Les marchés : Trump et Nvidia !
Ça passe ou ça casse ! C'est en synthèse ce qui nous attend ce soir avec les résultats de Nvidia, dont nous vous parlions hier. Lors de ses trois dernières publications trimestrielles, l'action du géant américain a baissé, malgré des résultats spectaculaires (jusqu'à -10% environ en février en l'espace de deux séances). Reste à savoir si le mastodonte réussira dans quelques heures à battre les attentes stratosphériques du marché, voire à atteindre un nouveau record historique à Wall Street dans les jours à venir.
Pour le moment, les marchés américains progressent de plus de 1%, dans l'attente de ce rapport trimestriel critique. En France aussi la Bourse est soutenue par les espoirs liés au compartiment des puces d'IA, avec une première place occupée par STMicroelectronics (+5,98%) sur le podium du CAC 40 qui gagne 1,70% à 8 117 points.
En tête du SBF 120, Soitec s'envole de 10,4%. Dans le même temps, les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l'Iran restent fortes. Comme toujours, Trump souffle le chaud et le froid. Ce mercredi, c'est le froid ! Il menace de nouvelles frappes en cas d'échec diplomatique, tandis que l'armée iranienne prévient d'une possible extension du conflit au-delà du Moyen-Orient.
La guerre reste en théorie suspendue par un fragile cessez-le-feu, en place depuis le 8 avril, mais les risques d'escalade persistent. Léger signe de détente, l'armée iranienne affirme avoir autorisé plus de 25 navires à circuler dans le détroit d'Ormuz. En somme, les prochaines séances seront largement dominées par ? Trump et Nvidia !
Les valeurs : Euronext et Stellantis
Euronext a publié de meilleurs résultats que prévu au premier trimestre, grâce à une forte croissance de son activité et à une bonne maîtrise de ses dépenses. Le groupe, qui gère notamment les Bourses de Paris, Milan et Athènes, poursuit son expansion en Europe après plusieurs rachats ces dernières années.
Entre janvier et mars, les revenus d'Euronext ont augmenté de 15,3% pour atteindre 528,5 millions d'euros. Le bénéfice opérationnel a progressé de 16,7% à 343,2 millions d'euros, dépassant largement les attentes des marchés. La rentabilité atteint également un niveau record avec une marge de 64,9%.
Cette performance a été soutenue par l'intégration de la Bourse d'Athènes, rachetée fin 2025, mais aussi par une hausse des activités liées aux services financiers et aux données de marché. En parallèle, les coûts ont été plus faibles qu'anticipé, ce qui a renforcé les bénéfices.
Ce soir, l'action Euronext s'envole de 5,20% à la Bourse de Paris, à 147,60 euros, signant la deuxième plus forte hausse du CAC. Plusieurs bureaux d'études estiment que le groupe conserve encore un potentiel de croissance, avec une progression des bénéfices attendue autour de 10% dans les prochaines années grâce à de nouvelles acquisitions et au développement de ses activités. Depuis le début de l'année, l'action progresse désormais de 13%.
Stellantis prépare un virage stratégique majeur pour tenter de redresser ses ventes et rassurer les marchés, alors que son action a perdu près de 32% en 2026. Le groupe, dirigé par Antonio Filosa, veut relancer ses performances aux États-Unis, un marché clé. Il prévoit aussi de conserver ses 14 marques, mais de concentrer ses investissements sur quatre d'entre elles : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat. La Chine occupe également une place importante dans ce nouveau plan, avec le renforcement des partenariats industriels avec des acteurs comme Leapmotor et Dongfeng, afin de réduire les coûts et d'accélérer le développement des voitures électriques.
Ce repositionnement vise à améliorer la rentabilité du groupe, dans un contexte de forte concurrence et de défis industriels en Europe comme à l'international. Verdict demain lors de la présentation de la nouvelle stratégie lors d'une journée investisseurs ! La présentation est très attendue par les actionnaires du groupe : l'action cède désormais 75% depuis son pic historique atteint en avril 2024. Ce mercredi, elle signe une hausse de 1,05% à 6,43 euros.
Le coin des smalls : le retour de Club Med ?
Saviez-vous que Club Med est chinois ? Le groupe Fosun envisagerait de réintégrer Club Med en Bourse, cette fois à Hong Kong plutôt qu'à Paris ou Amsterdam. Selon Bloomberg, cette opération pourrait permettre de lever au moins 500 millions de dollars. Plusieurs grandes banques internationales, dont BNP Paribas, HSBC et JPMorgan, auraient été choisies pour accompagner le projet. Ce possible retour en Bourse marque un changement important pour Fosun, qui avait retiré Club Med de la Bourse de Paris après son rachat en 2015.
Jusqu'à récemment, le groupe chinois affirmait pourtant ne pas avoir de projet de cotation. Le sujet divise depuis plusieurs mois. L'ancien dirigeant Henri Giscard d'Estaing plaidait pour un retour à Paris dès 2026, tandis que Fosun se montrait plus réservé. De son côté, le patron actuel de Club Med, Stéphane Maquaire, rappelle que cette décision appartient avant tout à l'actionnaire. Club Med poursuit en parallèle son développement mondial.
L'entreprise exploite aujourd'hui environ 60 villages de vacances et prévoit d'en ouvrir 100 nouveaux d'ici 2035. Une entrée en Bourse pourrait offrir davantage de visibilité auprès des investisseurs et financer cette expansion.
