Les marchés
Bientôt de nouveaux records ?
Le CAC 40 termine le mois, le trimestre et le semestre sur une note positive ! Ce mardi, il gagne 0,44% à 8 404 points. On attendra demain soir pour dresser un bilan définitif de ce premier semestre mais pour le moment le CAC revient à moins de 3% de son record historique. En cas de franchissement des 8 500 points dans les prochaines séances, de nouveaux pics historiques pourraient être atteints. Pour l'heure, les marchés profitent d'un climat un peu plus apaisé, notamment grâce à un petit recul des prix de l'énergie. En France, l'inflation ralentit plus nettement que prévu en juin, et les premiers chiffres régionaux en Allemagne vont dans le même sens.
Une évolution bienvenue alors que les banquiers centraux sont réunis à Sintra, au Portugal, pour le grand rendez-vous annuel de la BCE. Les investisseurs écouteront surtout Kevin Warsh, le président de la Fed, attendu demain aux côtés de Christine Lagarde. Le message sera important : si la détente sur le pétrole se confirme, la pression inflationniste pourrait continuer de se tasser, réduisant les craintes de futures hausses de taux. Mais les banques centrales devraient rester prudentes, car les prix de l'énergie demeurent assez élevés et leurs effets sur l'économie ne disparaîtront pas du jour au lendemain.
Aux États-Unis, un indice de confiance des consommateurs déçoit Wall Street, alors que le marché attendait une amélioration. Mais les indices américains restent portés par la technologie, malgré les turbulences récentes autour de l'IA. Le S&P 500 et le Nasdaq se dirigent vers leur meilleur trimestre en six ans. Rien que ça ! En toile de fond, les négociations diplomatiques USA-Iran se poursuivent, sans véritable avancée majeure pour l'instant. Les marchés restent donc soutenus, mais toujours dépendants de trois grands sujets : l'énergie, les banques centrales et la technologie. Bonne lecture !
Les valeurs
Kering
Kering plonge en Bourse, pénalisé par les doutes autour du redressement de Gucci. Le titre chute de 6,91% ce mardi, à 247,30, et signe la plus forte baisse de l'indice français. Depuis le début de l'année, l'action perd désormais 17,5%, après une hausse de 26% en 2025. Le problème central reste Gucci, marque essentielle pour le groupe. Elle représente environ 40% des revenus de Kering et 60% de son résultat opérationnel. Or, son retour à la croissance semble plus lent que prévu. Au premier trimestre, les ventes de Gucci avaient déjà reculé de 8%. Pour le deuxième trimestre, plusieurs bureaux d'études anticipent encore une baisse d'environ 4,5%.
Kering confirme pourtant ses objectifs pour 2026, avec un retour à la croissance pour presque toutes ses marques et une amélioration de sa rentabilité. Mais Barclays juge ces objectifs de plus en plus difficiles à atteindre, dans un contexte de consommation fragile sur plusieurs marchés importants. La Chine continue de peser, tandis que le Moyen-Orient pourrait retirer 2 points de croissance au groupe sur le trimestre. Le marché attend désormais les résultats semestriels, prévus le 28 juillet après la clôture. Ils devront montrer si le redressement de Gucci avance réellement ou si la patience des investisseurs risque encore d'être mise à l'épreuve.
Teleperformance
Teleperformance chute également à la Bourse de Paris (-11,54% à 45,98), après des commentaires inquiétants de son concurrent américain Concentrix, dont le titre s'effondre de 18% à Wall Street. Le marché craint de plus en plus que l'intelligence artificielle remplace une partie des services de relation client. Concentrix a expliqué que certains clients avaient tout simplement supprimé des services d'assistance dans certains domaines, pour les remplacer par des solutions automatisées. L'impact attendu représente environ 2 points de croissance en moins sur les revenus du trimestre en cours.
Cette annonce ravive donc les inquiétudes autour de Teleperformance. Depuis 2023, le groupe est considéré comme l'une des premières victimes potentielles de l'intelligence artificielle en Bourse. Trois ans plus tard, ces craintes se sont largement confirmées aux yeux des investisseurs : le cours de l'action a été divisé par trois et le groupe est sorti du CAC 40 en septembre dernier. Le problème dépasse donc une simple mauvaise séance boursière. Les investisseurs redoutent un changement durable du comportement des clients, qui cherchent à réduire leurs coûts grâce à l'automatisation. Dans ce contexte, beaucoup hésitent désormais à revenir sur ce secteur, jugé trop exposé aux bouleversements provoqués par l'IA.
