Les marchés : La remondata des actions
La Bourse de Paris finit le mois de novembre dans le calme. Le CAC 40 progresse de 0,29% ce soir, à 8 123 points, après une séance atone, due à l'absence des investisseurs américains pour Thanksgiving. L'activité devrait rester limitée à Wall Street qui fermera exceptionnellement ses portes à 19h. Depuis le début de la semaine, l'indice parisien rebondit grâce aux espoirs de baisse des taux d'intérêt aux États-Unis en décembre, une perspective à laquelle les marchés accordent désormais de très fortes chances.
On fait le point sur la remontada des indices boursiers dans cette édition. Les investisseurs surveillent également la situation en Ukraine ainsi qu'une possible décision de l'agence S&P sur la note de la dette française. Aux États-Unis, les marchés restent bien orientés et s'acheminent vers une cinquième séance consécutive de hausse, malgré les récentes inquiétudes autour de la bulle de l'IA. Ce soir, on vous parle des 10 conseils boursiers de Deutsche Bank et des actions françaises qui ont été sous le feu des projecteurs ce vendredi. Bonne lecture !
Les valeurs : Vivendi, FDJ et SMCP
Vivendi La saga Vivendi–Bolloré est de retour ! La Cour de cassation a annulé la décision qui forçait le groupe Bolloré à lancer une OPA sur Vivendi, estimant qu'il n'exerçait pas formellement un « contrôle de fait » sur l'entreprise. Vivendi a d'abord décroché en Bourse, les investisseurs voyant s'éloigner la perspective d'une offre avec prime de 25 à 50%, qui aurait été un jackpot pour les minoritaires, avant de clôturer à l'équilibre (-0,04% à 2,52€).
Mais le match n'est pas terminé. La cour d'appel de Paris devra rejuger l'affaire, dans un dossier qui traîne depuis 2021 et où actionnaires, avocats et AMF jouent une véritable partie d'échecs. Pour Bolloré, c'est un sursis, pas encore une victoire définitive. L'affaire reste explosive : si la justice devait finalement conclure à un contrôle effectif, le groupe serait potentiellement obligé de racheter les actions des minoritaires, une opération de plusieurs milliards d'euros. En attendant, le marché retient son souffle.
Vivendi reste ultra-volatile, prisonnière d'un feuilleton juridico-financier qui s'éternise depuis la scission du groupe en quatre entités. Les prochains épisodes, devant la cour d'appel, seront déterminants... et pourraient enfin donner une fin à ce feuilleton boursier devenu incompréhensible pour beaucoup d'actionnaires. L'action perd 3% depuis le début de l'année.
FDJ Le géant français des jeux d'argent avance ses pions dans un secteur en pleine recomposition. Lors de sa journée investisseurs, la directrice générale du groupe a détaillé sa stratégie, dans la lignée d'une industrie qui voit se rapprocher loteries traditionnelles et paris en ligne. Une première acquisition en Irlande a ouvert la voie, mais FDJ ne cache pas son intérêt pour d'autres opérations d'acquisitions externes. Sur le volet des paris en ligne, l'intégration du suédois Kindred, un tournant majeur, suit son cours. Le paysage réglementaire reste toutefois mouvant.
En France, une hausse fiscale surprise a refroidi les opérateurs le 1 juillet, tandis qu'aux Pays-Bas, le durcissement soudain des règles de contrôle des joueurs a fait exploser le marché illégal. Malgré ces vents contraires, la direction se montre sereine. Les économies engagées commencent à porter leurs fruits, l'endettement demeure sous contrôle, et la génération de trésorerie reste très solide.
SMCP SMCP, maison-mère de Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac, est sur le point de clarifier enfin sa situation actionnariale. Plus de 50% du capital pourrait être vendu après plusieurs années de blocage juridique. Cette perspective a fait grimper l'action éligible au PEA-PME de 4,87% à 6,24€ ce soir. Si un acheteur prend plus de 30% du capital, une OPA pourrait suivre, potentiellement avantageuse pour les actionnaires. Le groupe reste en croissance, avec des résultats en amélioration, et espère pouvoir se concentrer pleinement sur son développement une fois la cession finalisée. L'action s'envole de 70% depuis le début de l'année.
