Wall Street dévisse, Paris résiste
On prend les mêmes et on recommence ! La petite rotation entre Wall Street et Paris se poursuit ce soir. Le CAC 40 clôture parfaitement à l'équilibre, à 7 969 points, après son rebond de 1,05% hier (+2,4% sur la semaine). Les excellents résultats de Sanofi (+4,7%) et les spéculations autour du capital d'EssilorLuxottica (+3,4%) soutiennent la cote. Imerys s'envole même de 13,8% après avoir relevé ses prévisions annuelles. À l'inverse, STMicroelectronics (-5,3%), Schneider Electric (-4,1%) et Legrand (-2,7%) cèdent du terrain, victimes des nouvelles inquiétudes autour de l'intelligence artificielle.
Et c'est justement à Wall Street que la situation se complique. Le Nasdaq plonge de 4% (-1,4% hier, -1,8% depuis lundi), pénalisé par les lourdes sanctions infligées à Intel (-30% !) et Amazon (-2%). Après Alphabet hier, les géants technologiques sont désormais sommés de justifier leurs investissements astronomiques dans l'IA. Les investisseurs ne veulent plus seulement de la croissance, ils exigent de la rentabilité ! Et c'est la moindre des choses. Dans ce climat de défiance, les capitaux se réfugient notamment sur les obligations américaines, dont les rendements reculent un peu. La révolution de l'IA continue, mais le temps des chèques en blanc est terminé?
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Les valeurs
Sanofi
Sanofi retrouve des couleurs. Le géant pharmaceutique bondit de 4,71% à 79,74 ? ce vendredi, en tête du CAC 40, après des résultats trimestriels nettement supérieurs aux attentes. Son chiffre d'affaires grimpe de 14,3%, à 14,44 milliards d'euros, contre 13,25 milliards attendus. La locomotive du groupe, Dupixent, un traitement contre plusieurs maladies inflammatoires, affiche des ventes en hausse de 34,8%, à 5,7 milliards d'euros. Le bénéfice opérationnel s'envole de 22,2%, à 5,43 milliards, grâce notamment à une meilleure maîtrise des coûts. Seule ombre au tableau : les vaccins reculent de 6,6%.
Fort de ces performances, Sanofi relève ses objectifs annuels pour la deuxième fois en 2026. Le laboratoire français vise désormais une croissance de ses revenus comprise entre 10% et 13%, et une progression de son bénéfice ajusté par action (voir lexique) d'environ 15%. De quoi rassurer les investisseurs, même si un défi majeur demeure : préparer l'après-Dupixent, dont les brevets commenceront à expirer au début des années 2030. Depuis le début de l'année, Sanofi cède 3% à la Bourse de Paris.
EssilorLuxottica
Coup de théâtre chez EssilorLuxottica. Le géant mondial de l'optique bondit de 3,42% à 184,30 ? ce vendredi, porté par une spectaculaire opération financière en préparation. Le milliardaire tchèque Michal Strnad, propriétaire du groupe d'armement CSG, propose 30 milliards d'euros pour racheter Delfin, la holding de la famille Del Vecchio, qui détient 32,4% d'EssilorLuxottica. Une offre colossale, mais qui valorise Delfin avec une décote de 30% par rapport à la valeur de ses actifs, estimée à plus de 40 milliards d'euros.
Pourquoi cet engouement en Bourse ? Les investisseurs spéculent sur une possible recomposition du capital, voire sur une future offre publique d'achat (OPA) visant EssilorLuxottica. Attention, rien n'est acquis ! Les héritiers Del Vecchio sont divisés, et certains s'opposent déjà à la proposition. JPMorgan juge même ses chances de succès limitées. Mais cette agitation financière arrive au meilleur moment pour le groupe, dont l'action a déjà grimpé de plus de 20% depuis ses excellents résultats trimestriels, notamment portés par le succès des lunettes connectées. Entre croissance spectaculaire et spéculations sur son capital, EssilorLuxottica a décidément tout pour attirer les regards. Mais malgré la hausse du jour, l'action cède toujours 32% en 2026.
