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Macron et présidentielle : les professionnels de la finance rassurés

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Emmanuel Macron lors de conférence PlacedelaSante.fr le 21 février 2017
CC - Flickr / Mutualité Française

Soulagement. Voilà clairement le mot d’ordre ce lundi dans les commentaires des analystes financiers. Plus qu’un soutien appuyé et affiché à Emmanuel Macron, ces analystes se félicitent de voir s'éloigner les perspectives d'une victoire d’un candidat eurosceptique.

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours… Pourtant, ce lundi 24 avril, les commentaires diffusés par les sociétés de gestion et autres sociétés d’analyse financière traduisent un net soulagement. Ces mêmes analystes financiers avaient pointé un second tour Le Pen-Mélenchon de l’élection présidentielle comme le scénario catastrophe. Le fait qu’Emmanuel Macron soit arrivé en première position au premier tour, plus de 2 points devant Marine Le Pen (1), les a rassurés. Analystes et gestionnaires de portefeuille, français ou non, se projettent même sans grande ambiguïté sur une élection de l’ancien ministre de l’Economie à la présidence de la République.

« Cet été, la France aura, pour la première fois, un président en faveur des réformes », lance ainsi dès ce 24 avril Stefan Kreuzkamp, chief investment officer chez Deutsche Asset Management dans une note intitulée « Vive la France, Europe lives on ! » Léon Cornelissen, chef économiste chez Robeco, ne cache pas non plus son soulagement : « La folle course de chevaux à quatre des derniers mois s’est terminée avec un résultat positif pour les marchés financiers », juge-t-il, avant d’ajouter : « Le marché des paris estime désormais la probabilité d’un victoire de Macron à près de 90%. »

Un résultat vu comme la défaite des eurosceptiques

Le même Léon Cornelissen souligne au passage que, selon lui, « l’idée d’un Frexit n’a jamais été très populaire en France, comme l’illustre le discours plus prudent de Marine Le Pen sur ce sujet récemment ». La perspective d’un Frexit, évidemment peu favorable aux marchés affrontant déjà la perspective du Brexit, peut de son point de vue être « clairement écartée pour plusieurs années ».

Stefan Kreuzkamp, de Deutsche Asset Management, voit lui dans les résultats de ce 1er tour un recul des « populistes » en Europe « en 2017 », en mettant les élections françaises en parallèle avec « les échéances électorales aux Pays-Bas, en Autriche et en Allemagne ». Ce lundi, le CAC 40 a progressé de plus de 4% : les investisseurs sont « rassurés par les scores des partis anti-euro qui ne représentent que 47,9% des voix au total », analyse le courtier Aurel BGC.

Le calme bientôt de retour sur les marchés obligataires ?

Outre le CAC 40, le marche des emprunts d’Etat a lui aussi accueilli favorablement le résultat du 1er tour, comme le souligne Lukas Daalder, responsable des investissements chez Robeco : « L’écart de rendement des obligations d’état [se réduit] par rapport à l’Allemagne. » Pour rappel, la perspective d’une éventuelle « finale » Le Pen-Mélenchon avait provoqué des tensions sur le marché obligataire ces dernières semaines. A contrario, la volonté de réduction des dépenses publiques affichée par le leader du mouvement En Marche offre des perspectives plus favorables à l’évolution de la dette française. Blackrock souligne ainsi que « son programme s’articule autour d’un projet de rénovation de l’économie française pour le 21ème siècle et est ouvertement favorable à l’Union européenne ».

« Dans ce contexte, nous revenons à des positions plus en phase avec l’amélioration de la tendance économique depuis le début de l’année », analyse pour sa part la société de gestion La Française. Cette dernière envisage déjà une « tendance à moyen terme » plutôt « prometteuse » sur les différents types de marchés financiers : « Sauf évènement imprévisible, et dans l’hypothèse de l’élection d’Emmanuel Macron, candidat pro-européen, les marchés devraient lui réserver un accueil plutôt favorable. »

Les investisseurs invités à rester prudents

Si les analystes financiers parient presque tous sur une victoire d’Emmanuel Macron dans deux semaines, ils expriment tout de même certaines réserves : « Pour le moment, il ne peut s’appuyer ni sur son propre parti ni sur sa grande expérience politique », souligne Stefan Kreuzkamp, de Deutsche Asset Management. « En d’autres mots, sa présidence fait entrer la France en territoire inconnu. »

Dans une vidéo publiée sur les sites de Morningstar, le portfolio manager Cyrique Bourbon invite ainsi les investisseurs à la prudence : « Du point de vue de l'investissement financier, une victoire de Marine Le Pen aurait des répercutions négatives, et celle d’Emmanuel Macron des répercutions positives. Toutefois, je pense qu'il faut toujours conserver une vue à long terme sur ses investissements, donc nous ne conseillons pas d’anticiper des mouvements à court terme en réaction à ces résultats. »

(1) Selon les résultats définitifs publiés lundi peu avant 18h par le ministère de l'Intérieur, Emmanuel Macron rassemble 24,01% des suffrages exprimés, Marine Le Pen 21,30%, François Fillon 20,01% et Jean-Luc Mélenchon 19,58%.

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© cbanque.com / BL / Avril 2017

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