Le coin des smalls
Abivax
La biotech française s'envole de 38,66% ce soir à 115,50 après des nouvelles rassurantes sur son traitement contre une maladie inflammatoire chronique de l'intestin, qui touche environ 1 million de personnes aux États-Unis et tout autant en Europe. Début juin, le titre avait chuté de 43,6% après l'apparition de trois cas de cancers dans une étude médicale. Même si ces cancers n'étaient pas considérés comme liés au traitement, les investisseurs avaient pris peur. Les nouvelles données apaisent une partie de ces craintes.
Les résultats cliniques montrent aussi que le traitement continue d'être efficace chez des patients difficiles à soigner. Sur 371 patients, 37,2% ont vu leurs symptômes fortement diminuer après 44 semaines de traitement, et 45,5% des patients ayant rechuté ont vécu une amélioration de leur état avec une dose plus élevée. L'entreprise éligible au PEA-PME prévoit toujours de demander une autorisation de commercialisation aux États-Unis d'ici fin 2026. Le marché retrouve ainsi confiance, du moins temporairement : après son envolée de plus de 1 650% sur un an, le titre reste toutefois en baisse de 3% depuis le début de l'année.
Le monde d'après
IPO : OpenAI attendra
Le doute s'installe autour des grandes valeurs de l'intelligence artificielle. Nous l'évoquions ce matin : après plusieurs mois d'euphorie, les marchés commencent à se montrer plus exigeants sur les valorisations du secteur. SpaceX en fournit un premier exemple. Après une hausse de 50% en trois jours, le titre a perdu environ 30% depuis son plus haut du 16 juin et évolue désormais autour de 165$. Sa récente levée de 25 milliards de dollars de dette a aussi ravivé les inquiétudes sur l'ampleur des investissements consentis dans l'IA.
Dans ce contexte, OpenAI pourrait choisir de repousser son entrée en Bourse à 2027, selon le New York Times. Le créateur de ChatGPT vise une valorisation d'au moins 1 000 milliards de dollars, après avoir été valorisé 852 milliards lors de sa dernière levée de fonds en mars. Le report éventuel de cette opération, très attendue par les marchés, a pesé sur le sentiment des investisseurs et fait chuter SoftBank de plus de 12% à Tokyo (le groupe japonais détient environ 13% d'OpenAI).
Ces hésitations ne remettent pas en cause le potentiel de l'IA, mais elles montrent que les investisseurs veulent désormais davantage de visibilité sur les revenus, les coûts d'investissement et la capacité des groupes à rentabiliser les milliards engagés dans cette course technologique. Affaire à suivre dans les prochains mois !
Demain à la une
Doha, Sintra, inflation et emploi
Sur le plan géopolitique, le marché suivra demain les pourparlers indirects entre Washington et Téhéran à Doha, dans un climat encore fragile autour du détroit d'Ormuz, avec un baril de Brent évoluant toujours autour des 73$. Sur le plan monétaire, le forum de Sintra dont nous vous parlions hier soir s'achèvera avec le débat très attendu réunissant plusieurs banquiers centraux : Kevin Warsh, pour sa première sortie internationale comme patron de la Fed, Christine Lagarde (zone euro), Andrew Bailey (Royaume-Uni) et Tiff Macklem (Canada), dans un contexte où la BCE a renoué avec les hausses de taux.
Côté statistiques, une première estimation de l'inflation de juin en zone euro sera scrutée après un taux de 3,2% en mai, de même que plusieurs indices manufacturiers. Aux États-Unis, Wall Street surveillera l'enquête ADP sur l'emploi privé avant le rapport officiel de jeudi (voir lexique). En France, l'Assemblée nationale votera définitivement la loi de programmation militaire, avec 36 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2030, un texte qui soutient déjà les valeurs de défense.
Le lexique
Le rapport ADP
Le rapport ADP est une estimation mensuelle des créations d'emplois dans le secteur privé aux États-Unis. Il donne une première indication sur la santé du marché du travail américain. Pour les investisseurs, il est important car un marché de l'emploi solide peut pousser la Banque centrale américaine à maintenir ses taux d'intérêt élevés plus longtemps. À l'inverse, un ralentissement de l'emploi peut renforcer l'idée que la Fed pourrait baisser ses taux. Ce rapport est donc suivi de près par les marchés, mais il reste moins important que le rapport officiel sur l'emploi américain, beaucoup plus complet, qui sera dévoilé exceptionnellement jeudi après-midi.









