Les marchés : Trump s'énerve
Les marchés sont restés très hésitants ce lundi après les derniers rebondissements sur les droits de douane américains. À Paris, le CAC 40 clôture en perte de 0,22%, à 8 497 points, signe que les investisseurs ne paniquent pas mais préfèrent attendre d'y voir plus clair. La Cour suprême des États-Unis a en effet annulé une grande partie des surtaxes existantes. Clairement, Trump est furieux et a immédiatement réagi en mettant en place une nouvelle taxe de 15%, unique, à l'échelle mondiale...
Pour l'Europe, le niveau des taxes ne change pas vraiment, mais certains pays asiatiques sont désormais moins pénalisés, ce qui rend les exportations européennes un peu moins compétitives. Le vrai sujet pour les marchés n'est pas tant le niveau de ces nouveaux droits de douane que leur caractère provisoire et incertain. Ils ne peuvent durer que quelques mois et pourraient être modifiés rapidement, ce qui rend très difficile la planification pour les entreprises et entretient le climat de doute.
À cela s'ajoutent des questions budgétaires aux États-Unis, notamment sur le possible remboursement des anciennes taxes collectées (environ 130 milliards), qui maintiennent une certaine tension chez les investisseurs. En contrepartie, la baisse globale des taxes peut soutenir le pouvoir d'achat des ménages américains et favoriser une baisse des taux d'intérêt, ce qui est plutôt positif pour les actions.
Bref ! On hésite sur les marchés à voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide. Certaines valeurs ont été particulièrement chahutées à la Bourse de Paris, comme Pernod Ricard (-3,50%) et l'équipementier automobile Forvia (-7,95%), qui reculent nettement après des avis défavorables d'analystes ou des perspectives jugées décevantes. La première introduction en Bourse de la semaine a aussi déçu (Rising Stone), on en reparle dans cette édition.
À Wall Street, la tendance est baissière, -1,1% sur les principaux indices, les investisseurs étant déstabilisés par ces changements rapides de politique commerciale et par les menaces de nouvelles mesures. Dans ce contexte très incertain, les marchés attendent avec impatience les résultats de Nvidia, prévus mercredi soir après la clôture. En attendant, on poursuit ce soir notre présentation de Bourse Privée. votre service d'accompagnement boursier. On a hâte d'avoir vos retours !
Les valeurs : Pernod Ricard, Rising Stone et Réalités
Pernod Ricard. L'action Pernod Ricard décroche de 3,50% à 83,80€ ce lundi, prise en étau entre le risque douanier américain et une note d'analyste. Le cadre reste instable malgré l'annulation partielle des surtaxes américaines par la Cour suprême, Washington ayant basculé vers un tarif uniforme de 15% au niveau mondial, avec en toile de fond la menace récurrente de droits ciblés pouvant grimper jusqu'à 200% sur les vins et spiritueux.
Surtout, Deutsche Bank abaisse sa recommandation sur le titre, avec pour objectif 74€ (soit un potentiel de baisse d'environ 12%), jugeant la valorisation trop élevée face à une croissance moins lisible et un endettement important. La banque allemande évoque une remise à plat de la rentabilité et de la rémunération des actionnaires, avec un risque de baisse du dividende sur le prochain exercice, clos en mars 2027. Les résultats semestriels publiés le 19 février sont ressortis en demi-teinte, malgré un plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici 2029. Depuis le début de l'année, le titre affiche désormais une hausse de 14%.
Rising Stone. Nous vous parlions ces dernières semaines de cette IPO (voir lexique). Pour son premier jour de cotation, le spécialiste de l'immobilier de luxe alpin n'a pas vraiment brillé à la Bourse de Paris. Sur Euronext Growth, Rising Stone recule, plus par effet de “prix” que par rejet du dossier. L'introduction a été fixée au haut de la fourchette, à 58,30€, valorisant le groupe autour de 150 millions d'euros.
Après une opération très demandée, le marché a simplement estimé dès la première séance que ce niveau intégrait déjà beaucoup de bonnes nouvelles, d'où des prises de bénéfices immédiates et un ajustement à 56,45€ (-3,17%). La sursouscription, 2,1 fois, ne garantit pas une hausse le premier jour. Elle reflète un premier appétit élevé, puis certains investisseurs arbitrent rapidement, surtout sur Euronext Growth où la liquidité est assez élevée et où un flottant autour de 24% peut accentuer les mouvements.
Enfin, le contexte n'aide pas, l'immobilier reste un secteur scruté pour sa sensibilité aux taux, même sur le créneau du luxe alpin. Les ambitions affichées, 75 millions d'euros de chiffre d'affaires et plus de 15 millions de résultat net en 2026, puis 100 millions et plus de 22 millions en 2027, sont élevées et la Bourse attend des preuves d'exécution, pas seulement une feuille de route. Affaire à suivre !
