Les marchés
L'intelligence artificielle retrouve de l'élan en Bourse. Après une matinée hésitante, le CAC 40 progresse de 0,51% à 7 887 points ce mardi, porté par les valeurs technologiques. STMicroelectronics gagne 7,06%, tandis que Schneider Electric et Legrand avancent de plus de 2%, profitant de leur exposition aux centres de données. À Wall Street, le Nasdaq poursuit son rebond (+1,2%), dans le sillage du projet d'introduction en Bourse d'Anthropic, le créateur de Claude. Une opération potentiellement historique, envisagée dès la mi-novembre.
Mais la séance reste contrastée. Boeing plonge de 9,6% après des pertes supérieures aux attentes et l'annonce d'une montée en cadence plus lente que prévu de son 737 Max. Le pétrole offre en revanche un peu de répit aux marchés. Le Brent repasse sous les 115$ le baril, à la faveur de nouveaux espoirs diplomatiques au Moyen-Orient. Une détente bienvenue alors que les prix de l'énergie continuent de nourrir les inquiétudes inflationnistes.
Le grand rendez-vous arrive ce mercredi 28 octobre avec la Fed. Les marchés anticipent une pause dans la hausse des taux, mais les commentaires de Kevin Warsh seront déterminants pour la suite. Et la semaine s'annonce particulièrement chargée avec les résultats d'Alphabet, Microsoft, Apple et Amazon. Entre décisions monétaires et publications des géants américains, les prochains jours promettent encore de l'animation. Bonne lecture à tous !
Les valeurs
Orange
Le géant français des télécoms termine la séance parfaitement à l'équilibre, à 14,26 euros, malgré une publication trimestrielle supérieure aux attentes. Son chiffre d'affaires atteint 12,2 milliards d'euros, en hausse de 3,6%, tandis que son résultat brut d'exploitation progresse de 4,6% à 4,14 milliards d'euros. Fort de ces performances, Orange relève légèrement son objectif annuel de croissance de la rentabilité, désormais fixé à 4,5%, contre plus de 4% précédemment.
Mais le groupe reste pénalisé par les inquiétudes politiques et budgétaires en France, où il réalise la moitié de son résultat brut d'exploitation. La pression sur les prix persiste également, avec une baisse de 5% du revenu moyen par client mobile. Malgré la perspective du rachat de SFR aux côtés de Bouygues Telecom et Free, les investisseurs restent prudents. Après une correction de 13% sur trois mois, l'action évolue désormais autour de son niveau de début d'année.
On
La polémique autour de Kylian Mbappé rattrape On en Bourse ! L'équipementier sportif suisse recule de 2,83% à 32,24$ à Wall Street, après des propos controversés du footballeur sur Mao Zedong, qui ont provoqué une vague d'indignation en Chine. L'affaire touche directement On, qui a recruté la star du Real Madrid comme ambassadeur de sa marque en septembre dernier, après son départ de Nike. Plusieurs entreprises chinoises ont déjà rompu leurs contrats publicitaires avec le joueur, malgré ses excuses publiques. Une situation délicate pour la marque suisse, qui comptait sur sa notoriété pour renforcer son rayonnement international.
La Chine représente un marché stratégique pour le groupe, dont les ventes en Asie-Pacifique ont bondi de 54,7% au deuxième trimestre. La région pèse désormais plus de 20% de son chiffre d'affaires, et On exploite déjà plus de 80 boutiques en Chine. Les investisseurs redoutent que cette polémique ternisse l'image de la marque et freine son expansion. Depuis le début de l'année, le titre cède 30%.
Palmarès SBF 120
Plus fortes hausses
Genfit : 10,58 euros, +20,78% Nanobiotix : 30,30 euros, +7,37% STMicroelectronics : 43,36 euros, +7,06%
Plus fortes baisses
Exosens : 56,80 euros, -4,78% Valeo : 11,32 euros, -3,66% Edenred : 24,30 euros, -3,65%
Le coin des smalls
Exosens
Une croissance spectaculaire, mais une Bourse déçue. Le spécialiste français des technologies de vision nocturne et de défense recule de 4,78% à 56,80 euros, malgré des ventes en hausse de 23,5% à 133,8 millions d'euros au troisième trimestre. Le groupe profite de la forte demande pour ses équipements militaires, notamment dans les drones et les systèmes de vision nocturne. Mais sa marge brute recule à 48%, contre 52% un an plus tôt, pénalisée par le poids croissant des activités les moins rentables. Une déception qui éclipse l'accélération des ventes.
