Après une période d’incertitude liée à l’éligibilité des entreprises concernées, de plus en plus d’acteurs proposent un PEA-PME ou s’apprêtent à en commercialiser un. Les assureurs restent encore en retrait sur ce marché par rapport aux intervenants bancaires. Focus sur la mise en place de cette offre et les tout premiers retours.

Si la plupart des banques - à l’instar du Crédit Agricole, de la Société Générale, de BNP Paribas ou de La Banque Postale - ont déjà investi le créneau des PEA-PME (1), l’essor de cette offre est plus lent chez les assureurs. A la différence du PEA-PME classique (ou bancaire), le PEA-PME assurance est un contrat de capitalisation en unités de compte. Il donne ainsi principalement accès à des fonds éligibles au PEA-PME.

Les intervenants qui proposent ce PEA-PME version assurance restent rares. Premier acteur à avoir investi ce segment : Suravenir, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, qui diffuse son offre via des courtiers tels que Assurancevie.com, Linxea, Primonial et Vie Plus, sa structure dédiée aux CGPI (2). Quelques assureurs tels Groupama – qui propose l’offre via sa filiale bancaire – ont également mis en place une page internet dédiée au PEA-PME, détaillant les caractéristiques de l’offre.

Si le PEA-PME est encore peu répandu chez les assureurs, de nombreux intervenants sont sur les rangs pour en commercialiser un. Parmi eux, Generali qui envisage un lancement au dernier trimestre 2014.

Des fonctionnalités en ligne qui restent souvent à s’étoffer

Toutes les fonctionnalités en ligne ne sont pas encore opérationnelles chez tous les acteurs. Or ces opérations sont essentielles pour gérer l’offre. « Sachant que la plupart des achats de titres du PEA-PME se réalisent via internet, nous allons proposer prochainement des fonctionnalités en ligne. Dès que la liste de titres sera suffisamment exhaustive, nous donnerons ces possibilités à nos clients », indique ainsi Alexandre Rimbal, responsable de l’épargne financière à la Société Générale.

Dans ce domaine, les acteurs 100% internet ont une longueur d’avance. Certains, tels que AssuranceVie.com, proposent déjà la souscription en ligne du produit. Quant aux frais des PEA-PME, ils sont particulièrement réduits chez ces opérateurs en ligne. Par exemple, ils s’élèvent à 0% pour la gestion (uniquement dans l’enveloppe fiscale du PEA-PME) ainsi que sur les versements, les arbitrages et à l’entrée pour les courtiers en ligne, partenaires de Suravenir.

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Des offres de lancement

Les opérateurs internet proposent des listes de fonds encore restreintes, même si elles sont généralement plus étendues que les acteurs bancaires. Par exemple, on retrouve neuf fonds chez Linxea, une liste qui devrait s’enrichir progressivement.

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Quelques offres commerciales ont été mises en place pour dynamiser le lancement des PEA-PME. Dans le cadre des 150 ans du groupe, la Société Générale, par exemple, offrira 150 euros à partir du 2 mai 2014 pour les nouvelles souscriptions de PEA et de PEA-PME, à condition d’investir un montant minimum de 1.500 euros.

Des premiers retours très mitigés

Les premiers retours témoignent toutefois d’un succès très mitigé. Si les principaux acteurs ont fréquemment enregistré l’ouverture de quelques milliers de PEA-PME, ces chiffres restent peu significatifs, car tous les plans ne sont pas dotés.

« La collecte nette sur le PEA-PME est pour l’instant encore faible, comparativement à d’autres produits », conclut Alexandre Rimbal. « La collecte est centralisée principalement sur les titres en direct. Son essor passera donc par une liste de titres plus étoffée. »

(1) Le nouveau plan d’épargne actions dédié au financement des PME a été lancé par le Gouvernement le 1er janvier 2014. Le décret d’application a été publié le 5 mars 2014.

(2) Conseiller en gestion de patrimoine indépendant.