Palmarès SBF 120
Plus fortes hausses
- Imerys : 25,34, +13,84%
- Vivendi : 1,62, +6,90%
- Sanofi : 79,74, +4,71%
Plus fortes baisses
- Mersen : 39,26, -10,69%
- Eutelsat : 1,80, -10,49%
- Soitec : 120,25, -9,59%
Le coin des smalls
Imerys
En tête du SBF 120, le spécialiste français des minéraux industriels s'envole de 13,84% à 25,34, après avoir relevé ses prévisions annuelles. Son chiffre d'affaires progresse de 7% au troisième trimestre, à 884 millions d'euros, tandis que son excédent brut d'exploitation (EBITDA) atteint 160 millions, contre 120 millions un an plus tôt. Une rentabilité en nette amélioration, grâce à la hausse des prix de vente, aux acquisitions et à une meilleure maîtrise des coûts.
Imerys vise désormais 570 à 590 millions d'euros d'EBITDA en 2026, contre 550 à 580 millions précédemment. De quoi enthousiasmer les investisseurs mais clairement, tout n'est pas rose : la demande européenne reste fragile, notamment dans la construction, et le bénéfice net recule de 16,4% sur neuf mois. Le redressement est bien engagé, mais il reste à confirmer pour cette pépite capitalisée 2,1 milliards d'euros. Depuis le début de l'année, elle signe une hausse de 5%.
Le monde d'après
Binance : le casse du siècle
6,3 milliards de dollars envolés en quelques minutes ! C'est le montant astronomique du piratage subi jeudi soir par Binance, la plus grande plateforme d'échange de cryptomonnaies au monde. Un record absolu. À titre de comparaison, le précédent piratage majeur, celui de Bybit en février 2025, avait coûté 1,5 milliard de dollars ?
Comment un tel casse a-t-il été possible ? Les pirates auraient notamment compromis l'ordinateur d'un ingénieur de Binance, leur permettant de pénétrer les systèmes informatiques de la plateforme. Une attaque d'une sophistication redoutable, potentiellement liée à des hackers nord-coréens. Binance affirme avoir fait geler environ 3 milliards de dollars et promet de rembourser intégralement ses clients. Mais la confiance est ébranlée, le Bitcoin a plongé sous les 77 000$ dans la foulée.
Cette affaire illustre un paradoxe vertigineux. Jamais nos économies n'ont été aussi numériques, jamais les investissements technologiques n'ont été aussi massifs et pourtant, quelques pirates peuvent faire disparaître des milliards en quelques minutes. Pour les entreprises, les banques et les États, la cybersécurité devient une nécessité absolue. Et pour les investisseurs, une tendance de fond incontournable. Avec l'essor de l'intelligence artificielle, les menaces deviennent encore plus sophistiquées. Plus le monde se numérise, plus sa protection prend de la valeur.
Vous souhaitez investir simplement dans cette tendance de long terme ? L'ETF iShares Digital Security (ISIN : IE00BG0J4C88) permet de s'exposer en une seule ligne à un ensemble d'acteurs mondiaux de la sécurité numérique.
Les performances annuelles de l'ETF :
- 2026 : +45,32%*, à la clôture du 26 octobre
- 2025 : -1,72%*
- 2024 : +24,23%*
- 2023 : +28,05%*
- 2022 : -24,42%*
- 2021 : +26,02%*
Le lexique
Bénéfice ajusté par action
Le bénéfice ajusté par action mesure la part des profits d'une entreprise qui revient théoriquement à chaque action, après avoir écarté certains éléments exceptionnels ou jugés non représentatifs de son activité habituelle. L'objectif ? Mieux apprécier sa rentabilité réelle et faciliter les comparaisons. Prenons Intel : son bénéfice ajusté par action atteint 0,52 dollar, contre 0,41 attendu par le marché. Une bonne surprise donc. Mais attention, dépasser les attentes ne suffit pas toujours à faire grimper une action en Bourse. Les investisseurs scrutent aussi, et surtout, les perspectives de bénéfices futurs.















