 2018 à certains ménages aux revenus modestes pour leur permettre de payer une partie des factures d'énergie de leur logement.
Ils proposent notamment de faire évoluer son montant à la hausse, en visant une couverture de 30% de la facture pour les bénéficiaires les plus modestes. Actuellement, le chèque énergie couvre en moyenne 10% de cette facture. Avec cette mesure, son montant moyen s'élèverait alors à 288 euros contre 153 euros actuellement.
« Le barème des chèques n'a pas été revalorisé depuis 2019, alors que les coûts de l'énergie ont explosé depuis cette date et les seuils d'éligibilité n'ont évolué qu'à la marge. Cette absence de revalorisation des barèmes et d'indexation des seuils d'éligibilité a contribué à faire baisser mécaniquement le nombre de bénéficiaires et la part de la facture couverte par le chèque énergie », argumentent-ils.
Cette augmentation permettrait de réduire « significativement la précarité énergétique des ménages les plus modestes », moyennant « une hausse de la dépense budgétaire liée au chèque énergie » : le coût est évalué à 1,499 milliard d'euros contre 659 millions d'euros dans le scénario de référence, soit 840 millions d'euros de plus.
Mieux identifier les bénéficiaires
Autre problème : alors que l'aide était auparavant attribuée automatiquement, depuis 2025, de nombreux foyers sont oubliés et doivent la demander.
Chèque énergie : la marche à suivre pour demander cette aide en 2026
« La transition vers un nouveau système d'identification des bénéficiaires suite à la suppression de la taxe d'habitation a été chaotique. Avec la suppression de la taxe d'habitation, les bases de données de la DGFiP n'étaient plus exploitables pour l'attribution automatique des chèques aux bénéficiaires », déplorent-ils.
« La transition vers un nouveau système d'identification des bénéficiaires suite à la suppression de la taxe d'habitation a été chaotique »
Résultat, le nombre de bénéficiaires a énormément baissé. 5,5 millions de chèques énergie avaient été émis automatiquement en 2024, contre 3,8 millions en 2025, soit une baisse de 32%. Au 30 avril 2026, la plateforme de déclaration volontaire avait permis d'attribuer des chèques énergie à 380 000 ménages supplémentaires au titre de la campagne 2025.
« Les sommes « économisées » au détriment des Français les plus précaires s'élèvent à 204 millions d'euros en 2025. Alors que les montants attribués étaient stables autour de 700 millions d'euros par an depuis 2019, le montant des remboursements pour la campagne 2025 n'était que de 508 millions d'euros au 30 avril 2026 », pointe le rapport.
En 2026, grâce à une meilleure utilisation des données, 4,5 millions de foyers ont reçu l'aide automatiquement. Selon les députés, « de nouvelles améliorations, dont la faisabilité a été confirmée avec l'ensemble des acteurs, pourraient permettre d'atteindre une cible de 5,2 millions de ménages identifiés automatiquement en 2027, proche du niveau de 5,6 millions de 2023. » Ils recommandent aussi de renforcer l'utilisation de l'intelligence artificielle pour améliorer le ciblage des bénéficiaires.
Déduire automatiquement le chèque énergie de la facture d'électricité
Les députés proposent également de pré-affecter automatiquement le chèque énergie des factures d'électricité, « seule source d'énergie utilisée par tous les Français », pour maximiser le taux d'utilisation de l'aide. Pour rappel, il est aujourd'hui possible de pré-affecter le chèque énergie sur la facture de gaz ou d'électricité, mais il faut en faire la demande.

















