Les marchés : un journal en or
La Bourse de Paris signe une hausse de 0,39% à 8 508 points (+1,47% sur la semaine). La séance a été assez calme, en l'absence des investisseurs américains. Ce vendredi est en effet férié outre-Atlantique, en raison de la fête nationale. Nous vous en parlions hier, les investisseurs restent globalement rassurés par le ralentissement de l'emploi américain, qui réduit la crainte d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt aux États-Unis. Faute de Wall Street, nous consacrons une large partie de cette édition à l'or. Bonne lecture à tous !
Les valeurs
Airbus progresse de 1,10% à 206,15 euros après des informations de presse laissant entendre que l'avionneur aurait livré environ 90 appareils en juin, contre 81 en mai, 67 en avril et 60 en mars. Si ce résultat se confirme, il marquerait une nette accélération après un début d'année compliqué, avec seulement 114 livraisons au premier trimestre, soit une baisse de 16% sur un an. Cette montée en cadence est essentielle, car Airbus vise toujours environ 870 livraisons en 2026, contre 793 en 2025, soit une hausse de près de 10%. Les livraisons sont particulièrement surveillées puisqu'elles déclenchent l'essentiel des paiements des compagnies aériennes et conditionnent donc les rentrées de trésorerie du groupe. Cette accélération permettrait également de rattraper le retard causé par de récents problèmes d'approvisionnement et par le report de la livraison d'une vingtaine d'avions destinés à des clients chinois.
Avec près de 90 appareils livrés en juin, Airbus aurait déjà réalisé 40% de son objectif annuel au terme du premier semestre, un niveau proche de la moyenne historique de 42%. De quoi rassurer les investisseurs avant les résultats semestriels du 29 juillet et le point stratégique prévu le 21 juillet au salon de Farnborough. Plusieurs bureaux d'études estiment désormais que l'objectif annuel devient plus crédible, tandis que Bank of America voit toujours Airbus comme l'une de ses valeurs favorites du trimestre, anticipant un objectif de 10 milliards d'euros de résultat opérationnel à moyen terme pour l'aviation civile, contre 4,6 milliards d'euros en 2025. Depuis le début de l'année, le titre progresse de 4%. Et nous sommes également confiants pour le fleuron aéronautique !
Le laboratoire français Genfit bondit de 22,31% à 12,94 euros après une avancée importante aux États-Unis pour son test sanguin destiné à mieux repérer les patients à risque de maladie du foie gras. Ce test, développé avec LabCorp, sera remboursé aux États-Unis à partir du 10 août, à environ 252$ par test. C'est une bonne nouvelle pour Genfit, car un test remboursé a beaucoup plus de chances d'être prescrit par les médecins et utilisé par les patients.
Le marché potentiel est très large. La direction estime que 260 millions d'adultes américains présentent des risques de maladies liées au métabolisme, comme le diabète ou l'obésité. Parmi eux, près de 90 millions pourraient avoir des signes de maladie du foie. Même si seule une petite partie de ces patients utilise le test, cela pourrait devenir une source de revenus importante. Depuis le début de l'année, l'action progresse de 144%.
Le coin des smalls : Catana
Le spécialiste des catamarans recule de 7,56% à 2,14 euros ce soir après un violent incendie sur son site de Canet-en-Roussillon. Deux bâtiments ont été détruits, notamment ceux où étaient assemblés les modèles BALI 5.8 et Catana OC 50. Les pompiers ont toutefois réussi à sauver une partie importante du site, dont les moules nécessaires à la fabrication des bateaux. Cette mauvaise nouvelle arrive dans une période déjà compliquée pour Catana.
En effet, le groupe a récemment publié des résultats en baisse et une perte nette, dans un marché du nautisme plus difficile. Il comptait sur le second semestre pour accélérer ses livraisons, notamment avec le BALI 5.2, déjà bien commandé. Les investisseurs attendent désormais de connaître le coût réel de l'incendie et son impact sur la production des prochains mois... Éligible au PEA-PME, le titre creuse ses pertes depuis le début de l'année de 28%.
Le secteur de la semaine
Nautisme français : la marée n'est pas la même pour tous. Fountaine Pajot boit la tasse. L'autre grand constructeur de catamarans a publié ce 2 juillet un ROC semestriel en chute de 70% et refuse de s'engager sur des objectifs chiffrés pour le reste de l'exercice. Le message est clair : la visibilité est nulle et le carnet ne protège plus. Après deux ans de correction du marché nautique, le point bas se fait attendre pour La Rochelle.