Exosens confirme pourtant ses objectifs annuels, relevés en septembre, avec un chiffre d'affaires attendu entre 558 et 570 millions d'euros. Le groupe bénéficie également d'une demande supérieure à ses capacités de production dans la vision nocturne et poursuit ses investissements industriels. Malgré la correction du jour, l'action éligible au PEA-PME gagne 17% depuis janvier.
Le monde d'après : Anthropic dévoile ses comptes
Anthropic, le créateur de Claude, a publié hier son dossier d'introduction en Bourse. Un document qui révèle une croissance spectaculaire, mais aussi des pertes colossales. Au premier semestre 2026, la start-up a généré 16,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires, contre 4,6 milliards sur l'ensemble de 2025. Sa perte nette atteint pourtant 80,7 milliards de dollars ! Un chiffre impressionnant, qui s'explique principalement par des ajustements comptables liés à la hausse de sa valorisation. Sa perte opérationnelle, plus représentative de son activité, s'élève à 693 millions de dollars.
La course à l'IA reste extrêmement coûteuse. Anthropic a engagé près de 17 milliards de dollars de dépenses opérationnelles en six mois, notamment pour ses infrastructures informatiques. Son introduction au Nasdaq doit lui permettre de lever de nouveaux capitaux pour financer sa croissance. Certains investisseurs valorisent désormais le groupe autour de 1 500 milliards de dollars, contre 2 000 milliards évoqués une semaine plus tôt.
Cette introduction pourrait devenir un véritable test pour tout le secteur. Après des mois d'euphorie autour de l'intelligence artificielle, Wall Street va devoir mettre un prix sur une entreprise à la croissance exceptionnelle, dont la rentabilité reste à consolider. Et le verdict pourrait peser bien au-delà d'Anthropic, notamment sur les valorisations d'OpenAI et des autres champions de l'IA.
Demain à la une : double verdict à Wall Street
Grosse journée en perspective demain. À 19h, la Fed rendra sa décision sur les taux américains. Un statu quo est largement attendu, avec une probabilité proche de 90%. Le véritable enjeu sera le discours de son président Kevin Warsh, à 19h30. Dans un contexte d'inflation persistante et de taux obligataires élevés, ses indications sur les prochaines décisions pourraient faire bouger Wall Street, le dollar et les obligations américaines.
Les résultats d'entreprises seront tout aussi déterminants. À Paris, Airbus, BNP Paribas, Danone, Dassault Systèmes et Stellantis publieront leurs chiffres trimestriels. Les investisseurs surveilleront notamment les objectifs de livraisons d'Airbus, les bénéfices de BNP Paribas et les perspectives de redressement de Stellantis. Mais le grand rendez-vous technologique arrivera après la clôture américaine, avec Alphabet et Microsoft.
Leurs investissements dans l'intelligence artificielle et leurs perspectives de croissance seront particulièrement scrutés après les récentes turbulences du secteur. De quoi préparer une séance potentiellement mouvementée jeudi sur le Nasdaq.
Le lexique : la marge brute
La marge brute mesure la part du chiffre d'affaires qu'une entreprise conserve après avoir déduit les coûts directement liés à la production ou à la vente de ses produits et services. Elle permet d'évaluer la rentabilité de son activité avant de prendre en compte les autres dépenses, comme les frais administratifs ou financiers.
Elle s'exprime en pourcentage : une entreprise qui réalise 100 euros de ventes avec une marge brute de 40% conserve 40 euros après ses coûts directs. Pour les investisseurs, son évolution est particulièrement importante. Une marge brute en baisse peut traduire une hausse des coûts de production, une pression sur les prix ou une progression des activités les moins rentables. Une entreprise peut donc augmenter fortement ses ventes tout en voyant sa rentabilité se dégrader.









