Lentrée en vigueur du prélèvement forfaitaire unique (PFU) en janvier 2018 vise à alléger la fiscalité sur les revenus de lépargne, avec le principe dune « flat tax » globale à 30% (12,80% dimpôt sur le revenu et 17,20% de cotisations sociales). Une bonne nouvelle pour de très nombreux contribuables, en particulier pour les ménages les plus fortement imposés et qui perçoivent dimportants revenus de placements chaque année.
Cette mesure favorable aux épargnants a aussi un effet pervers. Le prélèvement forfaitaire unique est le choix par défaut pour limpôt sur le revenu : 12,80%, donc, sauf si vous renoncez à cette flat tax. Or, les contribuables non imposables ont évidemment tout intérêt à renoncer à cette option ! Selon les situations, dautres ménages peuvent eux aussi y avoir intérêt. Renoncer à cette option n'a pourtant rien d'automatique : il faut d'abord en être conscient et ensuite cocher la case 2OP : « Vous optez pour limposition au barème de lensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et de vos gains de cession de valeurs mobilières ». Pour la déclaration 2020, sur les revenus 2019, il est évidemment encore temps dagir puisque les dates limites de déclaration ne sont pas encore dépassées.
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Vous pouvez corriger votre « oubli » de 2019 !
Reste le « raté » de lannée 2019 ! Bercy reconnaît implicitement un manque dinformation auprès des contribuables en 2019 sur cette fameuse case 2OP. Dans une réponse écrite à la députée PS Valérie Rabault, le ministère des Comptes publics a accepté de chiffrer précisément la perte pour les contribuables nayant pas coché cette case en 2019, faute dinformation. Plus de 8 millions de foyers fiscaux ont ainsi « manqué » une économie dimpôt en ne renonçant ainsi pas à la « flat tax ». Pour 50% dentre eux, le manque à gagner est inférieur ou égal à 7 euros. En revanche, pour 20% dentre eux, il est supérieur ou égal à 50 euros. Et le surplus dimpôt dépasse même 120 euros pour 810 000 contribuables ! En effet, lan passé, dans le contexte particulier de lannée blanche des revenus 2018, même certains contribuables aisés avaient intérêt à cocher cette case, ce qui est moins vrai cette année.
Pouvez-vous réclamer de cocher la case 2OP a posteriori, en optant donc pour loption au barème pour limpôt 2019 sur les revenus 2018 ? Oui ! « Il a en effet été décidé de donner une suite favorable à de telles demandes, sans pénalité », explique Bercy dans la réponse écrite à Valérie Rabault. Cette position a été confirmée par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) auprès de MoneyVox : « Loption est juridiquement irrévocable mais, dans le cadre dun accompagnement renforcé des usagers pour la mise en place du PFU, il a été décidé daccepter les demandes de changements doption 2OP sur les revenus 2018 réalisées a posteriori. » Une modification a posteriori sans pénalité qui ne concerne donc que la déclaration 2019. Pour la déclaration 2020 en cours, la DGFiP affirme dailleurs avoir « renforcé l'accompagnement des usagers pour quils optent dès la déclaration de revenus » pour limposition au barème des revenus de lépargne.
Une réclamation possible via votre messagerie personnelle
Afin de vérifier si vous faites partie des 8,1 millions de contribuables qui auraient dû cocher la case 2OP, vous pouvez utiliser le simulateur officiel 2019 des impôts, et comparer avec votre dernier avis dimposition. Dans tous les cas, si vous êtes habituellement non imposable et que vous avez perçu des revenus de placement en 2018, vous avez probablement intérêt à demander une correction de votre impôt 2019. Pour demander à la DGFiP de modifier votre option 2019, il suffit denvoyer un message au fisc en passant par votre espace personnel sur impots.gouv.fr, ou de contacter votre centre dimpôts : vous devrez expliquer que vous souhaitez opter pour l'imposition au barème des revenus de placements, en cochant la case 2OP de façon rétroactive.
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