Les marchés

Nouvelle séance difficile à Paris ! Le CAC 40 rechute de 1,39% à 7 811 points ce jeudi, pénalisé par les résultats décevants d'Hermès et les inquiétudes persistantes sur la dette française. Le géant du luxe plonge de 4,94%, après avoir dévoilé une croissance inférieure aux attentes au troisième trimestre. Les banques souffrent également, BNP Paribas (-4,88%), Société Générale (-4,52%) et Crédit Agricole (-2,53%) figurent parmi les principales victimes de cette défiance.

Et la situation se complique encore sur le marché obligataire. Le rendement de l'emprunt français à dix ans grimpe à 5,08%, dépassant désormais celui des États-Unis (5,00%). L'écart avec l'Allemagne franchit les 160 points de base, contre 137 vendredi dernier. Une nouvelle illustration des inquiétudes sur les finances publiques françaises. Dans le même temps, le pétrole repart à la hausse après des informations évoquant de possibles frappes américaines et israéliennes contre l'Iran après les élections de novembre. De quoi raviver les craintes inflationnistes et compliquer davantage la situation des banques centrales.

Wall Street n'échappe pas à la baisse. Le Nasdaq perd 2,2% et le S&P 500 cède 1,4%, plombés par le retour des inquiétudes sur l'intelligence artificielle. Meta chute de 6% après avoir annoncé de nouvelles dépenses colossales dans ses infrastructures, malgré une trésorerie disponible devenue négative au troisième trimestre.

Les valeurs : Hermès

Même Hermès n'échappe plus aux difficultés du luxe. Le groupe français plonge de 4,94% à 1 289,50 euros en Bourse, après une publication trimestrielle décevante. Son chiffre d'affaires progresse de seulement 4,3% à 4,1 milliards d'euros, contre 5,2% attendu par les bureaux d'analyse. Il s'agit de sa plus faible croissance depuis le printemps 2020, en plein Covid. La maroquinerie résiste avec une hausse des ventes de 10,8%, mais les vêtements et accessoires reculent de 2%. Un ralentissement qui contraste avec les performances historiques du groupe.

La Chine constitue le principal point faible, avec une croissance désormais nulle en Asie-Pacifique hors Japon. Le groupe subit la baisse de confiance des consommateurs chinois et le ralentissement du marché du luxe. Cette nouvelle déception renforce les interrogations sur sa capacité à retrouver une croissance proche de 10%, comme les années précédentes. Après un rebond de près de 6% sur les dernières séances, l'action accuse désormais une chute de 39% depuis janvier.

ID Logistics

Une croissance qui impressionne. Le spécialiste français de la logistique bondit de 8,88% à 368,00 euros, après un troisième trimestre supérieur aux attentes. Son chiffre d'affaires progresse de 25,6% à 1,18 milliard d'euros, avec une nette accélération par rapport au trimestre précédent (+22,6%). L'Amérique du Nord constitue le principal moteur, avec une croissance de 48%, tandis que l'Europe affiche également une belle dynamique. Depuis janvier, le groupe a lancé 27 nouvelles opérations et réalise désormais près de 80% de son activité hors de France.

Cette expansion internationale rassure les bureaux d'analyse sur les perspectives du groupe. ID Logistics profite de l'essor du commerce en ligne et de la demande des grandes entreprises pour externaliser leur logistique. Le bureau d'analyse TP ICAP Midcap anticipe ainsi une croissance à deux chiffres en 2027 et maintient son objectif de cours de 506 ?. Malgré le rebond du jour, l'action accuse encore un recul de 11% depuis janvier.

SMCP

Le groupe français de prêt-à-porter chute de 20,04% à 4,32 euros, après une publication trimestrielle décevante. Son chiffre d'affaires recule de 1% à 291,4 millions d'euros, après une progression de 2% au trimestre précédent. La France constitue le principal point faible, avec des ventes en baisse de 9,7%, pénalisées par une consommation atone et la fermeture de plusieurs points de vente au BHV. À l'inverse, l'Amérique résiste avec une croissance de 4,3%, tandis que l'Europe hors France progresse de 2,5%.

Malgré ce ralentissement, SMCP maintient ses objectifs annuels, avec une marge opérationnelle de 10% visée au second semestre. Le groupe reste toutefois prudent, car ces prévisions supposent une absence de nouvelle dégradation du marché français. Cette publication contraste avec les bons résultats du premier semestre, qui avaient propulsé l'action de 19,6% fin juillet. Après plusieurs séances difficiles, le titre accuse désormais une baisse de 30% depuis janvier.

Le monde d'après : Cyber alerte mondiale

Deux failles majeures découvertes grâce à l'IA provoquent une alerte mondiale. Elles touchent PHP, un langage informatique utilisé par près de 70% des sites Web dont la technologie est identifiable. Repérées par des outils d'OpenAI et Google, elles pourraient permettre à des pirates de prendre le contrôle de serveurs et de voler des données sensibles. Plusieurs sites gouvernementaux ont été temporairement mis hors ligne par précaution.

Ces failles existaient depuis des années sans avoir été détectées. L'IA a permis aux chercheurs de les identifier et de démontrer leur dangerosité. Le risque concerne potentiellement des millions de sites, notamment ceux créés avec WordPress, l'un des outils de création de sites Internet les plus utilisés au monde. Si des correctifs sont désormais disponibles, leur déploiement à grande échelle représente un défi majeur.

Cette affaire illustre le double visage de l'IA. Elle renforce la cybersécurité, mais pourrait aussi faciliter les attaques informatiques. Une menace qui accroît les besoins de protection des entreprises et profite aux spécialistes du secteur.

Pour investir dans cette tendance, l'ETF iShares Digital Security (ISIN : IE00BG0J4C88) offre une exposition aux champions mondiaux de la cybersécurité.

Demain à la une : Moody's, l'heure du verdict

La dette française passe un nouveau test demain. Moody's doit réexaminer sa note souveraine, actuellement fixée à Aa3, un cran au-dessus de celles de Fitch et Standard & Poor's. Une dégradation est largement anticipée, alors que le taux d'emprunt français à dix ans vient de franchir les 5%, une première depuis 2002. Une sanction plus sévère que prévu pourrait accentuer la pression sur les obligations françaises, creuser l'écart de taux avec l'Allemagne et peser sur le CAC 40, particulièrement sur les banques. Verdict dans la soirée, après la clôture des marchés européens.

Avant cela, les premiers indices PMI d'octobre permettront de mesurer la résistance de l'activité en Europe et aux États-Unis. Côté entreprises, Safran publiera ses ventes trimestrielles, avec une croissance de 14,8% attendue par le consensus. Sodexo dévoilera ses résultats annuels et American Express ses comptes, un indicateur intéressant de la consommation et du crédit américains.

Le lexique : Le super privilège luxembourgeois

Le super privilège est l'un des principaux mécanismes de protection de l'assurance-vie luxembourgeoise. Il permet aux souscripteurs de bénéficier d'un statut de créancier prioritaire en cas de faillite de leur assureur. Concrètement, les actifs liés aux contrats sont conservés séparément des fonds propres de la compagnie, auprès d'une banque dépositaire. Si l'assureur fait faillite, les épargnants disposent d'un droit de remboursement prioritaire sur ces actifs, avant les autres créanciers.

Cette protection juridique constitue l'un des grands atouts du Luxembourg pour les épargnants. Attention toutefois, elle ne garantit pas la valeur des investissements : les unités de compte restent exposées aux fluctuations des marchés et au risque de perte en capital.