« Après un début de mois en baisse, les actifs risqués ont tenté un rebond stoppé par des résultats mitigés des grandes entreprises technologiques liées à l'intelligence artificielle », observent les stratèges d'Edmond de Rothschild Asset Management dans une note.
Vers 16H50 GMT, le Nasdaq, à forte coloration technologique, chutait de 2,94 %, le S&P 500 reculait de 1,80 % et le Dow Jones de 0,87 %.
Sur l'ensemble du mois, le Nasdaq accusait à cette heure une perte d'environ 5,4 % et le S&P 500 de 0,9 %, tandis que le Dow Jones gagnait 1,9 %.
En Europe, Paris a fini la séance quasiment à l'équilibre (-0,01 %), tout comme Londres (+0,07 %), mais Francfort (-0,85 %), Milan (-1,00 %) et Madrid (-1,09 %) ont reculé plus nettement.
Sur le mois, la Bourse de Paris termine quasiment stable (+0,06 %). Francfort (+2,46 %) et Londres (+1,17 %) ont progressé, tandis que Milan (-3,64 %) et Madrid (-3,98 %) ont reculé.
L'IA ne suffit plus
« Pendant trois ans, il suffisait aux géants de la tech d'annoncer des investissements dans l'intelligence artificielle pour être récompensés en Bourse. Ce n'est plus le cas », résume Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K.
Amazon perdait 1,65 % vers 16H50 GMT après que le géant du commerce en ligne a publié un chiffre d'affaires et un bénéfice inférieurs aux attentes pour le troisième trimestre.
Le géant de la distribution a réalisé entre juillet et septembre un chiffre d'affaires de 201,9 milliards de dollars, en hausse de 12 % sur un an, pour un bénéfice net de 20,7 milliards (-2 %).
Pour tenir le rythme de la course, Amazon a investi 77,3 milliards de dollars en équipements au troisième trimestre. Sur l'année, le groupe de Seattle maintient son objectif d'investissements à environ 220 milliards de dollars et compte dépenser « nettement plus » en 2027, a annoncé Andy Jassy, le PDG du groupe.
« Une entreprise qui dépense plus qu'elle ne gagne doit financer l'écart par de la dette » ou « des actions » notamment, rappelle Florian Ielpo, responsable macroéconomie chez Lombard Odier Investment Managers.
C'est le cas de Meta, qui, cette semaine, a « porté à 97,5 milliards de dollars la plus grosse augmentation de capital de l'histoire. (...) Quand la dette devient chère, on paie en actions », résume Florian Ielpo.
Le fabricant de puces Intel s'effondrait de 29,72 %, lourdement sanctionné après avoir dit prévoir un chiffre d'affaires de 15 à 16 milliards de dollars au quatrième trimestre, bien en deçà des attentes.
En Europe, les investisseurs se sont reportés en octobre sur des valeurs jugées plus sûres. A l'échelle du continent, l'indice sectoriel de la santé a gagné 14,07 % sur le mois, celui de l'agroalimentaire 12,23 % et celui du pétrole et du gaz 8,68 %. Celui des banques a en revanche chuté de 10,55 %.
Les résultats d'entreprises du troisième trimestre comptent des surprises positives « un peu moins nombreuses que le trimestre précédent, mais (qui) restent élevées, notamment dans les secteurs défensifs », relève Edmond de Rothschild AM.
Le pétrole grimpe
Vers 16H50 GMT, le Brent de la mer du Nord prenait 2,39 % à 117,62 dollars le baril, et le WTI américain 2,07 % à 104,11 dollars.
Les cours restent soutenus par les tensions dans le détroit d'Ormuz, où l'Iran a affirmé jeudi que quatre pétroliers avaient pris feu après avoir heurté des mines, et par la crainte d'une nouvelle offensive américaine contre l'Iran après les élections de mi-mandat de mardi.
Bitcoin chahuté
Le bitcoin cédait 1,80 % à 77.380 dollars. Binance, première plateforme d'échanges de cryptomonnaies au monde, a subi jeudi un piratage dont le préjudice est estimé à 6,3 milliards de dollars.















