Les acteurs de la chaîne alimentaire l’affirment depuis plusieurs jours : les stocks dans les grandes surfaces sont suffisamment importants pour faire face au second confinement sans risque de pénurie… À condition que les consommateurs gardent leur calme.

Pâtes, riz, papier toilette, gels désinfectants… Dans la foulée du premier confinement, en mars dernier, certains articles avaient rapidement manqué dans les rayonnages des supermarchés. La raison : une surconsommation soudaine de ces produits par des clients inquiets de l’avenir immédiat et tentés de stocker.

Ce scénario pourrait-il se reproduire après l’annonce du second confinement, qui débutera ce soir à minuit ? On peut évidemment le craindre. Voilà plusieurs jours, déjà, que les enseignes de la grande distribution constatent une nette hausse des ventes de certains produits. « Je confirme : les consommateurs depuis une semaine se jettent à nouveau sur les pâtes (+30%) et le papier WC (+20%) », écrivait dès mardi Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe du même nom, sur son compte Twitter.

Du stock dans les supermarchés

Dans ce contexte, faut-il craindre des pénuries ? Non, répondent en choeur les porte-paroles de la grande distribution. Ces derniers jours, alors que la perspective d’un reconfinement se faisait de plus en plus précise, les grandes enseignes ont pris les devants pour rassurer les consommateurs. Leur discours, en substance : nous avons appris du confinement de mars et les stocks sont suffisants, parmi les produits les plus demandés, pour affronter ce second acte.

« Il se reproduit aujourd'hui le même emballement médiatique qu'au printemps sur l'approvisionnement des Français, écrivait par exemple Dominique Schelcher, président de Système U, mardi dernier sur Twitter. Or les faits ont démontré que la chaîne alimentaire a tenu. Nous ferons de même cette fois. »

La production en hausse de 15 à 30% dans l’agro-alimentaire

Même ton rassurant du côté des producteurs. Dès que la réalité d’une seconde vague de l’épidémie de Covid-19 n’a plus fait aucun doute, l’industrie agro-alimentaire a également commencé à se préparer pour un second confinement. « Il n’y a pas besoin de stocker des produits et il n'y aura pas de pénurie. Les entreprises sauront faire face à la demande », a ainsi promis Richard Girardot, président de l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA), hier matin sur France Info. « Les industriels sont mobilisés sur les produits les plus demandés lors du confinement (riz, pâtes, farine..) et ont augmenté leur production de 15 à 30% depuis 3 semaines ».

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Des achats en hausse, mais pas d’hystérie collective

Le spectre d’une pénurie semble donc totalement écarté. Comme en mars, en revanche, on pourrait en revanche assister à des ruptures de stock ponctuelles et à des délais allongés dans les drives… si les consommateurs ne parviennent pas à garder leur sang froid. L’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement en appellent ainsi au sens des responsabilités des Français et espèrent qu’eux aussi auront appris du premier confinement.

Cela semble être le cas. « Certains consommateurs ont commencé à acheter un peu plus et à stocker certains produits de base, mais c’est sans commune mesure avec les volumes qu’on a connus le 16 mars », constate Thierry Cotillard, le président d’Intermarché, dans Ouest-France. « (…) Les Français savent que les grandes surfaces vont rester ouvertes, il n’y a pas cette frénésie ou cette hystérie qui avait été collective au moment du premier confinement ».

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