Début du krach ?
Violent retour de bâton à Wall Street ! Au lendemain du soulagement provoqué par les élections américaines, les marchés replongent dans leurs inquiétudes sur l'intelligence artificielle. Le Nasdaq chute lourdement de 4% dans les premières heures d'échanges, tandis que le S&P 500 abandonne 2,8%. Les géants technologiques sont particulièrement sanctionnés : Nvidia chute de 7%, AMD de 14% et CoreWeave de près de 13%. Le Nasdaq se retrouve désormais à 12% de son record du 6 octobre, entrant en territoire de correction. Une nouvelle démonstration de l'extrême nervosité des investisseurs face aux valorisations et aux investissements colossaux dans l'IA.
À l'origine de cette déroute, les interrogations sur le financement des centres de données et leur rentabilité future. La victoire des démocrates au Congrès américain ajoute une nouvelle incertitude : un encadrement plus strict de ces infrastructures pourrait ralentir leur développement. Selon UBS, près de 30% des nouvelles capacités américaines prévues pour 2028 pourraient être affectées par des suspensions de projets. Une estimation, pas une certitude ! Mais avec des taux d'intérêt toujours élevés et des centaines de milliards de dollars déjà engagés, les investisseurs commencent sérieusement à remettre en question la rentabilité de cette course effrénée à l'IA.
À Paris, le CAC 40 résiste et grappille 0,34% à 8 205 points, après son bond de 1,96% hier. La séance est notamment animée par les résultats d'entreprises. Air France-KLM s'envole de près de 14% après une excellente publication. Legrand, en revanche, illustre parfaitement le paradoxe actuel des marchés. Le spécialiste des équipements électriques a gagné plus de 5% ce matin avant de basculer dans le rouge (-0,12% à la clôture). Pourtant, ses résultats sont remarquables : chiffre d'affaires en hausse de 19,5% sur neuf mois, bénéfice en progression de 19,6% et ventes aux centres de données en croissance organique de près de 40%. Le groupe relève même ses objectifs annuels ! Mais clairement, d'excellents résultats ne suffisent plus à rassurer sur l'avenir de l'IA. Est-ce le début du krach IA tant redouté ? Les prochaines séances seront déterminantes ?
Air France-KLM
Le groupe aérien franco-néerlandais bondit de 12,06% à 12,63 euros, après un troisième trimestre particulièrement solide. Son chiffre d'affaires atteint 9,92 milliards d'euros, tandis que son bénéfice opérationnel progresse de 10% à 1,35 milliard d'euros, soit 26% au-dessus des prévisions des bureaux d'analyse. Cette performance repose sur la montée en gamme de ses offres, notamment en classe affaires et premium, qui permet d'augmenter les revenus par passager.
Les coûts hors carburant restent quant à eux quasiment stables (+0,1%). Le groupe résiste ainsi à la flambée du kérosène, qui l'oblige pourtant à relever sa facture annuelle de carburant à 9,2 milliards de dollars. KLM annonce également de nouvelles mesures d'économies pour améliorer sa rentabilité. Après une hausse de 3,87% hier, l'action accélère ce jeudi et affiche désormais une progression de 10% cette année.
JCDecaux
Le numérique fait décoller JCDecaux. Le spécialiste français de la publicité extérieure progresse de 5,77% à 26,76 euros, après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Son chiffre d'affaires bondit de 9,1% à 1,01 milliard d'euros, porté par ses écrans numériques, dont l'activité progresse de 15,3%. Ces supports permettent de diffuser jusqu'à six publicités par minute, contre une seule sur une affiche traditionnelle, ce qui améliore considérablement leur rentabilité. La publicité numérique représente désormais 45,4% des revenus du groupe.
Fort de cette dynamique, JCDecaux relève ses prévisions et vise une croissance de 6% au quatrième trimestre, contre 5,4% attendu par le bureau d'analyse Oddo BHF. Le groupe profite également de l'essor de la publicité automatisée sur ses écrans, dont les ventes bondissent de 37,5%. Malgré un marché publicitaire incertain, ses perspectives restent favorables. L'action accélère ce jeudi et affiche désormais une progression de 72% depuis janvier !
Worldline
Worldline retrouve des couleurs. Le spécialiste français des paiements électroniques, éligible au PEA-PME, gagne 4,19% à 11,43 euros et prolonge son rebond des dernières séances. Les investisseurs semblent retrouver un peu de confiance dans le redressement du groupe, après des années particulièrement difficiles. Fin octobre, Worldline avait publié un chiffre d'affaires trimestriel de 946 millions d'euros sur son périmètre recentré, en croissance organique de 2,5%. Ses activités auprès des commerçants progressent de 4%, tandis que les services financiers reculent encore de 3,3%.
