Les marchés : Nouveau record du CAC40

Le CAC 40 progresse de 1,44% à 8 362 points et s'offre ainsi un nouveau record historique. Paris s'inscrit dans le sillage des grandes places mondiales, également portées par un regain d'optimisme en ce début d'année.

La hausse du jour est tirée par quelques poids lourds : L'Oréal s'envole de 6,3% et BNP Paribas gagne 5,7%, soutenues par des avis favorables de grandes banques. À l'inverse, Société Générale recule de 1,1% après un abaissement de recommandation, tout comme Euronext (-2,3%), qui signe l'une des plus fortes baisses du jour.

Cette hausse du CAC repose avant tout sur deux grandes dynamiques de marché. D'abord, la défense, dans un contexte géopolitique toujours très tendu. Thales affiche déjà une hausse de plus de 15% depuis le début de l'année, tandis que Safran et Airbus progressent respectivement de 6% et 8%, figurant parmi les meilleures performances du CAC.

Par ailleurs, le secteur des semi-conducteurs bénéficie d'un regain d'intérêt marqué. STMicroelectronics avance de 10% depuis le 1er janvier, porté par l'explosion de la demande en puces liée au développement rapide de l'intelligence artificielle.

Mais cet enthousiasme pourrait rapidement être mis à l'épreuve. À Wall Street, les indices évoluent plus prudemment, digérant un rapport sur l'emploi américain en demi-teinte. Des chiffres qui entretiennent le flou sur la trajectoire de la politique monétaire et qui pourraient peser sur les anticipations des investisseurs. On vous en dit plus dans la suite de cette édition !

Les valeurs : L'Oréal, BNP Paribas et Viridien

L'Oréal - À l'approche de la publication de ses résultats annuels, L'Oréal est très bien orienté en Bourse et suscite un optimisme marqué chez les bureaux d'études. Le titre signe ce soir la meilleure performance du CAC 40 (+6,32% à 385,85€), porté par des avis favorables de grandes banques. UBS estime que de nombreux facteurs jouent en faveur du groupe, comme la bonne dynamique mondiale du marché des cosmétiques, des gains de parts de marché et une valorisation attractive. Le groupe bancaire suisse recommande l'achat de l'action, anticipant une croissance solide des ventes et une amélioration continue de la rentabilité, avec une performance supérieure à celle du secteur en 2026. De son côté, JPMorgan considère également que les perspectives à court terme sont encourageantes, grâce à une amélioration attendue sur le marché américain et à une reprise progressive en Chine. La banque américaine reste toutefois plus prudente pour les années à venir, en raison d'un ralentissement en Europe et d'une reprise chinoise plus limitée. Elle estime qu'une hausse durable du cours nécessiterait une performance nettement supérieure aux attentes. Un premier verdict sera rendu le 12 février, lors de la publication des résultats annuels du géant français.

BNP Paribas - BNP profite aussi d'une recommandation favorable, celle de JPMorgan. La banque américaine estime que BNP est en train de réussir un tournant important, avec moins de problèmes de capital et une rentabilité en amélioration. Même si le titre a déjà beaucoup monté l'an dernier (+36%), il reste en retard par rapport aux autres banques européennes sur plusieurs années, un retard qui pourrait être rattrapé grâce aux décisions de la direction, comme l'amélioration des activités les moins rentables et la vente de certains actifs. JPMorgan souligne aussi que la situation financière de BNP Paribas est désormais plus solide qu'on ne le pense. La banque française s'est engagée à améliorer sa politique de redistribution des dividendes. Selon JPMorgan, les risques liés aux litiges (notamment dans le dossier soudanais) sont couverts et la rentabilité devrait continuer de progresser dans les prochaines années. À ses yeux, BNP est aujourd'hui la banque la moins chère d'Europe en Bourse. En conséquence, JPMorgan a relevé son objectif de cours à 102€ (soit un potentiel de +17%). D'autres bureaux d'analyse, comme ceux d'UBS, partagent cet optimisme et ont également revu leurs perspectives à la hausse, estimant que l'action reste sous-évaluée malgré sa progression en 2025. Ce soir, BNP affiche la deuxième plus forte hausse du CAC : +5,70% à 87,20€.