L'événement du mercredi : Tic tac, tic tac
Nvidia publie ce soir, après la clôture américaine, ses résultats trimestriels dans un climat de très forte attente. Le groupe, devenu le symbole mondial de l'intelligence artificielle, vaut désormais plus de 5 300 milliards de dollars en Bourse, un niveau jamais atteint dans l'histoire. À lui seul, Nvidia a contribué à environ 20% de la hausse du S&P 500 en 2026, ce qui explique pourquoi ses résultats sont suivis de très près par les investisseurs du monde entier.
Les marchés veulent surtout savoir si l'engouement autour de l'intelligence artificielle reste justifié par les performances réelles de l'entreprise. Les ventes de Nvidia devraient bondir de 80% sur un an au premier trimestre, leur plus forte progression depuis plus d'un an. Mais au-delà des chiffres, les investisseurs attendent des réponses sur la demande future, la capacité de production et l'évolution de la concurrence.
Car Nvidia domine toujours largement le marché des composants liés à l'intelligence artificielle, mais la pression augmente. Des groupes comme AMD, Broadcom ou encore Alphabet (Google) cherchent eux aussi à profiter de cette révolution technologique. Les investisseurs surveilleront aussi les déclarations du dirigeant Jensen Huang, notamment concernant les perspectives de croissance et le retour potentiel du groupe sur le marché chinois, après sa visite à Pékin la semaine dernière aux côtés de Trump et de nombreux dirigeants d'entreprises américaines.
Malgré une envolée spectaculaire d'environ 1 500% du titre en cinq ans, l'action progresse un peu plus modestement depuis un an mais affiche tout de même +60% ! À ce stade, la quasi-totalité des bureaux d'analyse restent optimistes : sur 80 experts suivis par Bloomberg, 95% recommandent toujours d'acheter l'action, avec un objectif moyen supérieur de plus de 25% au cours actuel.
Le monde d'après : Samsung, la bombe sociale
Une grève historique menace de secouer le géant sud-coréen Samsung et pourrait avoir des conséquences bien au-delà du pays. À partir de demain et pendant 18 jours, des syndicats appellent les salariés à arrêter le travail pour réclamer de meilleurs salaires et des primes plus importantes. Plus de 50 000 employés pourraient participer au mouvement, soit environ 40% des effectifs du groupe en Corée du Sud, un niveau inédit pour l'entreprise.
La situation inquiète fortement les autorités sud-coréennes car Samsung joue un rôle central dans l'économie du pays. Le groupe représente à lui seul 12,5% de l'économie nationale et ses puces électroniques liées à l'intelligence artificielle comptent pour 20% à 25% des exportations du pays (pour tout dire, on a vérifié plusieurs fois tant ces proportions sont énormes !). Selon le gouvernement, une seule journée d'arrêt dans les usines pourrait coûter jusqu'à 574 millions d'euros de pertes directes. Soit plus de 10 milliards sur 18 jours.
Cette grève pourrait aussi perturber toute l'industrie technologique mondiale. Samsung fournit en effet des composants essentiels à des groupes comme Apple, Alphabet ou Nvidia, notamment des puces indispensables aux centres de données, aux smartphones et aux véhicules électriques. Les chaînes d'approvisionnement sont déjà sous tension avec l'explosion de la demande liée à l'intelligence artificielle. Une pénurie de mémoire informatique fait déjà grimper les prix de nombreux produits électroniques, notamment chez Apple.
Le paradoxe est que Samsung traverse une période financière exceptionnelle grâce à l'intelligence artificielle. Au premier trimestre, son bénéfice net a été multiplié par six sur un an pour atteindre 27 milliards d'euros. La valeur du groupe en Bourse a dépassé les 1 000 milliards de dollars et son action a bondi de 400% en un an. Les salariés estiment toutefois ne pas profiter suffisamment de cette prospérité. Les syndicats réclament notamment une hausse des salaires de 7% et une augmentation des primes. Affaire à suivre de près !
Demain à la une : une séance importante
Sans grande surprise, les marchés seront principalement concentrés demain sur l'analyse des résultats de Nvidia et du compte rendu de la dernière réunion de la Fed, publiés ce soir après la clôture, ainsi que sur les nouveaux développements géopolitiques au Moyen-Orient. Les investisseurs surveilleront également plusieurs indicateurs PMI portant sur l'activité économique en France, en Allemagne, dans la zone euro, au Royaume-Uni et aux États-Unis. On en reparle bien sûr demain soir !
Le lexique : actions growth et value
Les actions Growth, ou actions de croissance, sont des actions d'entreprises dont les bénéfices et le chiffre d'affaires devraient progresser fortement dans les années à venir. Ces sociétés réinvestissent souvent une grande partie de leurs profits pour accélérer leur développement, plutôt que de verser des dividendes importants. Elles sont généralement présentes dans des secteurs innovants ou en forte expansion, comme les nouvelles technologies et l'IA, la santé ou le numérique. Les investisseurs acceptent souvent de les payer cher aujourd'hui, car ils tablent sur une forte croissance future.
Les actions Value, ou actions de valeur, sont des actions d'entreprises considérées comme sous-évaluées par le marché. Cela signifie que leur prix en Bourse paraît faible par rapport à leurs bénéfices, leurs actifs ou leur solidité financière. Ces sociétés sont souvent plus matures, bien établies et peuvent verser des dividendes réguliers. Les investisseurs qui achètent des actions Value espèrent que le marché finira par reconnaître leur vraie valeur, ce qui pourrait faire remonter leur cours. On en parlait ci-dessus, ce sont souvent des actions issues de secteurs plus terre à terre que l'IA : industrie, banques, énergie, automobile, télécommunications, matières premières.


