Des résultats encourageants, mais qui ne constituent pas encore un véritable retour à une croissance solide et généralisée. Autre actualité importante : Worldline a lancé hier une offre de rachat portant sur ses obligations arrivant à échéance en juin 2027. Environ 468 millions d'euros de titres restent en circulation. L'opération vise à mieux gérer les prochaines échéances de dette. Le groupe confirme par ailleurs ses objectifs annuels, mais prévoit toujours une consommation de trésorerie comprise entre 40 et 60 millions d'euros. Depuis le début de l'année, l'action reste en retrait de 29%.
Worldline
Worldline retrouve des couleurs. Le spécialiste français des paiements électroniques, éligible au PEA-PME, gagne 4,19% à 11,43 euros et prolonge son rebond des dernières séances. Les investisseurs semblent retrouver un peu de confiance dans le redressement du groupe, après des années particulièrement difficiles. Fin octobre, Worldline avait publié un chiffre d'affaires trimestriel de 946 millions d'euros sur son périmètre recentré, en croissance organique de 2,5%. Ses activités auprès des commerçants progressent de 4%, tandis que les services financiers reculent encore de 3,3%.
Des résultats encourageants, mais qui ne constituent pas encore un véritable retour à une croissance solide et généralisée. Autre actualité importante : Worldline a lancé hier une offre de rachat portant sur ses obligations arrivant à échéance en juin 2027. Environ 468 millions d'euros de titres restent en circulation. L'opération vise à mieux gérer les prochaines échéances de dette. Le groupe confirme par ailleurs ses objectifs annuels, mais prévoit toujours une consommation de trésorerie comprise entre 40 et 60 millions d'euros. Depuis le début de l'année, l'action reste en retrait de 29%.
Le monde d'après : La colère des voisins
La course à l'intelligence artificielle rencontre un obstacle inattendu aux États-Unis : la colère des habitants ! Lors du sommet Future of AI du Financial Times, plusieurs dirigeants de la tech ont tiré la sonnette d'alarme. Des centaines de milliards de dollars d'investissements dans les centres de données pourraient être retardés, voire bloqués. Et les midterms compliquent encore la donne, avec la victoire de candidats démocrates favorables à un encadrement plus strict de ces installations.
Au c ?ur de la contestation : leur consommation gigantesque d'électricité et d'eau, et surtout leur impact sur les factures des ménages. Amazon, Microsoft et Google investissent pourtant des sommes colossales pour accélérer leur développement. Face à la fronde, les géants technologiques tentent de calmer le jeu, en promettant notamment que les habitants ne paieront pas les surcoûts énergétiques de leurs infrastructures.
Pour les investisseurs, c'est un nouveau risque qui s'ajoute aux doutes sur la rentabilité de l'IA. Car les milliards ne suffisent plus : encore faut-il obtenir l'accord des populations locales pour construire ces infrastructures. Sans cette acceptation, les projets pourraient prendre du retard et les coûts continuer de s'envoler. L'IA ne manque pas d'argent mais elle pourrait bientôt manquer de voisins prêts à l'accueillir ? Affaire à suivre !
Demain à la une : Le verdict de l'emploi
Après les élections américaines et la décision de la Banque d'Angleterre, les investisseurs ont rendez-vous ce vendredi avec le rapport officiel sur l'emploi américain, attendu à 14h30. Le marché anticipe environ 65 000 créations d'emplois en octobre, après seulement 29 000 en septembre. Le taux de chômage est attendu stable à 4,2%. Ces chiffres seront déterminants pour les anticipations de politique monétaire de la Fed, alors que l'inflation reste élevée et que les taux obligataires continuent de peser sur les valeurs technologiques.
Un marché du travail trop dynamique pourrait conforter le maintien de taux élevés. À l'inverse, une forte dégradation de l'emploi raviverait les inquiétudes concernant la croissance américaine. C'est une équation de plus en plus délicate pour la Fed ? En France, les chiffres du commerce extérieur de septembre seront également publiés dans la matinée. Enfin, les premiers résultats de l'enquête américaine de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan apporteront un nouvel éclairage sur les dépenses et les anticipations d'inflation des ménages.
Et bien sûr, les investisseurs chercheront à savoir si la correction de l'IA se transforme en krach ?
Le lexique : Quand parle-t-on de krach ?
Un krach, c'est un effondrement brutal des marchés financiers, avec une chute d'au moins 20% en quelques séances. Il s'accompagne généralement d'un mouvement de panique, les investisseurs vendant massivement leurs actions. Une baisse de 10% à 20% par rapport au dernier sommet est plutôt qualifiée de correction boursière. Et si le marché perd plus de 20% sur plusieurs mois ? On parle alors de marché baissier, mais pas de krach.










