Les marchés
L'Amérique retient son souffle
Jour de vote aux États-Unis. Les Américains renouvellent aujourd'hui la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Un scrutin décisif pour la suite du mandat de Donald Trump. Les investisseurs redoutent notamment une paralysie politique à Washington si les démocrates reprennent le contrôle d'une ou des deux chambres du Congrès.
À Paris, le CAC 40 clôture à 8 020 points (-0,34%), après son rebond de 0,98% hier. Les marchés restent partagés entre les espoirs d'une désescalade avec l'Iran et les inquiétudes persistantes autour de l'intelligence artificielle. Le pétrole, qui avait lourdement chuté hier grâce aux progrès supposés des négociations entre Washington et Téhéran, poursuit sa baisse (-1%) à 103$ le baril de Brent. Et ce, malgré de nouvelles frappes américaines sur des positions iraniennes.
À Wall Street, le Nasdaq gagne environ 0,5% et le S&P 500 0,2% dans les premières heures d'échanges. Mais les géants technologiques restent sous pression. Apple recule de 2% après avoir annoncé une dégradation attendue de ses marges, tandis que les investisseurs s'interrogent toujours sur la rentabilité des investissements colossaux dans l'IA. La marque à la pomme fait toutefois figure de valeur refuge au sein du compartiment technologique, on en reparle dans la suite de cette édition.
Enfin, les taux obligataires restent élevés, avec des rendements américain et français à dix ans proches de 4,9%. Entre pétrole, inflation, taux et élections américaines, le cocktail reste explosif. Et demain matin, les marchés connaîtront les premiers résultats des midterms. Une chose est sûre : la nuit pourrait être agitée ! Bonne lecture à tous.
Les valeurs
BioMérieux
Le spécialiste français du diagnostic médical progresse de 4,81% à 94,75 ?, après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Son chiffre d'affaires atteint 1,04 milliard d'euros, en hausse de 9,9%, contre 5,9% attendu par les bureaux d'analyse. La biologie moléculaire (+8,7%) et la microbiologie (+8,4%) soutiennent cette bonne dynamique, notamment grâce à la forte demande de tests de diagnostic des infections gastro-intestinales aux États-Unis.
Le groupe confirme ses objectifs annuels, avec une croissance des ventes visée entre 3% et 5%. Cette accélération contraste avec un premier semestre difficile, marqué par une activité pratiquement stable. Les bureaux d'études soulignent toutefois que les résultats bénéficient d'une comparaison favorable avec le troisième trimestre 2025, plutôt décevant. Après un rebond de 16% en octobre, l'action accuse encore un recul de 14% depuis janvier.
Rubis
Un trimestre solide pour Rubis. Le spécialiste français de la distribution d'énergies progresse de 1,32% à 35,32 ?, après une publication supérieure aux attentes. Son chiffre d'affaires bondit de 44% à 2,28 milliards d'euros, porté en partie par la hausse des prix du pétrole. Plus significatif, les volumes distribués progressent de 7%, avec une envolée de 82% pour le bitume, tandis que la marge brute de la distribution d'énergies augmente de 10%. La filiale solaire Photosol affiche également une croissance de 40% de ses revenus.
Fort de ces performances, le groupe confirme ses objectifs annuels, avec un résultat brut d'exploitation attendu entre 775 et 825 millions d'euros. Nous évoquions récemment son projet de transformation en société anonyme, qui pourrait faciliter une éventuelle prise de contrôle. Cette opération doit encore être approuvée par les actionnaires le 9 décembre. Après un recul de 1% hier, l'action rebondit ce mardi et affiche une progression de 11% cette année.
Palmarès SBF 120
Plus fortes hausses
Inventiva : 3,55 ?, +10,08%
DBV Technologies : 1,78 ?, +9,77%
Worldline : 10,72 ?, +7,22%
Plus fortes baisses
Alstom : 11,12 ?, -4,79%
Stellantis : 4,08 ?, -3,68%
Valeo : 10,92 ?, -3,32%
Le coin des smalls
STIF
Un contrat avec SpaceX relance Stif en Bourse. Le spécialiste français des équipements de protection contre les explosions bondit de 22,94% à 19,67 ?, après avoir annoncé une première commande du groupe spatial d'Elon Musk. Par l'intermédiaire de sa filiale américaine Boss Products, Stif fournira des dispositifs de sécurité destinés aux sites de lancement de fusées au Texas et en Floride. Le contrat représente 1 million d'euros, mais pourrait ouvrir la voie à une collaboration plus importante avec SpaceX.
Cette annonce intervient un mois seulement après la rupture d'un contrat avec Tesla, qui avait provoqué une chute historique de 58,4% de l'action en une séance. Le constructeur automobile représentait 20% des revenus de Stif, un manque à gagner considérable que la commande de SpaceX ne suffira pas à compenser. Mais ce nouveau partenariat témoigne de la capacité du groupe à diversifier sa clientèle. Malgré ce rebond, l'action éligible au PEA-PME accuse encore une baisse de 64% depuis janvier.
La question corporate
Un cours de Bourse sans liquidité est-il encore un prix ? Un milliard d'euros. C'est la capitalisation boursière affichée d'une entreprise sur les écrans des investisseurs. Le chiffre semble définitif : il figure dans les classements, les bases de données et les présentations financières. Pourtant, il suffit parfois d'ouvrir le carnet d'ordres pour découvrir une réalité beaucoup plus modeste : quelques intentions d'achat, de faibles volumes disponibles et, certains jours, aucune transaction.
