Prix élevé, risque de vol... A priori, les adeptes du vélo électrique ont tout intérêt à assurer leur engin. Sauf que c'est encore loin d'être le cas.

Pièces et main d'œuvre comprises, aucune franchise, une protection contre le vol et même un bon d’achat pour se rééquiper à moindre coût si la réparation est impossible. A mi-chemin entre l’assurance et la garantie longue durée, Décathlon propose une couverture contre la casse calculée sur le prix d’achat du vélo. Pour un vélo à assistance électrique (VAE) vendu neuf 1 699 euros, soit dans la moyenne du marché en France (1), cette protection coûte 99 euros pour deux ans si on souscrit dans les cinq jours qui suivent l'achat. La facture de Décathlon grimpe à 250 euros, un peu plus de 10 euros par mois, pour y ajouter l’indemnisation contre le vol.

Cela vous semble cher payer pour protéger votre VAE ? « La fourchette du marché est entre 100 et 350 euros par an, selon la valeur du bien et son niveau de garantie », explique Olivier Moustacakis, cofondateur de Assurland.com.

Le vol comme argument de vente

Un investissement qui peut valoir le coup à l'heure où les ventes de vélo électrique augmentent (+400 000 en 2019) sous l’effet d’une prise de conscience écologique, de l'amélioration des réseaux cyclables et du confinement. En effet, selon une étude du cabinet 6T plus d'un tiers des cyclistes actifs s’est fait voler son vélo au moins une fois. Ce risque a même un effet repoussoir, selon le cabinet. Plus d'1 million d'usagers potentiels se refuseraient à acheter un vélo par peur se le faire chiper.

« Il y a deux éléments déclencheurs pour assurer son vélo : le prix d’achat et le fait de se le faire voler, juge Olivier Moustacakis. Or, sur ce marché, on trouve des extensions de contrats multirisques habitation (MRH) et des contrats spécifiques, mais marginaux. Dans les deux cas, il faut étudier les options proposées en fonction de son utilisation. Notamment ses capacités de stationnement car il existe de nombreuses exclusions, comme la catégorie de l’antivol utilisée. Si on peut garer son vélo au bureau ou à son domicile, le prix de l'assurance est aussi moins important que si le vélo reste attaché dans la rue la nuit ».

Très souvent, le vélo assuré sur la voie publique contre la dégradation, le vol ou la casse est une option supplémentaire de l’assurance multirisques habitation qui couvre seulement le vol subi au domicile (350 000 déclarations par an en moyenne). Ainsi la Macif propose - comme de multiples assureurs traditionnels - le forfait Bicyclette pour 7 euros par mois en complément de la MRH. La peur de l’usager dope aussi la communication de services comme Klinc, commercialisé par Zurich insurance à partir de 1,57 euros par mois. Cette offre toute récente entend « rassurer » les cyclistes avec une assurance élargie aux vols avec agressions mais uniquement pour Paris et la petite couronne.

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Une assurance obligatoire ?

« Malgré le prix souvent élevé, je conseille d’assurer son matériel, explique Olivier Schneider, président de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB). Mais il est essentiel de s’équiper contre le vol pour que le vélo soit considéré comme un moyen de transport à part entière, que les cyclistes soient pris au sérieux et ciblés par les assureurs ».

Le marquage obligatoire au 1er janvier 2021 des vélos neufs pourrait dynamiser le marché côté assureur alors qu’en 2020, 500 000 VAE devraient être mis en circulation et rejoindre les 40 millions de vélos qui roulent en France. La FUB a développé depuis quelques années le Bicycode pour tracer les vélos, lutter contre les vols et alimenter un fichier mis à disposition des forces de l’ordre alors que la revente sur les sites en ligne augmente.

Et si l'assurance pour les vélos électriques devenait obligatoire ? « Non, tranche Olivier Schneider. Conseillée oui, mais imposée non ». Entre la responsabilité civile (RC) qui intervient en cas de dommages causés à un tiers, la loi qui tient le véhicule motorisé responsable d'un accrochage avec un cycliste et l'Assurance maladie et les assurances santé complémentaires qui indemnisent en cas de blessures lors d'une chute, l'assurance vélo ne se justifie pas toujours contrairement à sa cousine auto.

Selon Olivier Schneider, « si le contrat idéal n'existe pas, le prêt d’un vélo en cas de casse ou de vol rendrait l’assurance vélo plus attractive », surtout quand on a investi plus de 2 000, 3 000 ou 4 000 euros (1) pour un vélo haut de gamme que l’on considère comme un outil de travail.

(1) Chiffres de l’Union Sport&Cycles