Réalités. L'action Réalités s'envole de 36,36% à 0,90€ après la validation par le tribunal de commerce de Nantes de son plan de continuation, actant la sortie du redressement judiciaire. Étranglé par la crise immobilière et la remontée des taux, le promoteur mise sur un recentrage sur son cœur de métier, des cessions d'actifs, la finalisation de plusieurs chantiers et un rééchelonnement de sa dette sur dix ans. De quoi redonner de la visibilité au marché.
Mais la facture est lourde pour les actionnaires actuels. Le plan prévoit des conversions massives de créances en actions, avec une dilution potentiellement extrême, la participation des actionnaires historiques pouvant tomber sous 1% dès les augmentations de capital attendues fin février. Si la sortie de procédure judiciaire constitue un signal positif à court terme, la restructuration financière se fera donc au prix d'un bouleversement profond de l'actionnariat. L'action éligible au PEA-PME progresse de 100% depuis le début de l'année, après avoir reculé de 75% en 2025.
Le monde d'après : Le Vatican s'invite en Bourse
Le Vatican fait son entrée officielle dans l'univers des indices boursiers ! La Banque du Vatican a lancé avec le média financier indépendant Morningstar deux nouveaux indices conformes aux principes moraux de l'Église catholique, l'un en zone euro et l'autre aux États-Unis. L'objectif affiché est d'offrir aux investisseurs un cadre de référence alliant performance financière et respect strict de critères éthiques catholiques, excluant notamment “les activités liées aux armes, à l'avortement ou à toute atteinte à la dignité humaine”. Ces indices sont tous les deux composés de 50 moyennes et grandes capitalisations.
En Europe, des groupes comme ASML, SAP, Hermès, Deutsche Telekom ou Vinci figurent parmi les principales pondérations, misant sur des tendances de fond comme l'intelligence artificielle, les infrastructures ou l'électrification. Outre-Atlantique, les géants technologiques dominent également, avec Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Tesla ou Nvidia, signe que l'éthique catholique peut cohabiter avec les moteurs de croissance de la nouvelle économie.
Au-delà du symbole, l'initiative traduit une volonté de professionnalisation et de transparence de la part de la Banque du Vatican, longtemps éclaboussée par des scandales financiers. En s'adossant à Morningstar, acteur reconnu de l'analyse indicielle, le Saint-Siège cherche ainsi à crédibiliser sa démarche et à capter une part des investissements internationaux.
L'agenda du lundi : Nvidia, droits de douane et Iran
Cette nouvelle semaine boursière sera marquée par les derniers chiffres d'inflation en zone euro et par la révision des taux de croissance en France et en Allemagne. Comme chaque trimestre, le marché retiendra son souffle mercredi soir pour la publication des résultats du géant américain Nvidia. Ce sera le grand temps fort de la semaine.
En France, Schneider Electric, Bouygues, Stellantis, Veolia, Saint-Gobain, Engie, AXA, Interparfums, Eiffage et Bureau Veritas passeront sur le gril dans les jours à venir. Enfin, le marché continuera de surveiller de près le bras de fer judiciaire autour des droits de douane, et le contexte géopolitique entre les États-Unis et l'Iran.
Demain à la Une : Une séance de transition
Demain, les résultats de Home Depot, géant américain du bricolage et de l'aménagement de l'habitat, seront suivis de près à Wall Street. En France, Edenred, Verallia, Bic et Alten publieront également leurs comptes ce mardi. Les investisseurs surveilleront aussi l'indice de confiance des consommateurs aux États-Unis, mais dans l'ensemble le calendrier macroéconomique s'annonce assez léger, ce qui pourrait laisser davantage de place aux thèmes géopolitiques et aux tensions commerciales, notamment autour des droits de douane et du dossier iranien.
Le lexique : IPO
Une IPO, ou introduction en Bourse, est l'opération par laquelle une entreprise décide de vendre pour la première fois ses actions au public sur un marché financier. Concrètement, cela permet à des investisseurs (particuliers comme professionnels) d'acheter une part de la société, qui était jusqu'alors détenue par ses fondateurs et quelques actionnaires privés. Pour l'entreprise, c'est un moyen de lever des fonds afin de financer son développement, accroître sa notoriété et offrir de la liquidité aux actionnaires historiques. Pour les investisseurs, c'est l'opportunité d'entrer au capital d'une société au moment de son arrivée en Bourse, avec l'espoir que sa valeur progresse dans le temps. * Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d'un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l'émission du conseil d'achat au prix lors de l'émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d'un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d'achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.