Retrouvez ici l'analyse d'Euroland Corporate.
La recommandation du jour
Faut-il revenir sur l'or ?
L'or a-t-il suffisamment corrigé pour redevenir attractif ? Après avoir perdu près de 30% depuis son record de janvier, le métal précieux évolue désormais autour de 3 900$ l'once. Pourtant, les grandes banques restent optimistes : Goldman Sachs vise 4 650$ fin 2026 et 5 400$ fin 2027, tandis qu'UBS anticipe également 5 400$ à l'horizon septembre 2027. Des objectifs ambitieux, mais évidemment pas des garanties.
Et les arguments de fond ne manquent pas. Endettement colossal des États, incertitudes géopolitiques, volonté de réduire la dépendance au dollar et achats massifs des banques centrales constituent autant de soutiens structurels. Ces dernières ont encore acheté 321 tonnes d'or au troisième trimestre, 42% de plus qu'il y a un an !
À long terme, une exposition de 1 à 5% à l'or peut être pertinente dans une allocation bien diversifiée, selon son profil de risque. Pour rappel, l'or ne distribue aucun revenu et reste volatil, particulièrement lorsque les taux d'intérêt augmentent.
Mais faut-il profiter de la correction actuelle pour se positionner ?
Le placement du mardi
Optimisation fiscale
Comment réduire ses impôts en 2026 ?
En France, la fiscalité occupe une place importante dans la gestion d'un budget. Il est toutefois possible d'en réduire l'impact en utilisant de manière appropriée les dispositifs prévus par la loi. Accessible à l'ensemble des contribuables, quel que soit leur niveau d'imposition, l'optimisation fiscale constitue un levier de gestion budgétaire à considérer. Meilleurtaux Placement vous en présente les principes essentiels dans ce dossier en libre accès, ainsi que quelques solutions pour mieux la comprendre.
Le monde d'après
Apple, valeur refuge de la tech ?
Apple fait figure de valeur refuge à Wall Street. Alors que les géants technologiques souffrent des inquiétudes entourant les investissements massifs dans l'intelligence artificielle, le fabricant de l'iPhone résiste bien mieux. Son action ne cède que 2% ce mardi, après avoir gagné plus de 20% depuis janvier. Contrairement à Microsoft, Alphabet ou Meta, Apple a privilégié une stratégie plus prudente dans l'IA, sans engager des centaines de milliards de dollars dans les centres de données. Une approche longtemps critiquée, mais désormais appréciée des investisseurs.
Les derniers résultats financiers confirment la solidité du groupe. Au quatrième trimestre de son exercice décalé qui vient d'être publié, son chiffre d'affaires progresse de 12%, à 114,5 milliards de dollars, porté par des ventes d'iPhone en hausse de 17,5%. Mais Apple subit indirectement les conséquences de la ruée vers l'IA. Les besoins gigantesques des centres de données provoquent une flambée des prix des puces mémoire, indispensables aux smartphones et ordinateurs. Le groupe anticipe ainsi une marge brute comprise entre 45% et 46% au prochain trimestre, contre 47,9% précédemment. Ça reste clairement énorme ?
Cette légère pression sur les marges n'efface toutefois pas les atouts d'Apple. Son activité reste très rentable, ses revenus publicitaires ne sont pas menacés par les nouveaux moteurs de recherche IA et ses besoins d'investissement restent bien inférieurs à ceux de ses concurrents. Dans une tech américaine où les dépenses explosent et où la rentabilité suscite de plus en plus de doutes, la prudence d'Apple devient un véritable avantage boursier.
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Demain à la une
Le verdict américain
Demain, les marchés découvriront les premiers résultats des élections américaines de mi-mandat. Le scrutin pourrait profondément modifier les rapports de force à Washington et compliquer la seconde moitié du mandat de Donald Trump. Les investisseurs surveilleront notamment les conséquences possibles sur la politique budgétaire, les réglementations et les relations commerciales.
Mais la séance sera également riche en statistiques. Dès 11h, l'inflation d'octobre en zone euro permettra de mesurer la persistance des tensions sur les prix. Aux États-Unis, les créations d'emplois du secteur privé ADP (voir lexique) seront publiées à 14h15, avant l'indice ISM des services à 16h. Enfin, les investisseurs analyseront les résultats d'AMD, attendus ce mardi soir après la clôture américaine. Un nouveau test pour la confiance dans l'intelligence artificielle.
Le lexique
Le rapport ADP
Le rapport ADP est une estimation mensuelle des créations d'emplois dans le secteur privé aux États-Unis. Il donne une première indication sur la santé du marché du travail américain. Pour les investisseurs, il est important car un marché de l'emploi solide peut pousser la Banque centrale américaine à maintenir ses taux d'intérêt élevés plus longtemps. À l'inverse, un ralentissement de l'emploi peut renforcer l'idée que la Fed pourrait baisser ses taux. Ce rapport est donc suivi de près par les marchés, mais il reste moins important que le rapport officiel sur l'emploi américain, beaucoup plus complet, qui sera dévoilé vendredi après-midi.