Viridien - Selon une information de Bloomberg, Viridien étudie la possibilité de céder son activité d'équipements sismiques terrestres et marins. Il ne s'agit, à ce stade, que d'une rumeur. La direction indique simplement s'interroger sur le caractère stratégique de cette division, qui représente environ 30% du chiffre d'affaires du groupe. En toile de fond, un double objectif se dessine, recentrer Viridien sur les activités de traitement et d'analyse des données de réservoirs, tout en accélérant la réduction de la dette. Le marché a immédiatement réagi. Le parapétrolier, éligible au PEA-PME, bondit de 6,61% à 116,10€, signant la plus forte hausse du SBF 120 ce vendredi. Les investisseurs saluent l'idée d'un modèle plus lisible et d'un bilan potentiellement assaini. Reste désormais à savoir si cette réflexion stratégique se concrétisera... ou restera au stade de l'intention. Le titre progresse de 17% depuis le 1er janvier.

Le résultat du vendredi : Pas de baisse de taux fin janvier ?

Le marché de l'emploi américain envoie des signaux contrastés. En décembre, les entreprises ont créé moins d'emplois que prévu : 50 000 contre 66 000 attendus (56 000 en novembre). Les entreprises restent prudentes dans leurs embauches, notamment à cause des tensions commerciales liées aux droits de douane et des investissements importants dans l'intelligence artificielle.

Malgré cela, le taux de chômage a légèrement reculé, passant à 4,4% de la population active, ce qui indique que la situation de l'emploi reste globalement solide. Les salaires ont continué d'augmenter à un rythme modéré, un peu plus rapide qu'en novembre, ce qui confirme une progression régulière du pouvoir d'achat, sans surchauffe.

Cette combinaison d'une création d'emplois modérée, d'un chômage en légère baisse et de salaires en hausse soutient l'idée que la Réserve fédérale américaine ne modifiera pas ses taux d'intérêt lors de sa réunion des 27 et 28 janvier. C'est en tout cas le pari du marché ce vendredi. Une nouvelle baisse des taux dans les prochains mois paraît en effet de moins en moins probable, ce qui maintient une certaine tension sur les marchés obligataires américains. Du moins, en attendant l'arrivée en mai prochain du successeur de Jerome Powell. Il sera nommé par Trump et devrait acter des baisses massives de taux. D'ici là, les spéculations devraient rester fortes autour des actions de la Fed. Pour l'heure, les marchés financiers réagissent calmement à ces chiffres. Wall Street gagne un peu de terrain.

Le monde d'après : Vers une fusion historique

Le secteur minier pourrait bien tenir l'un des feuilletons boursiers de 2026. Le géant anglo-suisse Glencore est en discussions avec son concurrent anglo-australien Rio Tinto en vue d'un rapprochement, relançant le scénario d'une méga-fusion qui donnerait naissance au premier groupe minier mondial, valorisé plus de 260 milliards de dollars. Rien n'est acté à ce stade, les groupes évoquent des pourparlers préliminaires, mais le simple retour de ce projet, déjà avorté fin 2024, a suffi à électriser les marchés.

À Londres, Glencore s'envole de 9%, tandis que Rio Tinto recule de 6%, rappelant que ce type d'opération fait toujours grincer des dents les investisseurs, surtout lorsqu'il s'agit de dividendes et de gouvernance. Ce rapprochement n'arrive pas par hasard. Depuis un an, Glencore a réduit ses actifs charbonniers, levant l'un des principaux points de blocage du précédent dossier.

Surtout, le contexte a radicalement changé avec l'explosion des cours du cuivre, désormais autour de 13 000 dollars la tonne. Métal clé de la transition énergétique, indispensable aux véhicules électriques, aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables et désormais aux infrastructures d'IA, le cuivre est devenu l'or rouge de la décennie. Dans ce paysage, la course à la taille critique s'intensifie, d'autant que d'autres projets de consolidation agitent le secteur. Si le marché reste prudent sur les risques d'exécution, de dilution et d'intégration, les bureaux d'analyse voient dans ce projet une logique industrielle difficile à ignorer. Dans un monde où la transition énergétique, la réindustrialisation et les tensions géopolitiques redessinent les chaînes d'approvisionnement, la création d'un champion minier occidental pourrait être l'un des grands dossiers à suivre cette année. Affaire à suivre de près !

Le lexique : Les turbos

Les turbos sont des produits dérivés à effet de levier qui permettent d'amplifier les variations d'un actif sous-jacent (action, indice, matière première, etc.), à la hausse ou à la baisse. Ils possèdent une barrière désactivante : si cette barrière est atteinte, le turbo est automatiquement désactivé et perd tout ou partie de sa valeur. Ils s'adressent donc aux investisseurs avertis.