Le Sénat a voté jeudi en première lecture une loi visant à créer un « ticket restaurant étudiant ». L'étudiant pourrait utiliser ce moyen de paiement d'une valeur de 6,60 euros pour payer un repas ou pour faire des achats alimentaires.

Le ticket restaurant étudiant a convaincu aux sénateurs. Les élus de la chambre haute, dominée par Les Républicains (LR), ont voté jeudi en première lecture la proposition de loi centriste malgré un avis réservé de la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Pour le sénateur Pierre-Antoine Levi ce nouveau titre repas d’un montant de 6,60 euros dont 50% est pris en charge par l’Etat, a pour « objectif de permettre aux étudiants de réduire leurs dépenses alimentaires ». Les 3,30 euros restants à charge pour l’étudiant.

Le texte, qui entend limiter la fréquentation des fast-foods, ne cible que les étudiants qui n'ont pas de possibilité d'accès à un restaurant universitaire, pour éviter la mise en concurrence des Crous avec d'autres services de restauration. Un affrontement privé-public que craint le syndicat étudiant Unef qui a multipié les distributions alimentaires ces derniers mois et parle d'une « fausse bonne idée ». Le nombre d'étudiants concernés est évalué entre 500 000 et 600 000, selon le rapporteur du texte, le sénateur Jean Hingray. L'étudiant pourrait utiliser le titre restaurant pour payer un repas ou pour faire des achats alimentaires auprès d'établissements conventionnés avec les acteurs territoriaux de la vie étudiante (établissements d'enseignement supérieur, Crous, collectivités).

Les porteurs du texte ont aussi dû le restreindre car le coût d'un dispositif généralisé à tous les étudiants était difficilement soutenable : entre 2 et 3 milliards d'euros par an. Reste désormais à passer l'éceuil de l'Assemblée nationale, où un texte similaire avait été défendu par LR en février dernier. Si tel était le cas, un décret du Conseil d’Etat devra ensuite en définir le contour exact des usages et des émissions.

Ticket resto : pourquoi votre commerçant ne prend pas (toujours) la carte

Les émetteurs en attente

Justement, qu’en pensent les émetteurs de Titres restaurants traditionnels ? « L’idée est bonne mais il se trouve qu’un tel dispositif existe déjà, souligne Edenred auprès de MoneyVox. En 2020, nous avons répondu à la sollicitation du ministère de l’Enseignement supérieur pour déployer un programme d’aide d’urgence à destination exclusive des étudiants en situation de détresse. Ces titres sociaux sont déjà distribués sur le terrain via les Crous. Si Edenred France soutient naturellement ce type d’initiative, nous sommes plutôt enclins à ne pas multiplier les solutions disponibles ».

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Interrogé en mars par MoneyVox, UpDéjeuner attend de son côté les arbitrages politiques. Le directeur du développement du groupe, Yassir Fichtali, rappelait à cette occasion que « localement, Up a mis en place des dispositifs comme avec la région Ile-de-France pour de l’équipement numérique ou des Crous comme ceux de Bordeaux ou de Nantes. »

Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement a aussi pris différentes mesures pour lutter contre la précarité des étudiants, population particulièrement touchée par la crise sanitaire. Il avait par exemple d’abord annoncé que les repas seraient à un euro dans les restaurants universitaires pour les boursiers puis a étendu la mesure à tous les étudiants, pour deux repas par jour.

Tickets restaurant 2020 prolongés jusqu'en septembre 2021 !

La durée de validité des « tickets resto » de 2020 a été prolongée jusqu’au 1er septembre 2021. Mieux, vous pourrez alors l'échanger contre un titre 2021 valable théoriquement jusqu'en février 2022. Le plafond quotidien de 38 euros, au lieu de 19, soir et week-end inclus, a été lui aussi maintenu au moins jusqu'en septembre.