Un rebond de l'or ?
Le prix de l'or cède un peu de terrain depuis le début de l'année, après une hausse exceptionnelle de 64% en 2025 et de 27% en 2024. Mais symboliquement, l'once (31,10 grammes) reste actuellement sur l'un de ses plus bas niveaux depuis novembre 2025 : son prix a chuté de 12% en juin et rebondit de 4% depuis le 1er juillet. Pourtant, les piliers structurels restent intacts : achats massifs des banques centrales mondiales, valeur refuge par excellence, instabilité géopolitique...
Pourquoi cette baisse alors ? Elle s'explique surtout par la hausse des taux d'intérêt qui limite l'intérêt du métal précieux, dans la mesure où il ne verse ni dividende, ni coupon. En parallèle, le dollar s'est raffermi ces derniers mois, ce qui rend l'or plus cher pour les acheteurs utilisant d'autres devises. Enfin, après la forte hausse des dernières années, certains investisseurs ont pris leurs bénéfices, accentuant le recul de la reine des valeurs refuges.
Le monde d'après : l'arme européenne
L'Europe reste très en retard dans la course à l'intelligence artificielle. La France ne représenterait qu'environ 1% de la puissance de calcul mondiale, contre 86% pour les États-Unis et 8% pour la Chine. Pourtant, le continent conserve des atouts stratégiques majeurs : trois entreprises européennes contrôlent des technologies indispensables à la fabrication des puces les plus avancées utilisées par l'IA.
ASML, aux Pays-Bas, fabrique les machines capables de graver les puces les plus performantes. L'allemand Zeiss fournit les miroirs de très haute précision nécessaires à ces équipements, tandis que LPKF produit les lasers utilisés dans ce procédé. Sans ces trois groupes, impossible de fabriquer les processeurs les plus puissants au monde. Cette position donne à l'Europe un poids bien supérieur à sa place actuelle dans les grands modèles d'intelligence artificielle.
L'enjeu est désormais politique autant qu'industriel. Les États-Unis souhaitent limiter les exportations d'ASML vers la Chine, tandis que Pékin tente depuis des années de réduire sa dépendance, avec encore un retard estimé entre 15 et 20 ans dans cette technologie. Pour certains experts, l'Europe pourrait s'appuyer sur ses trois fleurons pour défendre ses intérêts et peser davantage dans les règles mondiales de l'IA, plutôt que de rester dépendante des décisions prises à Washington et à Pékin. Dans une course dominée par les deux superpuissances, l'Europe ne possède peut-être pas les modèles les plus puissants, mais elle contrôle encore une étape sans laquelle aucune intelligence artificielle de pointe ne peut voir le jour !
Demain à la une : c'est votre argent exceptionnel
Avec l'introduction de SpaceX, les introductions à venir d'OpenAI et Anthropic, on va analyser le phénomène aux États-Unis. Et tenter de comprendre pourquoi l'Europe et la France en particulier sont autant larguées. Avec des conseils sur les introductions en Bourse. Avec nos Jedi de l'introduction en Bourse réunis autour de Marc Fiorentino : Julie Jourdan d'Amplegest, Alexis Janin d'Euronext, Emmanuel Blot de Bpifrance, Jean-Michel Karam de QVEMA, de Memscap et de Ieva Group, Guillaume Gibault du Slip Français. Une émission exceptionnelle, passionnante et utile ! À ne pas manquer ! Sur BFM Business, ce soir à 20h et en replay samedi à 9h, et dimanche à 11h et 21h. Et en podcasts sur toutes les grandes plateformes.
Le lexique : les ETF hedged
Derrière cette expression barbare se cache un outil précieux. Un ETF Hedged sert à annuler l'impact des variations de change sur un investissement. Pour l'or, qui cote en dollars, il permet à un épargnant européen de répliquer les performances du métal précieux sans subir les variations du billet vert. C'est utile pour viser un rebond de l'or sans dépendre des devises, mais cette solution reste généralement temporaire car la couverture a un coût et peut priver l'investisseur d'un effet de diversification.