Le résultat du vendredi : La remontada
Les indices boursiers ont fortement rebondi ces derniers jours. Le mois de novembre avait pourtant très mal commencé, marqué par une nette correction des valeurs technologiques. Vendredi dernier, nous faisions un point sur ce repli, évoquant “le plus mauvais mois en termes de performances boursières depuis mars-avril, période marquée par la petite panique provoquée par l'annonce des droits de douane de Donald Trump”. Grâce à la remontada de cette semaine, alimentée par les espoirs de baisses de taux américains, les indices clôturent finalement novembre à l'équilibre, voire en léger recul, et reviennent même à proximité de leurs plus hauts niveaux historiques. On fait le point : CAC 40 : +1,7% sur la semaine, 0% sur le mois, +10% en 2025 Euro Stoxx 50 : +2,4% sur la semaine, +0,3% sur le mois, +16,7% en 2025 S&P 500 : +3,6% sur la semaine, 0% sur le mois, +16,3% en 2025 Nasdaq : +4,6% sur la semaine, -1,7% sur le mois, +20,7% en 2025 Nikkei : +3,3% sur la semaine, -4,1% sur le mois, +26% en 2025
Le monde d'après : Les 10 conseils de DB !
Le vote très probable du budget 2026 par le Bundestag marque, selon Deutsche Bank, le début d'une “opportunité d'achat très intéressante” sur les actions allemandes, en particulier celles les plus exposées au marché domestique. Un pari contrarien alors que le DAX et surtout le MDAX (voir lexique) traînent depuis septembre, loin derrière l'Euro Stoxx 50. Le plan de relance est massif : 127 milliards d'euros d'investissements, dont 58 milliards dédiés à un fonds spécial pour les infrastructures, +25% de dépenses de défense, et un “booster d'investissement” composé d'incitations fiscales pour dynamiser les investissements industriels. Amortissements majorés, baisses d'impôts, soutien énergétique...
Berlin veut réveiller une économie à l'arrêt depuis trois ans, plombée par la concurrence chinoise et le manque de mai-d'œuvre. Et même si les économistes doutent d'un miracle économique, Deutsche Bank rappelle une vérité économique simple : lorsque les capacités sont limitées et que la demande augmente, les marges explosent, notamment dans la construction et l'industrie.
La banque a dressé une liste de dix valeurs pour surfer sur ce plan de relance : Heidelberg Materials, Evonik, Palfinger, Vossloh, Kion, Volkswagen, Siemens Energy, Bechtle, Cancom et Commerzbank. Les premiers effets du plan devraient se faire sentir rapidement. Les commandes industrielles d'octobre seront publiées la semaine prochaine et pourraient servir de premier indicateur avancé du redressement. La relance va-t-elle se concrétiser pour les entreprises allemandes ? Verdict dans les prochains mois. Affaire à suivre !
Le lexique : DAX ET MDAX
Le DAX est l'indice de référence de la Bourse de Francfort. Il regroupe les 40 plus grandes entreprises allemandes cotées, sélectionnées selon leur capitalisation boursière et leur volume de transactions. Il reflète la performance des principales sociétés leaders de l'économie allemande, tous secteurs confondus, et sert d'indicateur central pour les investisseurs européens et internationaux souhaitant suivre la santé du marché allemand. Le MDAX est composé de 50 entreprises de rang intermédiaire, également cotées sur la Bourse de Francfort. Il rassemble les sociétés qui se situent juste en dessous de celles du DAX en termes de taille, de capitalisation et de liquidité. L'indice représente ainsi le segment des valeurs moyennes (midcaps), souvent plus dynamiques et orientées vers la croissance. Il constitue un complément essentiel au DAX pour appréhender l'ensemble du tissu économique coté en Allemagne.









