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L'AMF requiert 340.000 euros d'amende contre la banque d'affaires Bryan Garnier

  • MoneyVox avec AFP
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L'Autorité des marchés financiers (AMF) a requis jeudi 340.000 euros d'amende envers la banque d'affaires Bryan Garnier et son dirigeant, pour son rôle dans l'introduction en Bourse de la société d'implants dentaires lyonnaise Tekka en 2011.

Le gendarme de la Bourse a aussi requis 200.000 euros d'amende contre la société Tekk et 150.000 euros contre son ancien dirigeant Thierry Rota, pour la communication tardive d'une information privilégiée, ainsi que 30.000 euros d'amende contre le commissaire aux comptes qui avait travaillé sur cette opération, pour avoir « participé à la diffusion d'une fausse information ». La décision de la Commission des sanctions de l'AMF sera publiée dans les prochaines semaines.

Le collège de l'AMF a estimé que Bryan Garnier avait manqué à ses obligations professionnelles et entraîné une mauvaise information du marché. « Afin de tenir compte de la gravité de la situation ainsi que du message de régulation », la représentante du collège a requis un montant de 300.000 euros contre la société et de 40.000 contre son dirigeant, Olivier Garnier, les deux sanctions étant assorties d'un blâme.

Le gendarme de la Bourse a retenu trois griefs envers Bryan Garnier : l'un sur le placement de titres lors de la constitution du livre de comptes, le deuxième sur la cession des titres, et le troisième sur le document d'introduction en Bourse. « Bryan Garnier a trompé l'ensemble du marché sur les conditions de l'introduction en Bourse », a déclaré jeudi la représentante du collège. « Les modalités d'affectation et de rémunération mises en place étaient empruntes d'opacité et de partialité, il en est résulté un non-respect de l'intérêt du client et une atteinte à l'intégrité des marchés », a-t-elle ajouté plus tard.

Sur le premier grief, la rapporteure a notamment précisé qu'un contrat conclu entre Bryan Garnier et Mont Blanc gestion, conclu juste avant la clôture de l'opération, avait pour but de contourner l'obligation de souscription de 75% du livre de compte nécessaire à la réussite de l'opération.

Le deuxième grief détaillé par la rapporteure concerne la cession en priorité en mars 2011 des actions Tekka détenues par la banque en compte propre, quand le troisième grief concerne le manquement par la banque à ses obligations au sujet du document d'introduction en Bourse et de la publication tardive des résultats annuels de Tekka.

Me Golbert Darmon a affirmé que la banque avait été confrontée à une situation impossible à anticiper du fait de la frilosité des marchés lors de l'IPO, et assuré que l'activité de gestion des titres de Tekka était « indépendante » par rapport aux actions détenues en compte propre.

Récusant le grief retenu contre M. Rota, relatif à la publication tardive des résultats annuels dégradés de Tekka en juillet 2011, son avocat Me Martin Laprade a affirmé que l'ancien patron n'avait pas été informé de l'importance de la publication rapide des chiffres, et qu'il ne s'agissait pas d'une information « privilégiée » dans la mesure où aucune perspective n'avait été fixée par l'entreprise.

Le fabricant d'implants dentaires et de prothèses maxillo-faciales Tekka Group, introduit en Bourse début 2011 et placé en redressement judiciaire en mai 2012, avait été placé en liquidation en septembre de la même année, soit 18 mois après l'IPO. L'AMF avait ouvert une enquête fin mars 2012.

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Par la rédaction avec AFP

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